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Quelque 30 000 passagers touchés par la grève d'Air France

Un avion d'Air France sur le tarmac.... (PHOTO REUTERS)

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Un avion d'Air France sur le tarmac.

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Jeremy Talbot
Agence France-Presse
Paris

La direction d'Air France a haussé le ton jeudi, au deuxième jour d'une semaine de grève des hôtesses et stewards qui entraînait un peu plus d'annulations de vols que la veille et touchait 30 000 passagers, en dénonçant un mouvement «regrettable et agressif».

Le trafic est «conforme aux prévisions», avec près de 80% des vols maintenus, contre 83% mercredi, a indiqué à l'AFP un porte-parole d'Air France. Selon lui, 30 000 passagers sont touchés par la grève, sur un total de 140 000.

«Déclencher une grève aussi longue» en plein pic estival «est extrêmement regrettable et agressif», tant pour la compagnie que pour les clients qui partent en vacances, a regretté le nouveau PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, dans Le Figaro.

Air France devait faire voler jeudi plus de 90% de ses avions long-courriers, plus de 70% des moyen-courriers et plus de 80% des vols intérieurs. Vendredi, le programme de vols sera respecté à «plus de 80%».

Ces chiffres intègrent les vols assurés par la filiale domestique Hop! d'Air France, qui n'est pas concernée par la grève, a-t-on appris auprès du groupe aérien.

Pour la seule compagnie Air France, les annulations ont concerné jeudi 163 vols sur 516 programmés depuis ou vers l'aéroport de Roissy (32%), selon des sources aéroportuaires interrogées par l'AFP. A Orly, 59 vols ont été annulés sur 171 (35%).

L'entreprise a comptabilisé 36% de grévistes jeudi, un chiffre largement sous-estimé selon les syndicats SNPNC-FO et l'Unsa-PNC, représentant près de la moitié du personnel navigant commercial (PNC) et le mouvement «monte en puissance», préviennent-ils.

«Nous savons tous que c'est au fil des jours que les effets de la grève s'amplifient», écrivent-ils à quelques heures du grand week-end de chassé-croisé entre juilletistes et aoûtiens.

En grève jusqu'au 2 août, les PNC protestent contre la reconduction pour 17 mois de l'accord d'entreprise fixant ses règles de travail, de rémunération et en matière de déroulement de carrière, jugeant cette durée «insuffisante». L'accord en vigueur arrive à son terme le 31 octobre.

«Fort risque de déclin»

Il y a une «disproportion entre les conséquences économiques, financières et d'image pour Air France et le différend autour de la seule durée du texte proposé», a regretté Jean-Marc Janaillac, qui a pris les commandes d'Air France-KLM au début du mois.

«L'idée qu'Air France pourrait disparaître reste encore étrangère à certains salariés (...) Si on ne prend pas les bonnes décisions et si les équipes ne se mobilisent pas, il y a un fort risque de déclin, et on ne peut pas savoir où mène le déclin», dit le PDG, qui présentera son plan stratégique en novembre.

À l'inverse, les syndicats estiment que la crainte d'une faillite de la compagnie tricolore n'est plus d'actualité, Air France ayant dégagé en 2015 ses premiers bénéfices depuis six ans.

«Pourquoi dans ces conditions l'entreprise refuse-t-elle de garantir nos conditions de travail et de rémunération sur une période décente?», demande l'intersyndicale SNPNC-Unsa.

En acceptant un texte valable 17 mois, elle redoute que l'entreprise n'utilise «le moindre retournement de tendance» pour reprendre les négociations, dans quelques mois, avec des exigences beaucoup plus élevées.

Le président d'Air France, Frédéric Gagey, a d'ailleurs admis dimanche le besoin pour la compagnie de «garder une certaine souplesse» dans un secteur ultra concurrentiel «soumis à des aléas, notamment économiques».

En cas d'échec persistant des négociations, à l'automne, la direction pourrait appliquer aux plus de 13 000 PNC d'Air France un texte rédigé unilatéralement, avec la règlementation internationale pour seule contrainte.

Autre compagnie, autre grève: Aigle Azur, qui dessert l'Algérie, le Portugal, le Mali, la Chine et le Sénégal, devait annuler 20% de ses vols jeudi. Le SNPL appelle les pilotes à déserter les cockpits, durant huit jours, pour forcer la direction à «négocier des conditions de travail compatibles avec un niveau acceptable de fatigue».

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