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France: la moitié des vols annulés au deuxième jour de grève

À Nice, premier aéroport de province, ce sont... (Photo Lionel Cironneau, AP)

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À Nice, premier aéroport de province, ce sont 44% des vols qui ont été annulés au départ, sur les 157 initialement programmés.

Photo Lionel Cironneau, AP

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Sylvie HUSSON, Jérémy TALBOT avec les bureaux de l'AFP
Agence France-Presse
PARIS

Des centaines de vols annulés et des retards parfois de plusieurs heures: le trafic aérien français a été très perturbé jeudi, au deuxième et dernier jour de grève des contrôleurs aériens, qui a affecté la moitié des vols dans plusieurs grands aéroports.

L'impact de cette grève s'est accentué jeudi en raison de l'appel à la mobilisation nationale lancé en parallèle par quatre syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires) contre l'austérité.

Ce mouvement lancé par le premier syndicat parmi les 4000 contrôleurs aériens, le SNCTA, pour obtenir des négociations sociales spécifiques à ce corps de métier, a été suivi jeudi par plus de 46% des aiguilleurs (estimation provisoire), selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Ils étaient près de 40% mercredi.

Pour limiter les désordres, la DGAC avait demandé aux compagnies d'annuler la moitié de leurs vols jeudi, après 40% mercredi. Partout où cela est nécessaire, elle a réquisitionné les contrôleurs, assujettis au service minimum.

Malgré tout, la grève a entraîné de nombreux retards, grandissants au fil de la journée.

Les passagers devaient attendre dans la matinée «30 à 50 minutes sur les aéroports de Roissy, Nice, Toulouse, Nantes, Bordeaux», selon un porte-parole de l'aviation civile. Dans l'après-midi, des «délais de 160 minutes étaient constatés pour les vols empruntant les routes aériennes du Sud-Ouest».

À Orly, le retard moyen a été de 80 minutes, voire jusqu'à 4 heures pour certains vols, selon une source aéroportuaire. Dans l'aéroport du sud de Paris, 58% des vols ont été annulés et 32% à Roissy, où les moyens ont été concentrés pour garantir le départ des vols long-courriers, selon cette source.

Quelques annulations non programmées n'étaient pas exclues en fin de journée dans les deux aéroports parisiens, à cause des retards accumulés.

À Nice et Lyon-Saint-Exupéry, respectivement premier et deuxième aéroports de province, 46% des vols ont été annulés, 50% à Bordeaux et Toulouse-Blagnac. Ceux de Marseille (30%) et Strasbourg (36%) ont été moins affectés. À Montpellier en revanche, tous les vols ont été supprimés.

Retour progressif à la normale 

Du côté des compagnies, Air France avait annoncé qu'elle assurerait un vol sur quatre au départ et vers Orly, environ 40% de et vers les aéroports de province et un vol moyen-courrier sur deux au départ et vers Roissy.

EasyJet a dû également déprogrammer plus de 340 vols et critiqué une grève affectant «de façon disproportionnée passagers et compagnies aériennes à travers toute l'Europe». La compagnie à bas coût précise avoir affrété vendredi cinq vols d'urgence, notamment pour rapatrier des groupes d'élèves.

À l'origine du mouvement, le SNCTA (49,8% des voix chez les contrôleurs) réclame le droit, pour les organisations représentatives d'aiguilleurs, de négocier des accords spécifiques pour leur profession.

Le dernier accord catégoriel remonte à 2006, selon le syndicat. Depuis, les discussions se déroulent au niveau de l'ensemble des personnels de l'aviation civile où ce syndicat pèse moins (19,6%, troisième place). L'Usac-CGT, premier syndicat de la DGAC tous corps confondus, deuxième chez les contrôleurs, y est hostile, et affirme que la DGAC se conforme «au cadre prévu pour la fonction publique».

Pour le SNCTA, l'enjeu est majeur au moment où l'aviation civile et le gouvernement réfléchissent à une réorganisation plus productive du travail. «Des solutions de flexibilité sont sur la table, on veut en discuter directement», explique Roger Rousseau, secrétaire national du SNCTA.

Ce syndicat souhaite également discuter de mesures d'accompagnement au recul de 57 à 59 ans de l'âge limite de départ à la retraite des contrôleurs.

Mardi, le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies a annoncé une réunion le 13 avril avec les syndicats de contrôleurs pour discuter du «cadre et la méthode d'une négociation sociale, adaptée aux métiers du contrôle aérien».

Vendredi, le retour à la normale sera progressif, quelques vols matinaux ont été annulés dans certains aéroports.

Pour maintenir la pression, le SNCTA a déposé des préavis du 16 au 18 avril et du 29 avril au 2 mai.

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