Waterloo: miracle au manoir

Dix chambres sont réparties aux étages supérieurs du... (PHOTO FOURNIE PAR LE MANOIR MAPLEWOOD)

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Dix chambres sont réparties aux étages supérieurs du manoir: quatre suites, plus grandes et à la décoration plus soignée, et six plus modestes, mais tout aussi douillettes. La literie est de qualité et les chambres tranquilles.

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Un décor de cinéma: on ne peut s'empêcher de penser, en mettant le pied dans le manoir Maplewood, à Waterloo, dans les Cantons-de-l'Est, qu'il serait l'hôte parfait d'une belle saga historique comme Hollywood ou la BBC les réussissent parfois si bien. Les frises dorées aux plafonds - par ailleurs si hauts -, les foyers de marbre, les moulures en bois massif, les lustres... tout est là. Et on a bien du mal, surtout, à croire qu'il y a quelques années à peine, la demeure a bien failli être démolie.

Transformée en couvent à la fin du XIXe siècle, l'ancienne demeure du sénateur A.B. Foster, construite en 1865, a vécu des jours difficiles au cours des 20 dernières années, passant d'année en année aux mains de divers propriétaires qui ne lui ont pas toujours fourni les soins adéquats. La Ville de Waterloo a bien songé à s'en porter acquéreur pour sauver ce joyau historique, mais la facture salée (le simple coût des rénovations a été évalué à quelque 1,3 million par une firme indépendante) en a refroidi les ardeurs, si bien que quand un couple de Madelinots a annoncé son intention de passer devant le notaire, bien des soupirs de soulagement ont été poussés.

Mais peut-être, aussi, a-t-on pensé que Valérie Arseneau et Martin Bouchard étaient un peu fous... Quand ils ont acheté la maison, en 2012, elle était dans un piteux état: on y aurait alors plutôt imaginé la scène idéale pour un film d'horreur, avec ses galeries à moitié en ruine, ses plâtres en lambeaux, ses boiseries extérieures pourries. Le dernier étage, moins bien protégé des intempéries, était particulièrement amoché.

Le couple a mis plus d'un an et demi à lui redonner fière allure, veillant à en préserver le cachet historique: on a tendance à oublier, en traversant Waterloo aujourd'hui, que la ville a déjà connu des jours prospères à titre de plaque tournante du transport ferroviaire. Le sénateur Foster s'était payé un manoir bien luxueux, avec d'impressionnantes rosaces aux plafonds, de larges moulures de bois, des foyers en marbre rose, des vitraux, alouette, qui ont étonnamment bien survécu au passage des années.

Mais le couple a aussi su lui insuffler un vent de modernisme. On est loin des couettes-cafés un peu trop fleurs séchées et dentelles. Inspirés par les hôtels particuliers européens, les nouveaux propriétaires ont misé sur un style plus dépouillé, bon chic, bon genre. Le blanc et les teintes de beige ou de gris dominent le décor, à l'exception des frises dorées (et de quelques articles un peu clinquants, mais c'est un manoir, après tout!).

Les meubles sont, le plus souvent, recouverts en lin naturel. Il y a peu d'oeuvres d'art: on a plutôt, dans la salle à manger par exemple, accroché des cadres d'origine, sans toile ni photo à l'intérieur.

Dix chambres sont réparties aux étages supérieurs: quatre suites, plus grandes et à la décoration plus soignée, et six plus modestes, mais tout aussi douillettes. La literie est de qualité et les chambres, tranquilles.

Un salon confortable est ouvert aux visiteurs au rez-de-chaussée d'un côté, avec un foyer fonctionnel pour les nuits les plus fraîches; de l'autre, il y a une salle de lecture, aux bibliothèques bien garnies, et une salle de réunion pour les gens d'affaires. Il est possible de souper sur place, le soir, du jeudi au samedi (prévenir au moment de réserver, arrangements possibles pour les groupes en semaine): c'est alors Valérie qui assure en cuisine - elle a déjà tenu un restaurant aux Îles-de-la-Madeleine. «On fait comme aux Îles: on essaie à tout prix d'utiliser les produits de la région», dit-elle. Au petit-déjeuner, on aura d'ailleurs même droit au sirop d'érable de la maison, avec les érables de la cour. «On ne s'appelle pas le manoir Maplewood pour rien!», lance la sympathique propriétaire en riant.

Bien vu. Et surtout, bien vu d'avoir perçu dans cette demeure à l'abandon tout le potentiel qu'il avait à en tirer. Les propriétaires ont fait un coup double en préservant à la fois une demeure patrimoniale et en ajoutant une auberge de cette qualité à la (trop) courte liste d'établissements du genre au Québec.

Chambres à partir de 150$ pour deux personnes, petits-déjeuners inclus.

manoirmaplewood.com

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