Charlevoix, entre randonnée et escalade

Via ferrata au parc national des Grands-Jardins.... (Photo Jean-Philippe Auger, collaboration spéciale)

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Via ferrata au parc national des Grands-Jardins.

Photo Jean-Philippe Auger, collaboration spéciale

Pas besoin d'être un as de l'escalade pour apprécier des points de vue vertigineux sur certains des plus beaux paysages du Québec. La via ferrata donne accès à un monde vertical à la fois magnifique et ludique.

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Des participants progressent sur le parcours de via ferrata le long de la falaise dans le parc des Grands-Jardins, dans Charlevoix.

Photo Jean-Philippe Auger, collaboration spéciale

La falaise a un petit air intimidant. Elle se dresse au-dessus du centre de services du Mont-du-Lac-des-Cygnes, dans le parc des Grands-Jardins, dans Charlevoix. Elle est équipée d'une via ferrata, soit un ensemble d'échelons et de câbles d'acier, mais pas question de s'y aventurer seul. Pour des questions de sécurité, il faut un pro.

Le guide spécialisé Jean-Philippe Auger accueille les participants à proximité du centre de services pour les équiper : un casque, un harnais avec des longes et des mousquetons, puis c'est le départ.

Il faut d'abord parcourir 2 km sur le chemin de randonnée du Mont-du-Lac-des-Cygnes avant de s'engager dans un sentier interdit aux simples randonneurs. Après avoir franchi une barrière, c'est le temps d'affronter un petit « mur-école ». Il faut apprendre le nom des différents éléments de la via ferrata : les échelons, les poignées, les marches, la ligne de vie (le câble de sécurité). Il faut aussi apprendre comment on détache et rattache les mousquetons lorsqu'on passe d'une section de câble à une autre. Puis, chaque participant s'élance sur le mur-école pour montrer qu'il a bien appris la leçon.

Le guide raconte que certains participants décident dès le mur-école que la via ferrata, ce n'est pas pour eux. Mais c'est quand même rare. Les participants sont plutôt impatients de s'attaquer à la véritable falaise, avec un véritable vide sous les pieds et un véritable superbe paysage à savourer.

Ils y arrivent enfin et ne sont pas déçus. Rapidement, ils prennent de l'altitude en grimpant des échelons et bientôt, ils sont au-dessus des arbres. Une très belle vallée glaciaire s'étend sous leurs pieds. En face, de l'autre côté de la vallée, la paroi du mont du Gros-Bras accueille les grimpeurs traditionnels.

Sur la via ferrata, d'un échelon à un autre, d'une marche à une autre, les participants progressent le long de la falaise.

L'exercice demeure vertigineux : en via ferrata, une marche, c'est une petite plaque de métal d'environ 10 cm de long sur 10 cm de large. Ça n'a rien à voir avec la marche d'un escalier.

Les gens qui font de l'escalade peuvent augmenter le niveau de difficulté, s'ils le désirent, en utilisant plutôt les prises naturelles sur la roche.

Il faut aussi franchir une portion de vide en marchant sur un madrier. Heureusement, ce n'est pas bien long.

Le test du pont de singe

Le gros test, c'est le pont de singe : un câble en bas pour poser les pieds, un câble en haut pour fixer ses mousquetons, et deux câbles de chaque côté pour s'agripper avec les mains.

« Ça fait sortir de sa zone de confort », commente Jean-Philippe Auger.

Les guides sont là pour aider justement ceux qui se sentent un brin dépassés.

M. Auger rappelle qu'il y a une différence entre le vertige, une condition qui entraîne des symptômes physiologiques et qui n'est vraiment pas indiquée pour la via ferrata, et la peur des hauteurs. Cette dernière peut être légère, et donc gérable avec l'aide des guides, ou plus carabinée.

La plupart des parcours de via ferrata ont des sections de difficultés différentes. C'est le cas de la via ferrata des Grands-Jardins. La Traversée est un parcours pour les débutants. Mais en plein milieu, on peut ajouter une variante intermédiaire, La Montée. Comme son nom l'indique, ce parcours comporte des échelons qui s'élèvent sur une paroi bien verticale, qui n'a pas beaucoup de prises naturelles à se mettre sous les doigts ou sous les pieds.

La récompense, c'est le joli plateau tout en haut où l'on peut se détacher de la ligne de vie, s'asseoir confortablement sur une pierre et déguster son goûter en contemplant le paysage. On voit bien le village de Saint-Urbain et, si le temps est clair, le fleuve Saint-Laurent.

Il faut toutefois redescendre pour rejoindre le parcours de La Traversée. Heureusement, la descente n'est pas aussi effrayante que ce qu'on avait pu imaginer. En fait, c'est plutôt amusant de voir les randonneurs tout en bas, sur le chemin de randonnée du Mont-du-Lac-des-Cygnes, le cou étiré pour observer les participants, et d'entendre leurs commentaires admiratifs (ou carrément terrifiés).

La dernière section de La Traversée ne pose pas de difficulté particulière et les participants arrivent (trop) rapidement à ce que le guide appelle « la section Pas-déjà » : la fin de la via ferrata.

Il faut maintenant rejoindre le chemin de randonnée de La Chouenne pour revenir au point de départ, soit deux autres kilomètres de marche. Ce qui fait de la petite balade en hauteur une activité très complète : un brin de cardio, beaucoup d'adrénaline.

Bon à savoir

Même si la via ferrata est une activité accessible, ce n'est pas pour tout le monde. Les gens qui souffrent de vertige ou qui ont peur des hauteurs doivent discuter de la question avec les guides avant de s'élancer sur le parcours.

Il faut mesurer au moins 1 m 30 (4 pi 2 po) pour être en mesure de bien s'agripper aux prises et à la ligne de vie. Il faut aussi peser moins de 100 kg (220 lb). Les enfants doivent avoir au moins 12 ou 14 ans, selon la difficulté du parcours.

On recommande des chaussures de sport fermées et lacées, avec une semelle rigide. Les chaussures et bottines de randonnée font parfaitement l'affaire.

Ceux qui ont les cheveux longs doivent les attacher pour qu'ils ne viennent pas nuire aux manoeuvres.

Dans un petit sac à dos, on peut transporter 1 ou 2 L d'eau, de la crème solaire, du chasse-moustiques, un coupe-vent, une collation ou un goûter et, bien sûr, un appareil photo.

Il est préférable de réserver sa place. Les prix varient selon la longueur et la difficulté du parcours. Par exemple, dans le parc des Grands-Jardins, La Traversée coûte 46 $ par adulte et La Montée, 74 $.

Lorsqu'on fait une via ferrata, on se voit remettre un passeport qui permet une économie de 5 $ pour une dizaine d'autres parcours de via ferrata au Québec.




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