Oublier les horreurs météo de la saison dernière

Cette tempête de la fin du mois de... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, archives LA PRESSE)

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Cette tempête de la fin du mois de décembre 2015 a eu peu de suites dans les Cantons-de-l'Est, l'hiver dernier, ce qui a provoqué une baisse de 30 % du nombre de visites dans les centres de ski de la région.

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Les conditions climatiques de l'hiver dernier ont été catastrophiques pour les stations de ski. Le Noël sans neige et les épisodes de pluie ont fait chuter le nombre de visites de 12,6 % et les revenus de 8,9 % par rapport à la saison précédente.

Malgré ces chiffres révélateurs, l'industrie du ski demeure optimiste à l'approche de la prochaine saison.

Chaque année depuis 28 ans, Michel Archambault publie une étude économique et financière sur les stations de ski au Québec. Le professeur émérite en tourisme pèse ses mots: la saison 2015-2016 a été la pire des deux dernières décennies.

Les Cantons-de-l'Est, dit-il, ont été les plus sévèrement touchés avec une baisse de 30 % du nombre de visites dans les centres de ski. Les Laurentides (- 9,8 %), Lanaudière (- 9,6 %), la Mauricie (- 11 %), l'Outaouais (- 18 %) n'ont pas connu une saison aussi désastreuse, mais la situation a tout de même été difficile. Il n'y a que la région de Québec/Charlevoix qui n'a pas enregistré de perte (+ 0,2 %).

Malgré la pluie, la glace et la neige tardive qui nous sont tombés sur la tête, les pertes de revenus auraient pu être encore plus catastrophiques, affirme M. Archambault. «Il y a 20 ans, les stations vendaient à peu près 115 000 abonnements de saison. Cela représentait 50 % des ventes de tous les laissez-passer [billets de jour, de soir, 4 heures, etc.]. L'an passé, il s'est vendu 250 000 abonnements de saison, ce qui représente 60 % des revenus de billets et d'abonnements combinés. Les abonnements de saison font en sorte de fournir un important apport d'argent aux stations en début de saison», explique le fondateur de la Chaire de tourisme Transat.

Yves Juneau, président-directeur général de l'Association des stations de ski du Québec (ASSQ), ne se cache pas la tête dans le sable. Depuis trois ans, les résultats sont en deçà des attentes. M. Juneau demeure tout de même optimiste.

«Nous comptons 75 stations membres, et tout le monde sera de retour cette année. L'ensemble des stations sera en service. C'est certain qu'il y a des situations financières qui sont plus précaires à cause des résultats de la dernière année, mais il reste que tout le monde sera de retour.»

L'industrie du ski, affirme M. Juneau, est particulièrement «résiliente». Pour faire face aux conditions météo de l'année dernière, plusieurs stations ont licencié des employés entre Noël et le jour de l'An, ont limité leur fabrication de neige ou ont restreint leurs investissements en vue de la prochaine saison.

La météo exécrable n'a d'ailleurs pas touché plus durement les petites stations que les grosses, dit le président de l'ASSQ. En revanche, les centres qui possèdent des canons à neige et de l'hébergement ont mieux tiré leur épingle du jeu. «Les grosses stations comme Tremblant, Sainte-Anne, Bromont, Orford et Le Massif qui sont entourés d'hôtels et de chalets bénéficient d'une clientèle captive. Les gens vont se déplacer malgré la météo et une fois sur place, ils ont plus de chance de faire du ski. Au contraire, les stations qui dépendent de la clientèle qui vient à la journée sont liées à 100 % aux conditions météo. Ce sont elles qui sont le plus pénalisées.»

Malgré l'hiver 2015-2016 difficile, M. Juneau se réjouit d'une chose: les skieurs ont toujours la passion pour leur sport. «L'an passé, on a perdu 750 000 visites avant le 20 décembre et après le 20 mars, mais le coeur de l'hiver est resté très performant. La saison difficile n'est pas attribuable à une perte d'intérêt des skieurs, mais aux aléas de mère Nature.»

