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Une note salée pour le tourisme à Paris après les attentats

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Le musée du Louvre, le plus fréquenté du monde, a vu sa fréquentation baisser de 20%.

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Gina Doggett, Anne-Sophie Morel, Katia Dolmadjian
Agence France-Presse
Paris

Endeuillée par les attentats de janvier et de novembre 2015, la capitale française a vu les touristes étrangers déserter et multiplie les efforts pour les faire revenir.

En un an, Paris et sa région ont perdu près de deux millions de visiteurs. Le musée du Louvre, le plus fréquenté du monde, a vu sa fréquentation baisser de 20%.

Les messages de sympathie ont afflué du monde entier après l'attaque contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et l'hypermarché casher en janvier à Paris (17 morts) mais les touristes étrangers sont restés à distance.

Quelques mois plus tard, les craintes ont été renforcées par les attentats contre des bars et des restaurants de quartiers branchés, la salle de concert du Bataclan et le Stade de France (130 morts).

Dans la seule région parisienne, «le manque à gagner est estimé à près d'un milliard d'euros» et pourrait atteindre 1,5 milliard d'ici la fin de l'année, déplore Frédéric Valletoux, président du Comité régional du tourisme. «L'impact est durable et complètement inédit par son importance» et «beaucoup de petites entreprises ont un genou à terre», avertit-il.

Hôtels et restaurants tablaient sur l'Euro-2016 de football cet été pour repartir. Mais l'attentat de Nice, sur la côte d'Azur, le 14 juillet (86 morts) a douché les espoirs.

«Les gens ont peur parce que ce n'est pas un acte isolé mais une série», commente un touriste serbe Vladimir Mitrasinovic, de passage dans la capitale.

Le tourisme est essentiel pour la France, destination la plus prisée au monde et représente 9% du produit intérieur brut. L'objectif gouvernemental est d'accueillir 100 millions de visiteurs internationaux en 2020, contre 85 millions en 2015.

Détecteurs de métaux

Mais depuis le début de l'année, les arrivées internationales ont chuté de près de 8%. Les Japonais ont été les plus nombreux à se détourner (-39%), suivis par les Chinois (-23%), les Allemands (-11%) et les Américains (-4%).

Résultat, les hôtels peinent à faire le plein. A tel point que certains grands palaces parisiens ont dû fermer des étages entiers en août, en plein pic estival. La côte d'Azur, très prisée, a vu fuir la clientèle étrangère.

Les restaurants «ont été vidangés de leur clientèle, les terrasses vidées», déplore-t-il Alain Fontaine, du Syndicat français des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs. «Les gens restent chez eux» et «se font livrer beaucoup de plateaux».

Le gouvernement multiplie les mesures pour tenter de rassurer. Lundi, le premier ministre Manuel Valls a encore promis quelque 40 millions d'euros.

Caméras de surveillance supplémentaires, renforcement de la sécurité sur les sites culturels comme le musée du Louvre ou le château de Versailles, amélioration des infrastructures d'accueil, recrutement de «volontaires du tourisme», formation en anglais... des efforts sont prévus à tous les niveaux.

Aux entrées du grand magasin parisien du Printemps, les chalands se soumettent sans sourciller aux détecteurs de métaux des vigiles. «Malheureusement, on dirait que le (tourisme de magasinage) ne revient pas», commente une des nombreuses vendeuses asiatiques, Yan Liu.

Selon elle, les visiteurs chinois sont aussi rebutés par le risque d'agressions, après l'attaque d'un car cet été près d'un des aéroports. En octobre, le braquage de la starlette Kim Kardashian a aussi fait trembler le tourisme du luxe.

«Mais le sentiment que la France n'est pas un pays sûr est dû essentiellement aux attentats», note la vendeuse de 37 ans, qui craint que les touristes ne viennent plus à Paris faire leurs emplettes.

Pour autant, la Ville Lumière n'a pas perdu tout son attrait. Jens Peter Frahm-Hansen, un Danois de 64 ans, a choisi la capitale française pour un voyage avec d'anciens collègues.

Ils ont exclu la Tunisie ou la Turquie, aussi frappés par des attentats. «Le soleil est le même partout, mais Paris est Paris. C'est une ville unique qu'il faut avoir vu», s'enthousiasme le retraité.

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