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Tout quitter pour... voyager sur les eaux

Jennifer Gosselin et Pierre Pépin ont pagayé sur... (Photo fournie par Jennifer Gosselin et Pierre Pépin)

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Jennifer Gosselin et Pierre Pépin ont pagayé sur le Tennessee-Tombigbee Waterway, au Mississippi, au cours de leurs voyage entamé le 6 juin dernier. À quand le retour? «C'est trop loin, trop flou», dit Pierre Pépin.

Photo fournie par Jennifer Gosselin et Pierre Pépin

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Tout abandonner pour voyager? Au cours des prochaines semaines, partez à la rencontre de voyageurs qui ont décidé de consacrer leur vie à l'aventure.

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Qui? Pierre Pépin, Jennifer Gosselin et leur chienne Jasmine

Quoi? 1000 jours en Amérique du Nord

Comment? En canot

La journée s'annonçait déjà éreintante: 47 km à pagayer à contre-courant sur la rivière Ohio. Elle a été pire encore. C'est la journée où le canot de Pierre Pépin et Jennifer Gosselin a rendu l'âme.

Le canot de kevlar est entré en contact avec l'ancrage d'une barge, immergé sous quelques centimètres d'eau. Sous l'impact, le canot s'est fissuré. Ce canot qui devait les transporter sur plus de 25 000 km partout en Amérique du Nord s'est «ouvert en deux comme une boîte de conserve», dit Pierre Pépin.

Un terrible coup du sort, certes, mais rien pour décourager les deux pagayeurs de Québec, lancés depuis le 6 juin dernier dans une formidable épopée: trois ans à pagayer sur les lacs et les rivières du continent. Trois ans à voyager dans une embarcation de moins de 20 pieds de longueur, seuls avec Jasmine, leur chienne ours de Carélie. Un voyage un peu fou qu'ils ont planifié pendant deux ans et pour lequel ils ont multiplié les sacrifices.

Ce n'est donc pas un canot percé qui allait les arrêter. Ils ont retroussé leurs manches, réparé temporairement l'embarcation et convaincu une entreprise de Colombie-Britannique, Clipper Canoe, de leur fournir un nouveau moyen de transport.

Rebrousser chemin ne leur a jamais effleuré l'esprit. La chose aurait été difficile... Pour ce voyage, ils ont vendu leur condo, leur auto et tous leurs biens. Leurs seules possessions tiennent désormais dans leur canot. Leurs emplois? Jennifer a quitté son poste de directrice des opérations pour une entreprise de logiciels. Pierre a avisé ses clients qu'ils devaient se trouver un autre préparateur en plein air, un autre entraîneur de biathlon.

Un saut dans le vide... que le couple a trouvé exaltant. «Tout vendre a été tellement libérateur, lance Jessica Gosselin, jointe au téléphone par La Presse en Alabama. Lorsqu'on a mis la clé dans la porte de notre condo vide, on a poussé un grand ouf.» Un ouf de soulagement, d'excitation, mais aussi de trac.

«D'un coup, on n'avait plus de maison, plus d'adresse, plus de port d'attache. Il nous a fallu un certain temps pour réaliser qu'on n'avait plus cette sécurité», dit Pierre.

Mais le plus dur n'a pas été de se délester des biens matériels. «Ce qui a été difficile, ç'a été de dire au revoir aux amis, en sachant qu'on ne les reverrait pas avant un bout de temps», explique Jennifer.

Les adieux passés, le couple savoure désormais chaque nouvelle rencontre que le voyage met sur leur parcours. Pierre Pépin raconte: «Il ne se passe pas une journée sans que quelqu'un vienne nous donner un coup de main ou simplement nous jaser. Ce sont des rencontres surprenantes. Émouvantes.»

Des familles leur font une place à leur table, leur ouvrent leur porte pour la nuit. Leur racontent des secrets que seuls de parfaits étrangers peuvent entendre...

C'est ce désir de contact humain qui a poussé le couple à tout quitter pour partir. En 2012, ils ont participé à une expédition de canot suivant un trajet utilisé jadis pendant la traite des fourrures. «Pendant 60 jours, on avait eu une interaction extraordinaire avec les gens, raconte Jennifer. Puis, on est revenu à notre vie normale: travailler cinq, voire sept jours semaine. On s'est vite aperçu que ça n'allait pas. On ne se voyait plus autant. On partageait moins de choses. La télé nous stressait, conduire sur l'autoroute nous stressait, nos boulots nous stressaient. On a voulu retrouver une vie plus simple, plus saine, tant pour notre corps que pour notre esprit.»

Un soir qu'ils rêvaient à deux à cette nouvelle «Aventure avec un grand A», Pierre s'est tourné vers sa conjointe des 12 dernières années et lui a lancé: «On le fait?» «On le fait», a répondu Jennifer. Le projet a été couché sur papier. Et tout s'est enclenché. Naturellement...

Le retour? Ils n'y pensent pas. C'est trop loin, trop flou. Ils sont trop occupés à savourer chaque journée, à réinventer leur itinéraire au gré des rencontres. Chacun à leur bout du canot, leur chienne assise au milieu, ils se sont promis de continuer tant que leur compte bancaire le leur permettra. «Notre seul regret est de ne pas avoir fait ce projet-là avant!», dit Pierre.

Pour suivre l'expédition: www.wildravenadventure.com

Le tajet de canot... (Graphisme La Presse) - image 2.0

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Le tajet de canot

Graphisme La Presse

Trois conseils

Trois conseils pour passer du rêve à la réalité:

Écrire

Un acte essentiel, selon Pierre Pépin. «Lorsqu'un rêve vous tient à coeur, mettez-le sur papier, il va devenir un projet. Et un projet, c'est fait pour être réalisé! Collez le papier sur le frigo, regardez le papier chaque jour. Et prenez les moyens pour atteindre votre but.»

Se commettre

«Une fois la décision prise, il faut faire des gestes concrets, se commettre. Pour moi, ç'a été de dire à mon patron que je partais. Pour d'autres, ce sera peut-être d'en parler à leur entourage. Le geste le plus difficile à faire est toujours le premier», dit Jennifer Gosselin.

Laisser tomber sa sécurité

«Partir autour du monde en gardant la maison et l'auto au cas où ça tournerait mal? À la première difficulté, tu vas retourner chez toi! Il faut s'obliger à se débrouiller seul, à s'adapter», estime Pierre.

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