Recherche Voyage

Courrier du globe-trotter: virée au Québec avec des amis français

Un rorqual commun se prépare à plonger dans... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Un rorqual commun se prépare à plonger dans le fleuve Saint-Laurent au large d'Essipit, sur la Côte-Nord.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Destination : Côte-Nord et Lac-Saint-Jean. Voyageurs : deux couples. Durée du voyage : 1 semaine.

Cet été, nous recevrons la visite d'amis français. Ils souhaitent se rendre à Tadoussac pour voir les baleines, et nous aimerions profiter de cette occasion pour visiter la région du Lac-Saint-Jean, à l'aller ou au retour. Nous disposons d'une semaine. Que nous conseillez-vous comme trajet, endroits à visiter ? Nos amis aiment la randonnée pédestre, ils sont amoureux de la nature et ils ont manifesté le désir de vivre l'expérience du camping au Québec. Toutes vos suggestions seront reçues avec beaucoup d'intérêt. 

- Johanne Barnett

Certes, quand il est question d'aller voir les baleines, on pense tout de suite à Tadoussac. C'est bien pour cela que, chaque été, ce qui n'était autrefois qu'un paisible petit village se voit envahi de touristes, français pour la plupart, qui déambulent dans ses rues désormais bordées de restos, de gîtes et de boutiques de souvenirs. 

Si vous préférez éviter les foules et vivre une expérience un peu plus originale, je vous suggère donc de pousser une soixantaine de kilomètres plus loin, jusqu'aux Escoumins. Il y a là une petite communauté innue appelée Essipit, qui a mis sur pied toute une gamme de services récréotouristiques de premier ordre. Les Entreprises Essipit fonctionnent en mode coopératif au profit de l'ensemble de la communauté, si bien que cette réserve est l'une des mieux portantes du Québec, à tous égards. N'est-ce pas digne d'être encouragé, en ces temps où les nouvelles qui nous parviennent de nos frères et soeurs des Premières Nations ne sont pas des meilleures ?

Vacances Essipit offre à louer une cinquantaine d'appartements et de chalets tout confort avec vue sur le fleuve, en plus de proposer deux terrains de camping, dont l'un selon la formule « prêt-à-camper ». On y a accès à un réseau de sentiers pédestres et on peut aussi s'offrir une randonnée en kayak de mer, voire une excursion d'observation de l'ours noir en compagnie d'un guide. Quant aux baleines, si le simple fait de les apercevoir de la rive, dont elles s'approchent souvent très près, ne vous suffit pas, Vacances Essipit offre des excursions à bord d'un Zodiac de 12 passagers. 

On peut aussi voir les baleines du rivage au Centre d'interprétation et d'observation de Cap-de-Bon-Désir, où des naturalistes sont toujours présents pour fournir des explications sur les mammifères marins qui viennent observer les Français. 

Vers le lac

Pour vous rendre au Lac-Saint-Jean, deux possibilités. Soit vous prenez la route qui part de Saint-Siméon et longe la rive sud du Saguenay, avec un arrêt à L'Anse-Saint-Jean pour voir le fjord. Soit vous passez par la rive nord, le long de la rivière Sainte-Marguerite, avec, si le coeur vous en dit, un crochet vers l'Anse de roche, où il n'y a rien à voir... que le fjord, absolument grandiose à cet endroit. Vous pourriez faire un arrêt au joli village de Sainte-Rose-du-Nord, puis au magnifique Parc aventures Cap Jaseux, tout au bord du Saguenay, où vous pourriez même passer une nuit dans un chalet de bois rond, un dôme transparent (pour voir les étoiles !) ou une cabane dans les arbres. 

Restez sur la rive nord du Saguenay pour gagner le Lac-Saint-Jean, direction Péribonka, où vous visiterez le musée consacré à Louis Hémon, l'auteur du célèbre roman Maria Chapdelaine. On peut y visiter la maison où a vécu l'écrivain français ainsi qu'une exposition permanente conçue par Michel Marc Bouchard sur l'envers de cette oeuvre emblématique, qui a fait l'objet de quelque 150 éditions et de 3 versions cinématographiques. 

Dans le même secteur, le parc national de la Pointe-Taillon vous offre des kilomètres de plage de sable fin, plusieurs emplacements de camping (y compris en formule prêt-à-camper, en tente Huttopia) ainsi que des pistes cyclables et des sentiers pédestres. On trouve aussi dans les environs plusieurs petits gîtes sympathiques. 

De là, filez obligatoirement au Zoo sauvage de Saint-Félicien, où vous n'aurez pas trop de la journée pour vous ébaudir devant le spectaculaire habitat des ours polaires, rire des facéties des loutres ou vous émerveiller devant les loups qui s'approchent à l'heure du repas. Car là est le secret : munissez-vous de l'horaire des collations des animaux, à l'entrée du parc, et planifiez votre visite en conséquence. Vous ferez ensuite la balade en train grillagé à travers les habitats sauvages, où coexistent wapitis, bisons, ours noirs, grizzlis et autres orignaux.

Pour la nuit, je vous propose une autre visite chez les Innus, cette fois à Mashteuiatsh, la seule communauté autochtone du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Au bord du grand Pekuakami (c'est le nom du lac Saint-Jean en innu, qui signifie « lac plat »), vous aurez le choix entre camping, gîte douillet ou chalet en pleine forêt. Dans tous les cas, l'accueil sera chaleureux et plein d'humour. Vous pourriez en profiter pour visiter le petit musée autochtone et le site Uashassihtsh, où des plateaux d'animation recréent la vie des Pekuakamiulnuatsh (les habitants du Lac plat) au début du XXe siècle.

S'il vous reste de l'énergie, vous pourriez enfin vous arrêter à Val-Jalbert, cet ancien village industriel délaissé après la faillite de l'usine de pâte à papier qui avait justifié sa construction. Longtemps laissées à l'abandon, plusieurs maisons ont été restaurées, d'autres ont été démolies. Quelques-unes, conservées en l'état, ne sont plus que ruines. On trouve désormais sur les lieux un restaurant, un café, des boutiques, de l'hébergement, voire un téléphérique qui permet de monter au-dessus de la spectaculaire chute de la Ouiatchouan. Ce qui était dans mon enfance un mystérieux « village fantôme » est devenu un important pôle touristique... pour le meilleur ou pour le pire. 

>>>Visitez le site du village de Val-Jalbert.

Pour rentrer à Montréal, je vous suggère de prendre la route 155, qui longe la rivière Saint-Maurice jusqu'à Trois-Rivières. Cela vous demandera un peu plus de temps que si vous optez pour la 169, qui traverse le parc des Laurentides, mais vous serez récompensés par des paysages d'une douceur inouïe. Cette route, à mon avis, est l'une des plus belles du Québec. Vos amis vous remercieront !o

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Voyage

Tous les plus populaires de la section Voyage
sur Lapresse.ca
»

publicité

Destinations

Asie Europe Afrique Amérique latine Océanie États-unis Canada Québec

publicité

Autres contenus populaires

image title
Fermer