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Zoo Ecomuseum: rencontres «sauvages» dans l'Ouest-de-l'Île

«J'ai eu la passion pour cet endroit depuis... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE)

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«J'ai eu la passion pour cet endroit depuis le jour un, il y a 25 ans», raconte David Rodrigue, qui est devenu le directeur général de l'endroit en 2005.

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Quand elle est arrivée, tout le monde pensait que c'était «lui». Alors on l'a baptisée Jimmy. Le nom lui est resté, même quand on a découvert que c'était «elle». Jimmy est un aigle royal de 33 ans qui vit au zoo Ecomuseum, à Sainte-Anne-de-Bellevue. Elle s'exprime très bien, surtout quand elle voit approcher son vieil ami, David Rodrigue.

«On a une relation de longue date, s'amuse M. Rodrigue, directeur général de l'Ecomuseum, en faisant référence aux vocalises impressionnantes de Jimmy. Elle est arrivée ici en 1991, et moi en 1992. Je l'ai nourrie, il y a longtemps...»

Jimmy a peut-être une cervelle d'oiseau, mais une excellente mémoire, et est l'un des plus anciens pensionnaires de l'Ecomuseum, seul zoo extérieur de l'île de Montréal.

Ici, on ne trouve que des animaux sauvages du Québec, et tous ont un passé différent. Certains étaient orphelins ou blessés, d'autres sont nés en captivité, et d'autres encore ont échappé in extremis au tannage.

Si leur passé est différent, leur avenir est le même: ils finiront leurs jours en captivité, car ils ne pourraient survivre s'ils étaient libérés en milieu naturel. Ils sont trop imprégnés par l'humain.

L'Ecomuseum a été créé en 1988 par le professeur biologiste Roger Bider, sur un terrain du campus Macdonald de l'Université McGill. Le terrain de 11 acres servait auparavant de décharge. Avec ses aires de vie habilement aménagées, ses points d'eau et ses sentiers, l'endroit est aujourd'hui méconnaissable. Dans la limite de l'espace disponible, on tente le plus possible de recréer un environnement qui reflète celui dans lequel les bêtes évoluent habituellement, explique le directeur.

Dehors à l'année

Hormis les serpents, les poissons et certaines espèces de tortues qui vivent en terrarium et aquarium à l'intérieur, les autres bêtes de l'Ecomuseum vivent dehors à l'année. Elles disposent d'abris, mais plusieurs animaux les boudent. C'est le cas des renards, qui préfèrent creuser leurs propres tanières, ici et là dans leur enclos.

À l'Ecomuseum, les animaux sont libres de se montrer ou pas. Lors de notre passage, les ratons laveurs sont restés perchés bien haut dans les arbres, jusqu'à ce que l'heure de la soupe arrive. Ils ont alors descendu agilement à la queue leu leu. L'ourse noire Genie, pour sa part, était fort occupée à creuser un trou avec ses grosses griffes, tandis que son comparse est resté hors de vue. Un peu gêné au début, le porc-épic Hansel s'est approché tranquillement. Son épaisse fourrure, sous laquelle se cachent 30 000 pics bien pointus, se dandinait d'un bord et de l'autre. Mine de rien, Hansel pourrait bien être l'équivalent d'un centenaire: il a 15 ans, alors que l'espérance de vie d'un porc-épic est de 12 ans, explique Émilie Sénécal, relationniste à l'Ecomuseum.

Loutres joyeuses

Un peu plus loin, quatre loutres qui étaient destinées à finir en manteau de fourrure font des folies dans un bassin, aménagé comme une rivière. Elles plongent, ressortent, courent l'une après l'autre, replongent. «Ici, c'est l'animal le plus populaire. Elles sont très joueuses. L'hiver, elles se font des glissades épouvantables. C'est important de les connaître», commente le directeur Rodrigue.

L'aire de vie des loutres a été aménagée il y a deux ans au coût de 1,4 million de dollars.

«Notre priorité est le bien-être de l'animal, de permettre aux gens de reconnecter avec les animaux, et participer à la conservation de la faune. Tout est relié, il y a des espèces qui ont presque disparu. Il y a beaucoup à faire du côté éducatif. C'est quelque chose que l'on perd aujourd'hui. On a oublié que nous aussi, nous sommes des animaux.»

Le zoo compte une centaine d'espèces d'animaux du Québec, qu'il faut nourrir et soigner. L'organisme sans but lucratif compte une trentaine d'employés et une soixantaine de bénévoles. L'endroit existe grâce aux dons et au coût d'entrée. Les subventions aident à aménager le territoire, mais elles ne sont que ponctuelles, signale Mme Sénécal.

Le zoo est ouvert tous les jours de l'année, sauf à Noël. Cette année, M. Rodrigue évalue que 150 000 visiteurs auront déambulé sur le site de l'Ecomuseum.

Coût d'entrée

- Adultes: 16,75 $

- Enfants de 3 à 15 ans: 9,75 $

- Enfants de 2 ans et moins: gratuit

http://www.zooecomuseum.ca/fr/

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