Entreprises

Le transfert d'entreprise : une avenue prometteuse

La population vieillit et avec elle, les propriétaires dirigeants d'entreprise qui prendront un jour ou l'autre une retraite bien méritée. Qui assurera la relève? Et à quel prix? Ce guide sur le transfert d'entreprise vous explique un processus qui favorise la pérennité de nos PME et assure le maintien de milliers d'emplois.

Les cas classiques

Bientôt, les Laflamme passeront le flambeau à leurs enfants, qui « gradueront » dans l'organisation. Quel sera le rôle de chacun? À quel rythme se fera la transition? Chaque cas est différent et cette relève pourrait très bien venir hors de la famille : un acheteur externe; les employés qui veulent bâtir une coop...Quel que soit le type de transfert, tous les aspects - humain, juridique, comptable, fiscal - doivent être clarifiés en une démarche structurée. Un processus complexe qui nécessite plusieurs étapes, indique Vincent Lecorne, PDG du Centre de transfert d'entreprise du Québec (CTEQ), un organisme à but non lucratif mandaté par le gouvernement pour aider les entrepreneurs à planifier leur relève.

Le bilan entrepreneurial du Québec

À l'instar de tous les pays occidentaux, le vieillissement de la population et le départ à la retraite des baby-boomers causent tout un émoi dans le monde entrepreneurial :

- Sur les quelque 250 000 entreprises que compte le Québec, plus de 30 000 propriétaires dirigeants céderont leur entreprise au cours des cinq prochaines années. Or la relève n'a pas été identifiée.

- Environ 150 000 emplois sont en jeu (soient 10 milliards du PIB).

« L'impact est énorme sur l'économie du Québec. Les propriétaires dirigeants québécois ont tendance à retarder leur départ, ce qui fait craindre des ventes de dernière minute, des fermetures d'entreprise et des pertes d'emplois » - Vincent Lecorne, PDG de la CTEQ.

Le repreneuriat : un beau défi

Au Québec, le transfert d'entreprise n'a pas de tradition bien établie, comme c'est le cas en France, par exemple. En fait, le repreneuriat est un peu l'enfant pauvre de l'entrepreneuriat, lequel mise beaucoup sur les start-ups. « Les repreneurs ne se bousculent pas aux portillons, observe Vincent Lecorne. La reprise d'entreprise peut être perçue comment contraignante puisque tout est déjà en place : les clients, les produits, les services, le réseau de distribution, le modèle de gestion... » Or rien n'empêche d'apporter de nouvelles idées. Le repreneur profite en fait d'un marché bien établi, de bons résultats et de multiples possibilités d'expansion. C'est d'ailleurs le message que véhiculent les conseillers de la CTEQ aux quatre coins du Québec : reprendre une entreprise, c'est intéressant!

Le temps presse

Déjà il y a 10 ans, une étude de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) soulevait le fossé entre le nombre de départs à la retraite des propriétaires dirigeants et celui des repreneurs potentiels. « Il est minuit moins le quart. Il faut agir, et vite », dit Vincent Lecorne. Heureusement, un ensemble d'actions concrètes ont été mises en place pour pallier le problème :

- La création de la CTEQ, en mars 2015, qui offre des services d'accompagnement et de formation, ainsi que de maillage sous forme de plateforme de recherche qui permet aux cédants et aux repreneurs d'être référencés en toute confidentialité. « L'INDEX met en relation des acheteurs et des vendeurs qui ne se seraient pas rencontrés autrement, explique Vincent Lecorne. Les professionnels interviennent ensuite pour faciliter les démarches. »

- Un programme de soutien à la mise en place de coopératives, doté d'un Fonds de 50 millions de dollars (Fonds canadien d'investissement coopératif).

Le transfert d'entreprise en chiffres

Entre 2 et 8 ans

C'est le temps requis pour compléter un transfert d'entreprise avec succès, de l'évaluation à la vente.

3 300

Jusqu'ici, 3 300 repreneurs ont signifié au CTEQ leur intérêt d'acheter une entreprise existante.

55 % des entrepreneurs cédants qui ont contacté le CTEQ ne savaient pas vers quel type de transfert orienter leurs futures démarches. Pour les 45 % restants, le type de transfert se présente sous trois options :

1. externe : 59 %

2. interne - familial; management buy-out (rachat d'une entreprise par ses dirigeants ou ses salariés); coop : 34 %

3. mixte - familial et externe; management buy-out et externe : 7 %

(Source : CTEQ)

Pour en savoir plus, visitez le site du Centre de transfert d'entreprise au Québec.

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