Recherche Voyage

Une appli pour bien manger à Cuba

Yondainer Gutierrez, 29 ans, créateur de l'application A... (PHOTO Martin Chamberland, LA PRESSE)

Agrandir

Yondainer Gutierrez, 29 ans, créateur de l'application A la mesa, qui répertorie 70 % des restaurants de Cuba.

PHOTO Martin Chamberland, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(LA HAVANE) Yondainer Gutierrez parlait depuis un bon moment déjà quand il a lancé sans façon, au détour d'une phrase, que Barack Obama l'avait cité en exemple lors de son passage à Cuba en mars dernier. «Le président m'a fait de la publicité gratuite!»

Lorsqu'il parle de cette mention, le cocréateur d'A la mesa, une application qui répertorie les restaurants de Cuba, affiche un détachement qui étonne. «Après son discours, tout le monde voulait lui serrer la main. Je voulais plutôt parler au fondateur d'Airbnb, qui l'accompagnait», raconte l'entrepreneur de 29 ans.

Ce n'est pas un hasard si Yondainer Gutierrez a été cité en exemple. Lancée il y a cinq ans par un groupe de cinq amis, l'application connaît un beau succès à Cuba. «Le gouvernement a permis aux individus de devenir travailleurs autonomes. Personne n'avait encore eu l'idée de ramasser des informations comme ça, alors on a saisi l'occasion», explique-t-il, assis à une terrasse dans la chaleur suffocante de La Havane.

C'est d'abord un site web qui a été créé. Les cinq complices ont cogné à la porte de commerces en leur offrant de leur donner une place sur leur site. D'une vingtaine de restaurants au lancement, ils sont passés à plus de 850. «Nous répertorions environ 70 % des restaurants de Cuba. La plupart sont des paladars», dit-il. Contrairement aux restaurants tenus par l'État, ceux-ci sont gérés par des particuliers qui ont profité d'assouplissements économiques apportés par Raúl Castro il y a quelques années.

Le site web est devenu une application bien adaptée aux difficultés inhérentes à l'internet cubain. Ainsi, en installant A la mesa, on télécharge un fichier qui permet d'accéder aux données, même hors ligne. En cliquant sur un restaurant, des informations comme les heures d'ouverture, les prix, le type de nourriture servie, des photos et parfois même le menu sont fournies. Les restaurants qui souhaitent une visibilité accrue peuvent payer pour que leur contenu soit mis en évidence.

Si, pour bien des Québécois, trouver ce type d'information sur un restaurant à partir de leur cellulaire relève de l'évidence même, c'est une petite révolution pour Cuba.

«Au début, accéder à l'internet était très difficile. Maintenant, à notre bureau, on a accès à l'internet 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.»

Dans ces bureaux loués au gouvernement, l'accès à l'internet arrive à un fort prix. Pour 520 CUC, soit environ 680 $CA, c'est à une connexion de 1 Mb/s que l'équipe d'A la mesa a droit. «Nous n'avons pas beaucoup de bande passante», dit le jeune Cubain. Il a pu expérimenter la très haute vitesse lors de séjours à l'Université de Stanford, où il a suivi un cours sur l'entrepreneuriat, et à Washington, où il a été invité par The Economist pour parler de son application. Comme il est le seul dans l'équipe à détenir un visa lui permettant d'entrer aux États-Unis «et celui qui a le plus de facilité à parler», il officie comme délégué.

Ce sont des amis à l'étranger qui ont d'ailleurs permis à A la mesa de se retrouver dans les magasins d'applications d'Apple et de Google. Impossible pour les Cubains de faire des transactions financières avec ces deux géants de l'internet; ils doivent compter sur les cartes de crédit de gens à l'extérieur de l'île.

Sur une photo publiée sur Facebook, Yondainer Gutierrez pose avec le fondateur de Netflix. Une rencontre que bien des fondateurs d'entreprises en démarrage rêvent de faire. C'était avant qu'un certain Barack Obama parle de lui, ce qui ne sera sans doute pas sans incidence sur la suite des choses. «Le téléphone s'est mis à sonner le lendemain», dit Yondainer Gutierrez, tout en faisant un geste qui semble dire «calmez-vous».

Son équipe et lui ont beau bénéficier d'une reconnaissance hors du commun, ils savent mieux que quiconque que l'accès à l'internet à Cuba est le lot d'une minorité. «C'est cher, mais on peut se connecter dans les lieux publics. D'ici la fin de l'année, il devrait y avoir des points d'accès sans fil le long du Malecón à La Havane. Ça avance, petit à petit.»

https://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewSoftware?id=1090045374&mt=8

https://play.google.com/store/apps/details?id=com.alamesacuba.app

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Voyage

Tous les plus populaires de la section Voyage
sur Lapresse.ca
»

publicité

Destinations

Asie Europe Afrique Amérique latine Océanie États-unis Canada Québec

publicité

Autres contenus populaires

image title
Fermer