Secrets de bleuets au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Plusieurs des cueilleurs de bleuets employés par la... (Photo Jeannot Lévesque, Le Quotidien)

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Plusieurs des cueilleurs de bleuets employés par la ferme Michel Rivard et fille sont des retraités qui s'affairent aux champs sept jours sur sept, pendant un mois.

Photo Jeannot Lévesque, Le Quotidien

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(Saint-Ambroise) Les amateurs de tartes aux bleuets pourront mettre la main à la pâte plus tôt qu'à l'habitude cette année. Le petit fruit bleu s'est pointé une dizaine de jours avant la date prévue dans les champs du Saguenay-Lac-Saint-Jean et les vacanciers pourront en cueillir dès le début de la semaine prochaine.

La pomme de terre. Voilà ce qu'aimait cultiver Michel Rivard dans son champ du 9e Rang, à Saint-Ambroise, au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le bleuet, s'il aimait le manger, il ne souhaitait pas le récolter. Mais à la suite d'un incendie accidentel dans son champ, au début des années 80, le bleuet, dont le rhizome était déjà présent dans le sol, a commencé à émerger de la terre, au grand bonheur de sa femme, Claudette Girard. Les premières années, c'est d'ailleurs elle, avec l'aide de ses quatre enfants, qui a géré cette nouvelle affaire.

Après plusieurs années à «les regarder aller», M. Rivard a finalement pris le train déjà bien en marche... sans pour autant délaisser les pommes de terre, qu'il cultive maintenant depuis 42 ans.

Aujourd'hui, c'est sa fille Nathalie qui, avec son mari, s'occupe des quelque 90 hectares de bleuets.

Chaque année, au mois d'août, les visiteurs viennent à la ferme Michel Rivard et fille pour faire leurs provisions. Et les amateurs du petit fruit sont choyés, cette année, puisque la saison a commencé plus tôt que d'habitude.

À la mi-juillet, le stand était déjà prêt. Les paniers de 4 litres débordaient de bleuets boréaux. Et comble du rêve, lorsque La Presse est arrivée, par un matin frisquet, une tarte fumante, préparée avec les précieux petits fruits, sortait tout juste du four. Aux champs, des cueilleurs «professionnels» s'affairaient, bien installés sur leur petit tabouret, conçu exprès pour accomplir cette tâche exigeante. Les cueilleurs d'occasion, qui viennent avec famille et amis, pourront se rendre à la ferme à partir du vendredi 3 août.

Café à la main, debout au milieu de leur stand de vente, les Rivard admettent que pareille scène est inhabituelle à cette période de l'année. La saison, qui s'est ouverte une dizaine de jours plus tôt que d'habitude, a pris les producteurs de court. «La neige est partie vite et on a eu un réchauffement», explique Michel Rivard.

Le secret est dans la peau

Même s'il s'est montré plus tôt, le petit fruit produit à la ferme Michel Rivard et fille est d'aussi bonne qualité que les années précédentes. «On cultive du bleuet haut de gamme», lance fièrement M. Rivard. Ce qui le distingue: la pellicule blanchâtre qui recouvre la peau du fruit et qui l'empêche d'absorber trop d'eau.

Pour illustrer ses dires, le producteur s'amuse à plonger le fruit dans un verre d'eau: il remonte aussitôt à la surface. «Il flotte comme un canard», dit-il. Par contre, si l'on frotte le fruit avec les doigts pour faire partir la mince protection, il restera au fond du verre.

Le bleuet de la ferme Rivard est rond, ferme et peut se conserver au réfrigérateur pendant trois semaines. Pour atteindre ces normes de qualité, Nathalie Rivard supervise toutes les étapes de production, de la cueillette à la livraison. Contrairement à plusieurs producteurs qui cueillent le fruit mécaniquement, ici, tout se fait à la main. «Parfois, certains cueilleurs qui travaillent pour nous trouvent que je joue à la police», raconte-t-elle en nous faisant visiter son champ à bord de sa mignonne voiturette de golf peinte en bleu violet. Exigeante, oui elle l'est, mais elle ne peut permettre aucun laisser-aller si elle veut rester à la hauteur de sa réputation.

