Au pays des Makwanini

Manitou Mushers compte une meute de 26 chiens,... (PHOTO TIRÉE DU SITE DE MANITOU MUSHERS)

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Manitou Mushers compte une meute de 26 chiens, bien loin de ce qu'on voit chez la plupart des exploitants du même genre, qui peuvent avoir plus d'une centaine de bêtes.

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La Presse

(Saint-Thècle) Parmi toutes les entreprises qui offrent des randonnées en traîneau à chiens au Québec, Manitou Mushers est peut-être la plus atypique. Ses fondateurs, Anne-Marie Charest et Maxime Leclerc-Gingras, se réclament tous deux du clan Makwanini, des Algonquins de Trois-Rivières toujours en quête d'un statut.

Nés en ville, ils se sont rencontrés par le double truchement du hasard et de leur passion commune pour les chiens de traîneau, lui après une embardée de vie qui l'avait mené à tout remettre en question, elle qui avait quitté un travail de cadre au CAA pour suivre son coeur et son désir de liberté.

Ils habitent maintenant à Sainte-Thècle, en Mauricie, dans une maisonnette bâtie il y a des années sur la terre qui appartient à la famille d'Anne-Marie. Maisonnette est un bien grand mot : c'est en fait un chalet, même plutôt un shack, comme trois ou quatre autres semés non loin, qui appartenaient aux tantes d'Anne-Marie.

Les deux meneurs de chiens vivent donc dans cette minuscule cabane, sans eau courante et sans électricité autre que celle d'une génératrice, qu'ils utilisent le moins possible. Quand on parle de simplicité volontaire... c'est vrai qu'il faut vouloir.

Adossée à la maisonnette se trouve une remise où ils rangent les harnais, les traîneaux et tout ce qu'il faut pour prendre soin de leurs 26 chiens. Il s'agit là d'une toute petite meute, bien loin de ce qu'on voit chez la plupart des exploitants, où on peut parfois compter plus d'une centaine de bêtes.

Autre particularité, Anne-Marie et Maxime ne gardent pas leurs chiens enchaînés. Chacun a un enclos assez vaste pour s'y dégourdir les pattes, une niche douillette, un nom qu'il reconnaît. Aucun n'est né ici. Ce sont pour la plupart des « rescapés » : chiens de course réformés ou huskies mal adaptés à la vie en ville, qu'Anne-Marie et Maxime ont recueillis à la demande de leurs anciens maîtres. 

À quelque distance du chenil s'élève un vaste tipi construit par le grand-père d'Anne-Marie. C'est là qu'elle rassemble les visiteurs avant la randonnée. Elle raconte l'histoire de sa famille et du clan des Makwanini (de l'algonquien makwa, « ours », et inini, « homme »). Puis elle allume quelques branches de sauge pour une courte cérémonie de purification - ou plutôt de bienvenue. Aux Québécois que nous sommes, la chose peut sembler saugrenue, mais on ne sent pas là de ces comédies qui peuvent parfois être agaçantes. Les Makwanini ont une longue histoire, méconnue comme bien d'autres (ou encore plus cachée que les autres). Anne-Marie et Maxime veulent la faire connaître. C'est tout à leur honneur, et c'est pourquoi l'on se prête de bonne grâce à ce petit rituel.

Ce jour-là, nous n'étions que deux clients. Il faisait un froid bien mordant, aussi avions-nous hâte de bouger, mais Maxime avait beaucoup de choses à dire - sur les chiens, sur sa philosophie, sur le comportement canin, qu'Anne-Marie et lui ont étudié au point de devenir instructeurs.

On a donc fini par harnacher les chiens et, après les nécessaires explications sur la façon de mener l'attelage, par décoller enfin, un passager sur le siège du traîneau et l'autre avec le conducteur, à l'arrière - places qui pourront changer au gré des envies. 

La randonnée de trois heures nous mène, à travers champs et bois, sur la terre du grand-père, un peu aussi sur celle d'un voisin complaisant, de même que sur un bout de route plutôt joli, mais rendu désagréable par le manque de neige. 

Dans un ciel de cristal, le soleil rase la cime des arbres et jette sur la neige des ombres bleues. On n'entend que le souffle des chiens et le glissement des patins. Quelle douce façon d'apprécier l'hiver, même par grand froid !

Au retour, Anne-Marie sert un thé bien chaud avec des douceurs qu'elle a préparées, et Maxime sort le bâton de parole, rituel commun à tous les peuples des Premières Nations : tour à tour, celui qui le tient dit ce qu'il a à dire, et les autres écoutent sans interrompre. Une coutume qu'on aurait intérêt à adopter dans certains cercles... 

En tout cas, c'est le moment de dire migwetch (merci) et de souhaiter longue vie à ces deux pionniers nouveau genre. 

>>>Consultez le site de Manitou Mushers.

>>>Consultez le compte Instagram de Manitou Mushers.

Pour en savoir plus sur le clan Makwanini: makwanini.com

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