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Après les attentats, le tourisme français reste fragile

Nice... (Photo Violaine Ballivy, archives La Presse)

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Nice

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Daniel Aronssohn
Agence France-Presse
Paris

Un an et demi après les attentats de novembre 2015 à Paris, et un an après celui de Nice, le tourisme français a réussi à se relever, mais les défis restent nombreux.

Les professionnels du secteur sont unanimes: depuis la fin 2016, les touristes étrangers retrouvent le chemin de la France et le niveau actuel des réservations laisse présager d'un été en croissance après un bon premier semestre. Le ministre du Tourisme, Jean-Yves Le Drian a d'ailleurs annoncé cette semaine qu'il s'attendait à une hausse de fréquentation de 5% à 6%, soit 89 millions d'entrées sur le territoire en 2017. Un nouveau record.

Les attentats parisiens de novembre 2015, avec leurs nombreuses victimes dans la salle de concert du Bataclan ou sur les terrasses de restaurants, avaient créé un choc d'autant plus violent pour l'image de la France qu'ils avaient été fortement et longuement médiatisés dans le monde entier. Cependant, comme l'ont montré toutes les crises antérieures, y compris le 11 septembre aux États-Unis, l'impact de l'émotion finit par s'émousser.

La France a mis environ un an pour renouer avec une croissance de la fréquentation, comme s'y attendaient les professionnels sur la base de modèles d'impact, relève Frédéric Pierret, président de l'Alliance 46.2, un regroupement d'entreprises françaises du tourisme comme AccorHotels, Pierre et Vacances ou Euro Disney.

«Le tourisme est une industrie très sensible aux crises», souligne-t-il, en notant que, pour la France, le point bas en termes d'arrivées d'étrangers, avait été atteint à la fin du premier trimestre 2016.

Fatalisme

La multiplication d'attentats, en France et dans d'autres pays européens, a pu susciter «une espèce de fatalisme», estime Josette Sicsic, directrice de Touriscopie, un observatoire du comportement des touristes. Les gens ont intégré le fait qu'on «peut être frappé par un acte terroriste n'importe où, dans son pays d'origine, ou en voyage», et certains se disent «on ne peut pas continuer de boycotter Paris, Londres, etc.»

Ces drames «affectent le tourisme sur des durées de plus en plus courtes», estime-t-elle. Les étrangers qui viennent à Paris se disent: «on vient quand même, mais on est vigilant, car tout le monde est conscient que le monde a changé».

Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme, est du même avis. Il souligne cependant que les conséquences des attentats en France ont été aggravées par un contexte national morose. «La France avait l'image d'un pays qui perd» et le terrorisme a eu encore plus d'impact en raison des grèves et des intempéries qui ont touché le pays, selon lui.

Aujourd'hui, «l'un des moteurs de la reprise, c'est l'élection d'Emmanuel Macron qui a radicalement changé l'image de la France à l'étranger», assure Frédéric Pierret. Car «l'image d'un pays, cela compte beaucoup» en matière de tourisme, martèle-t-il.

Parts de marché perdues

Pour autant, la situation française reste fragile, et pas seulement parce que le pays n'est pas à l'abri d'un nouveau drame terroriste, soulignent unanimement les experts.

Depuis des années, la France, première destination mondiale en nombre d'entrées d'étrangers mais seulement troisième en termes de recettes, «perd des parts de marché», résume Didier Arino. Sous couvert d'anonymat, un autre expert s'alarme: «jamais la différence de croissance de notre secteur touristique avec des pays voisins comme l'Espagne ou l'Allemagne n'a été aussi importante que depuis 2010».

Ce dernier souligne les difficultés à reconquérir la clientèle asiatique inquiète de la criminalité dont sont victimes ses ressortissants: «la détérioration de l'image de la France, et de Paris en particulier, a été assez nette à partir de 2013, date des premières attaques de touristes médiatisées en Asie».

Outre les problèmes de sécurité, cités par Jean-Yves Le Drian comme l'un des cinq axes majeurs de la politique touristique du gouvernement, les entreprises du secteur insistent sur le besoin d'une vraie stratégie nationale et d'une meilleure gouvernance, ainsi que sur la nécessité de nouveaux investissements notamment en matière d'hébergements.

La piètre qualité de l'accueil des étrangers et les coûts élevés sont aussi fréquemment cités comme des points faibles français.

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