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Les Français envahissent Londres

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Une librairie francophone sur la rue Bute dans le quartier South Kensington.

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Jacques Klopp
Agence France-Presse
Londres

Certains l'appellent «le XXIe arrondissement de Paris» ou la «sixième ville de France», mais si Londres attire tous les ans des milliers de Français, le fantasme d'une cité envahie par les «Froggies» est très exagéré.

«Mais il n'y a que des Français ici!» Ce commentaire, on l'entend souvent dans les rues de la capitale britannique, où on aurait l'impression parfois «de pas avoir quitté Paris» en descendant de l'Eurostar.

Que l'on se promène à Camden Market ou que l'on visite les musées de South Kensington et la «frog valley» (vallée des grenouilles), où pullulent les librairies et boulangeries françaises, le constat est implacable.

«Heureusement la France voyage, la France se déplace. Nous sommes un pays à vocation internationale», a lancé mardi le président François Hollande en inaugurant un deuxième lycée français à Londres, censé désengorger l'établissement historique de «South Ken», symbole de la vague tricolore.

Chefs d'entreprise ou étudiants, traders ou artistes, barmen ou footballeurs: il y a effectivement beaucoup de Français à Londres. Sauf qu'il est impossible de savoir exactement combien, puisque rien n'oblige un citoyen de l'Union européenne à s'enregistrer.

Quelque 120 000 Français sont inscrits comme résidents au Royaume-Uni. Le consulat considère que cela ne représente que 40 % du contingent réel, estimé à environ 300 000, dont les deux tiers habitent le grand Londres.

Cela place la capitale britannique aux alentours de la 50e place des agglomérations françaises. Soit l'équivalent de l'aire urbaine de La Rochelle. Loin de l'étiquette de «sixième ville française» brandie notamment par l'excentrique maire de Londres, Boris Johnson.

Avec environ 200 000 «Londoniens», la France est donc bien représentée mais ne fait finalement que naviguer dans les mêmes eaux que les autres grands pays européens.

L'Espagne et l'Allemagne, dont les consulats interrogés par l'AFP rencontrent les mêmes difficultés de chiffrage, estiment également à 300 000 le nombre de leurs citoyens au Royaume-Uni. Quelque 250 000 Italiens sont enregistrés mais leur ambassade table sur le double, dont «au moins 200 000 à Londres».

Toutes ces nationalités sont battues à plates coutures par... les Polonais (850 000 selon l'Office national des statistiques britannique). Le polonais est d'ailleurs la deuxième langue la plus parlée au Royaume-Uni derrière l'anglais.

L'impact du tourisme

Plutôt qu'un «arrondissement de Paris», Londres est d'abord une ville-monde, dont plus de trois des 8,5 millions d'habitants sont nés à l'étranger, selon une récente étude de l'Université d'Oxford.

Si on entend autant parler le français, c'est aussi à cause du tourisme. Proximité aidant, les Français sont, année après année, les plus nombreux à visiter la capitale: 2 millions en 2014 devant les Américains et les Allemands. «Et ils circulent beaucoup», souligne Olivier Cadic, sénateur (UDI) des Français établis hors de France, installé depuis 1996 au Royaume-Uni.

Ceux qui posent leurs valises sont d'abord des jeunes: 26 % ont moins de 18 ans et 40 % entre 18 et 40 ans. Ils viennent étudier (25 000 étudiants), travailler dans la restauration, le marketing, le commerce et bien sûr la finance, Londres étant la principale place financière au monde avec New York.

La proximité géographique, la langue, un marché du travail dynamique et un chômage faible (5,6 % contre 10,4 % en France en juillet selon Eurostat) font office d'aimant.

La fiscalité sur les sociétés est également plus intéressante (20 % sur les bénéfices, 33,33 % en France).

L'impôt sur le revenu en revanche n'encourage pas à l'exil fiscal avec des barèmes proches de la France.

Souvent évoqué, l'afflux massif de Français à Londres depuis 2012 ne s'est d'ailleurs pas matérialisé dans les chiffres. Il y a eu 7600 radiations du registre du consulat en 2013 pour 7800 nouvelles inscriptions. Depuis décembre, il y a même eu légèrement plus de départs que d'arrivées.

Dirigeant d'entreprise, Olivier Cadic constate toutefois «une poussée assez forte d'arrivées à Londres depuis 2011, qui me rappelle la période entre 1996 et 1999, avec les mêmes causes: un certain désarroi, une période de blues».

Mais le Français continue à s'expatrier moins que ses voisins. Ceux qui partent au Royaume-Uni restent en moyenne six ans. Selon le consulat, «plus des trois quarts regagnent ensuite la France». Où vivent plus de 400 000 Britanniques.

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