Quatre pistes de solutions

> Miser sur de nouveaux sports

Le scooter des neiges suscite des réticences comme l'avait fait la planche à neige dans les années 90, affirme le consultant en tourisme d'aventure Jean-François Tapp. «Bien que la planche à neige perde un peu de terrain, c'est quand même ce sport qui a sauvé les stations de ski vers la fin des années 90 et le début des années 2000. Je pense que les nouveaux engins que l'on retrouve aujourd'hui sur nos pistes pourraient faire la même chose.»

> Former la relève

Plusieurs stations offrent gratuitement l'abonnement de saison aux 5 ans et moins. À la station Béchervaise, à Gaspé, l'équipement est également fourni gratuitement aux tout-petits. «Toutes les fins de semaine, c'est noir de jeunes familles à la montagne. Il y a plein de petits de moins de 5 ans qui font du chasse-neige dans les pistes. Probablement que ce genre d'initiative va assurer la survie de la montagne pour les 10 ou 15 prochaines années», indique Jean-François Tapp, qui a été directeur de la station à l'hiver 2015-2016.

> Pas uniquement le ski

Tous les experts s'entendent à ce sujet. Pour survivre, les stations doivent miser sur d'autres activités que le ski. En été, elles peuvent aménager des sentiers de randonnée ou compter sur le vélo de montagne. «Les stations devraient offrir des activités aux membres d'une famille qui ne skient pas comme la luge, le patin, la raquette ou le ski de fond. En fait, elles devraient jouer sur la notion de montagne. Je trouve qu'il est encore possible de bonifier l'expérience d'un séjour en montagne, et ce, pas juste pour le ski», soutient Michel Archambault, professeur émérite en tourisme.

> Tarifs préférentiels

Yves Juneau, président-directeur général de l'Association des stations de ski (ASSQ), croit que son industrie devrait recevoir un coup de main de l'État au même titre que les entreprises minières ou forestières. Selon lui, la fabrication de neige artificielle est rendue inévitable à cause des changements climatiques. Par contre, les tarifs imposés par Hydro-Québec sont désavantageux pour les stations de ski. «Nous ne sommes pas un bon profil de client, car on a besoin de beaucoup d'énergie sur une courte période de temps. Mais ce qu'Hydro-Québec met à la disposition des stations, ça s'étend sur l'année.» L'ASSQ souhaiterait négocier un tarif pour la fabrication de la neige, un avantage qui existait avant 1997.

Le mercure a atteint 17 degrés, le 24... (PHOTO JUSTIN TANG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE) - image 2.0

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Le mercure a atteint 17 degrés, le 24 décembre dernier. Sheila Craig s'est assurée d'immortaliser la chose.

PHOTO JUSTIN TANG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Précipitations au Québec selon Environnement Canada

Cantons-de-l'Est (Station météorologique de Sutton)

Hiver 2015-2016

Pluie: 318 mm

Neige: 192 cm

Normale de saison

Pluie: 135 mm

Neige: 239 cm

Laurentides (Station météorologique de Sainte-Agathe)

Hiver 2015-2016

Pluie: 145 mm

Neige: 141 cm

Normale de saison

Pluie: 125 mm

Neige: 183 cm

Québec (Station météorologique de Québec)

Hiver 2015-2016

Pluie: 115 mm

Neige: 287 cm

Normale de saison

Pluie: 100 mm

Neige: 255 cm

Saguenay (Station météorologique de Bagotville)

Hiver 2015-2016

Pluie: 64 mm

Neige: 221 cm

Normale de saison

Pluie: 38 mm

Neige: 239 cm

Gaspésie (Station météorologique de Gaspé)

Hiver 2015-2016

Pluie: 107 mm

Neige: 192 cm

Normale de saison

Pluie: 98 mm

Neige: 290 cm

* Ces données incluent les précipitations du 1er décembre 2015 au 31 mars 2016.




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