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L'Oude Kerk, céleste voisine du Red Light

Le jour de notre passage, alors que les... (Photo André Duchesne, La Presse)

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Le jour de notre passage, alors que les visiteurs se comptaient sur les doigts de la main, des chants grégoriens diffusés en sourdine et des pétales de fleurs séchés dispersés un peu partout sur le sol ajoutaient encore plus de majesté et de solennité au lieu.

Photo André Duchesne, La Presse

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À deux pas, littéralement, du célèbre Quartier rouge d'Amsterdam s'élève un joyau religieux, architectural et historique où le visiteur, à défaut d'aller se confesser de tout ce qu'il vient de voir dehors, restera béat d'admiration.

L'Oude Kerk (vieille église, en néerlandais) de la capitale des Pays-Bas est non seulement le plus vieux bâtiment de la ville, mais aussi un endroit où il faut sans faute mettre les pieds.

Rarement a-t-on visité lieu aussi propice au recueillement que cet édifice au volume gigantesque, à la voûte si haut perchée qu'on dirait le ciel, au mobilier de bois suranné, aux vitraux vertigineux et à la patine plusieurs fois centenaire des lourdes dalles rectangulaires du sol qui sont en fait des... pierres tombales!

Le jour de notre passage, alors que les visiteurs se comptaient sur les doigts de la main, des chants grégoriens diffusés en sourdine et des pétales de fleurs séchés dispersés un peu partout sur le sol ajoutaient encore plus de majesté et de solennité au lieu. Sous le charme, nous nous y sommes longuement promenés.

Prenant la place d'une ancienne chapelle de bois érigée au même endroit, sur les berges de la rivière Amstel, cette église de pierre est consacrée en 1306. Ses constructeurs la dédient à saint Nicolas, patron des pêcheurs.

C'est alors une église catholique. Ce qu'elle demeurera durant plus de 250 ans.

D'un bâtiment très simple à ses premières décennies, l'Oude Kerk s'agrandit plusieurs fois avec l'élargissement des nefs, l'ajout d'un transept lui donnant sa forme actuelle d'une croix et de décorations iconiques (statues, retables, stalles, etc.).

Arrivent l'an 1566 et la Révolte iconoclaste au cours de laquelle les adeptes du calvinisme saccagent les églises et les dépouillent de tout ce qui s'appelle icônes ou images saintes qu'on estime être d'inutiles objets païens. L'Oude Kerk n'échappe pas à cette vague et, en 1578, on en retire pratiquement tous les tableaux, statues, reliques, etc. Seules les grandes fresques peintes au plafond sont préservées parce qu'inaccessibles. Elles sont un peu fatiguées par le passage du temps, mais valent largement le coup d'oeil.

L'an 1578 marque aussi le moment où l'endroit devient de confession calviniste, ce qu'il est encore aujourd'hui.

L’Oude Kerk sert aujourd’hui de lieu tant de... (Photo Thinkstock) - image 2.0

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L’Oude Kerk sert aujourd’hui de lieu tant de mariages que de concerts, l’église possédant des orgues majestueux.

Photo Thinkstock

Un cimetière

L'Oude Kerk est aussi un cimetière. Selon le grand dépliant rouge offert à l'entrée, le sol de l'église est constitué de quelque 2500 pierres tombales abritant 12 000 tombeaux.

Durant plusieurs siècles, jusqu'à la fin de 1865, les habitants d'Amsterdam pouvaient y être inhumés. La pratique fut évidemment arrêtée pour des raisons sanitaires.

Plusieurs célébrités néerlandaises auront toutefois eu le temps, si on peut s'exprimer ainsi, de trouver une place pour l'éternité sous les pierres. C'est le cas de Saskia Uylen, épouse du peintre Rembrandt, de Kiliaen van Rensselaer, diamantaire et l'un des colonisateurs de la Nouvelle-Néerlande en Amérique, de Jan Pieterszoon Sweelinck, célèbre compositeur, et d'une panoplie de marchands, administrateurs et commerçants.

Rachetée par la ville en 1955, l'Oude Kerk a fait l'objet de longues rénovations, récemment terminées, et sert aujourd'hui de lieu tant de mariages que de concerts (l'église possède des orgues majestueuses), d'expositions et de plusieurs autres activités annuelles.

Mais aller simplement s'y promener demeure une expérience singulière, presque céleste.

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