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Londres, la savoureuse

Good and Proper Tea... (Photo François Roy, La Presse)

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Good and Proper Tea

Photo François Roy, La Presse

Au-delà des currys bon marché et des grandes tables super étoilées, où est la gastronomie créative et accessible de Londres? La suite de notre visite gourmande en 12 temps.

Beau, bon, pas cher

Koya Bar

Si j'habitais Londres, je passerais beaucoup de temps dans ce bar d'inspiration japonaise, petit frère du Koya, bistrot de la porte d'à côté, reconnu pour sa cuisine nippone moderne et éclatée, remplie de produits frais à prix raisonnables. Ce troquet japonais n'est pas un lieu pour faire une demande en mariage, mais pour un repas rapide avant ou après le cinéma, pour un petit-déjeuner costaud après une soirée bien arrosée ou tout simplement pour se poser pour un lunch tardif, paresseusement. Ici, on se spécialise dans la nouille et le congee - porridge de riz chinois - qu'on réinvente avec panache, tout en respectant les règles de l'art. Une de mes créations préférées? Le plat de nouilles udon - nouilles japonaises costaudes qui glissent dans la bouche - agrémentées de bacon et d'un oeuf sur le plat. De la cuisine fusion adorable. J'aime aussi le thé, l'accueil, surtout hors des heures de pointe. J'aime le fait que des saveurs marquées, précises, de la cuisine techniquement simple mais bien faite soient si accessibles et abordables. Pour foodies exigeants qui aiment le rudimentaire et le fondamental.

50, rue Frith, Westminster

koyabar.co.uk

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Viet Grill

Pourquoi aller chez un Vietnamien à Londres? Parce que cette cuisine indochinoise, marquée par des influences françaises, est beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut croire si on commande toujours les mêmes soupes phô. Il y a des grillades, des plats en sauce, du piquant, du sucré, beaucoup de légumes et une gamme très variée de parfums. Poulet au piment et à la citronnelle, ventre de cochon au lait de coco caramélisé, curry de crabe aux arachides... Voilà le genre de plats que l'on rencontre rarement dans les restaurants vietnamiens du Québec, mais qui sont servis au Viet Grill, adresse accessible et abordable du quartier Shoreditch. Ici, tout est savoureux et on a envie de tout essayer. Mieux vaut y aller à plusieurs pour pouvoir partager. L'atmosphère est vivante grâce aux tables remplies pour la plupart de nombreux convives venus s'éclater entre amis. Un resto bon et pas cher, dont la déco, simple mais joliment feuillue, a en plus la qualité de ne pas être du tout déprimante. Joyeusement décoiffant.

58, chemin Kingsland, Hackney

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Good and Proper Tea

J'avais oublié à quel point j'aimais le Earl Grey et le thé au jasmin, le genmaicha (thé vert au riz grillé japonais) et le darjeeling au sucre et au citron. Pas étonnant, donc, que j'aie eu un gros coup de coeur pour cette popote roulante installée dans une vieille camionnette Volkswagen qui, au lieu de vendre des sandwichs de porc effiloché ou des frites mayo, propose «une tasse de thé bien comme il faut». Je l'ai attrapée à la sortie de la station King's Cross, au début de King's Boulevard, où se trouvent plusieurs autres cantines ambulantes. Ce jour-là, on servait un «second flush» de Darjeeling, du thé en feuilles et non en sachets, de provenances minutieusement choisies, qu'on prépare devant vous. Quand le temps est frisquet, le cérémonial de la tasse chaude, en plein air, est divin. On accompagne le tout d'une «crumpet» grillée avec beurre et confiture. Ou d'un morceau de gâteau maison, frais. Génial. On en veut aussi à Montréal.

À la sortie de la gare de King's Cross, sur King's Boulevard

Pour trouver la cantine: facebook.com/goodandpropertea

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Pour le grand soir

Merchants Tavern

Malgré tout ce qu'on dit et redit sur les hauts et les bas de Shoreditch, capitale ou non de la bo-bo attitude mondiale, il reste qu'on y trouve encore de bons restaurants, de bons cafés et de bons bars. Merchants Tavern, dernière aventure de la grande chef britannique Angela Hartnett, fait partie de ces adresses qui finissent par nous séduire, même si on aimerait n'aimer que de petits troquets inédits. Ici, la déco compte pour beaucoup. On a l'impression de plonger dans un club du siècle dernier, où cigarettes et whisky auraient régné sans partage dans la salle à manger à l'éclairage tamisé et aux vastes banquettes de cuir, ou au bar. La cuisine est sérieuse, réinterprète les classiques anglais avec panache. Cailles rôties et foie gras, ventrèche de porc grillée et fondant de courge, chevreau confit aux épinards... Mon plat préféré ? Une tarte au miel avec glace au whisky absolument sublime. And so british.

36, chemin Charlotte, Hackney

merchantstavern.co.uk

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St. John

Voilà une vénérable institution fondée il y a bientôt 20 ans par Fergus Henderson, Jon Spiteri et Trevor Gulliver. À Londres, l'arrivée de cette table iconoclaste a brouillé les cartes, changé la donne en mettant en vedette une façon de cuisiner robuste et ancrée dans les traditions qui s'est avérée résolument moderne. Même si, traditionnellement, toutes les cultures européennes ont toujours utilisé toutes les parties des animaux de boucherie, St. John a remis ces recettes au premier plan, ancrant la démarche dans son époque. Manger du «nose to tail» (du museau à la queue) devenait un geste presque politique, anti-industriel. Moelle, coeur, queue, cou, gibiers du moment - il y avait de la bécasse au menu à mon passage et parfois l'écureuil est en saison... Aujourd'hui, tout cela est partout dans les restos du monde. Il y a 20 ans, c'était révolutionnaire. Certains diront que l'autre St. John, le Bread and Wine du quartier Spitalfields, petit frère du premier, offre une cuisine plus soignée. On peut essayer les deux et choisir. Quoi qu'il en soit, on essaie l'os à moelle et la salade au persil, les légumes de saison, même le pain et le beurre valent le détour.

26, rue St. John, Islington

stjohngroup.uk.com

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Sager + Wilde

Ce petit bar à vin ouvert l'automne dernier, dans une rue un peu à l'écart du brouhaha du quartier Shoreditch, propose des vins triés sur le volet par le couple propriétaire, Michael Sager et Charlotte Wilde. Ici, on ne voue pas de culte aux vins naturels, explique Sager, on propose plutôt de bons crus préparés par des artisans sérieux, peu importe leur philosophie de vinification. La maison offre des bouchées pour imbiber le tout, notamment de petits sandwichs, du fromage et des charcuteries. On n'y va pas pour un repas complexe, mais c'est l'endroit parfait pour l'apéro ou pour terminer une soirée après le théâtre ou le cinéma. Pour amateurs de bons crus et d'atmosphères londoniennes inspirantes.

193, chemin Hackney, Hackney

sagerandwilde.com

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