Un mardi aux «puces» de Lachute

À Lachute, dans les Basses-Laurentides, le plaisir de... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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À Lachute, dans les Basses-Laurentides, le plaisir de chiner se double de celui d'assister à un encan haut en couleur.

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Nombreux sont les marchés aux puces au Québec, et le meilleur y côtoie souvent le pire. À Lachute, dans les Basses-Laurentides, le plaisir de chiner se double de celui d'assister à un encan haut en couleur.

Dans un carton, pêle-mêle, de petits mouchoirs de lin brodés par une main inconnue, des serviettes de table ornées de jours à fils tirés, une nappe damassée. Un peu plus loin, une pile de couvertures en laine du pays, à 25 $ chacune. À un autre étal, un cervacapsulophile est penché sur une table et examine la marchandise. Un quoi? Un collectionneur de capsules de bière, voyons!

Nous sommes au marché aux puces de Lachute, par un petit mardi gris. Oui: un mardi matin. C'est LA journée pour venir chiner ici, plus encore que le dimanche, où le marché n'atteint pas le quart de ce qu'il est en semaine. Les marchands s'y amènent la veille au soir et s'installent, qui dans une tente, qui dans son camion ou sa voiture, pour y passer la nuit. Vers 5 h du matin, tout ce beau monde s'active, monte les tables, dispose sa marchandise. 

Ici, l'avenir (ou le passé, selon le point de vue des chasseurs d'objets anciens!) appartient vraiment à ceux qui se lèvent tôt.

Tous les marchands de brocante, d'antiquités ou d'objets insolites sont un peu collectionneurs eux-mêmes. C'est le cas de Maurice Richer, 63 ans, propriétaire d'un magasin d'antiquités à Papineauville, qui vient ici chaque semaine depuis 8, 10 ans pour écouler sa marchandise, mais aussi pour acheter. Sa spécialité: les cruches de grès de marchands du Québec. Il a même publié deux livres sur le sujet. Mais il s'intéresse aussi à toutes sortes d'autres choses... Ainsi, ce matin, sa tournée lui a permis de mettre la main sur un ravissant camion jouet en tôle pour 50 malheureux dollars. Il espère en tirer 150 $. «Mais c'est toujours un guess. Ça se peut que je reste avec, aussi.»

Parmi les bons coups dont il se souvient, un lot d'assiettes qu'il avait acquises pour 3 et 5 $ chacune, qu'il a revendues 50 $ pièce. Un client renchérit: «J'ai déjà trouvé de superbes paniers abénaquis en frêne pour 5 ou 10 $, alors qu'ils se vendent jusqu'à 350 $ chez les antiquaires!»

Des acheteurs attentifs

Bien sûr, pour dénicher ce genre de trésor, il faut ouvrir l'oeil, parcourir patiemment les allées où s'entasse un bric-à-brac presque décourageant et éviter, paradoxalement, l'allée couverte dite «des antiquaires», où l'on ne trouve qu'une désolante camelote: chaussettes blanches par paquets de 12, ceintures de vinyle, bibelots kitsch et draps «santé» (?).

Mais tout autour, sur le gazon, entre une machine à pain orpheline, des piles d'assiettes dépareillées et un humidificateur jauni se cachent ici un petit chef-d'oeuvre d'art populaire, là un adorable moïse en rotin, plus loin un carquois jouet et ses flèches, confectionnés avec amour par quelque aïeul inconnu...

Et surtout, il faut arriver tôt. Le marché s'anime dès 7 h et, vers midi, les vendeurs commencent à remballer leurs affaires: leur argent est fait. C'était le cas de Laurie Echenberg, de Mont-Tremblant, qui avait vendu pour 1000 $ de marchandises - surtout des objets ayant appartenu à sa famille - et qui se préparait à partir, contente de sa journée. 

Comme elle, de nombreux vendeurs ne sont pas des habitués. Ils viennent se défaire d'objets qui les encombrent, et c'est souvent avec eux que l'on peut faire les meilleures affaires.

Vers 13 h 30, le petit amphithéâtre qui jouxte l'écurie, au centre du terrain, se remplit peu à peu. L'encan va bientôt commencer, et c'est un spectacle à ne pas rater, tant pour ce qui se passe dans les gradins que pour la gouaille avec laquelle l'encanteur anime les enchères. «Une pioche, une belle pioche avec un manche de pioche, si vous avez des bras, on a c'qu'y faut pour les faire travailler! Combien pour la pioche?» Sous les rires et les commentaires de tout un chacun, la pioche trouve preneur, de même que ce coffre à outils complet (10 $), cette boîte de clous en vrac, cette vieille malle qui a visiblement connu des jours meilleurs. «C'est flambant neu, les gars, combien pour le beau coffre?»

Dans leur cage, deux oies cacardent en attendant de passer elles aussi aux enchères, comme quelques lapins, des coqs de collection, des poussins... Chose rare, aucun cheval n'est à vendre cette semaine, mais un jeune alpaga attend son tour dans un box de l'écurie. «Il va probablement se vendre autour de 100, 150 $», commente un habitué. 

À qui la chance?

D'autres marchés à visiter

Finnegan's - Hudson 

On adore le charme campagnard, l'atmosphère funky et le côté anglo de ce joli marché champêtre, dans l'aimable village de Hudson. On y fait toujours de belles découvertes. 

Ouvert le samedi de 9 h à 16 h jusqu'à la fin d'octobre. 

Le Toit bleu - Saint-Félix-de-Valois

Dans la douce région de Lanaudière, une coquette enfilade de stands au toit bleu abrite des marchands de tout et de rien. Bonne humeur générale et gentilles trouvailles vintage au programme.

Ouvert les samedis et dimanches de 8 h à 17 h, jusqu'à la fin d'octobre. 

1300, chemin Barrette (route 131 Nord).

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