«Quand je vois que la qualité des bleuets d'un cueilleur n'est pas à mon goût, il m'arrive de m'asseoir à ses côtés pour observer sa technique et essayer de comprendre ce qui ne fonctionne pas», ajoute-t-elle.

Astuce pour faire une bonne récolte: prendre délicatement la grappe de bleuets dans la main et faire glisser le petit fruit avec le pouce. Les précautions à prendre ne s'arrêtent pas là. Une fois dans le panier, les fruits doivent être chouchoutés. «Je demande aux cueilleurs de ne pas les placer au soleil et de mettre une couverture sur le sol s'ils déposent le panier directement par terre pour que tout reste propre.»

Après les bleuets, Nathalie Rivard affirme que les cueilleurs sont en quelque sorte sa matière première. Ils sont environ une cinquantaine chaque été à venir travailler pour elle. Plusieurs d'entre eux sont des retraités qui s'affairent aux champs sept jours sur sept, pendant un mois. Lors du passage de La Presse, les gens venus voir si les bleuets étaient prêts trépignaient d'impatience à l'idée de commencer leur saison plus tôt.

Une fois vaillamment récoltés, les fruits seront vendus au stand au prix de 25$ pour 4 litres. Les autocueilleurs paieront environ 12,50$ pour la même quantité. Le prix peut varier au cours de la saison. Dans les marchés publics montréalais, où les Rivard livrent eux-mêmes leur marchandise, le même panier peut coûter de 50$ à 60$.

À la fin de la saison, qui s'étire habituellement jusqu'à la fête du Travail, la ferme Michel Rivard et fille aura produit quelque 50 000 kg de bleuets, tous vendus, congelés ou consommés immédiatement. «On ne perd pas un kilo de fruits», assure Michel Rivard. Parole de Bleuet.

Conserver ses bleuets

Au congélateur: Il faut tout simplement les placer dans un plat hermétique. Il est préférable de les décongeler au réfrigérateur.

Au frigo: Mettre un papier essuie-tout au fond du plat de plastique et verser les bleuets par-dessus, sans y toucher avec les mains. Déposer ensuite un autre papier essuie-tout sur les fruits et mettre le couvercle.

Lorsque vient le temps de servir, verser la quantité désirée - idéalement sans toucher avec les mains - et remettre immédiatement le reste des bleuets au réfrigérateur pour éviter que les variations de température ne fassent suer le fruit.

De cette manière, les bleuets se conserveront de deux à trois semaines.

Où cueillir des bleuets au Saguenay-Lac-Saint-Jean?

Ferme Michel Rivard et fille (Saint-Ambroise) 418-672-4578

Autocueillette: à partir du 3 août

Musée Louis-Hémon (Péribonka), 418-374-2177

Autocueillette: ouvert

> Bleuetière touristique (Dolbeau-Mistassini), 418-276-7646

Autocueillette: ouvert > Bleuetière G.T. (Shipshaw), 418-543-1443

Autocueillette: ouvert > Bleuets Fortin et fils (Dolbeau-Mistassini), 418-276-2726

Autocueillette: ouverture sous peu

> Le Québec compte 490 producteurs de bleuets sauvages.

> Environ 95% des bleuets sauvages du Québec viennent du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

> En 2011, la province a produit 30 millions de kilogrammes de bleuets, pour des recettes de 60 millions de dollars.

> Près de 85% des bleuets sont destinés à la congélation.

> En Amérique du Nord, le Québec est le deuxième producteur de bleuets, après le Maine. Les provinces maritimes se classent au troisième rang.

> L'an dernier, le Canada a exporté pour 198 millions de dollars de bleuets.

Source: Syndicat des producteurs de bleuets du Québec (2011)




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