Recherche Voyage

Le monte-charge aux fauves revit au Colisée de Rome

La danseuse Sonia Bracalenti se prépare à sortir... (PHOTO GREGORIO BORGIA, AP)

Agrandir

La danseuse Sonia Bracalenti se prépare à sortir du monte-charge lors d'une présentation spéciale, le 5 juin.

PHOTO GREGORIO BORGIA, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Laure BRUMONT
Agence France-Presse
Rome

Le Colisée de Rome s'est doté d'une nouvelle attraction touristique et historique: un monte-charge destiné à hisser les fauves dans l'arène, semblable à ceux utilisés dans l'Antiquité, grâce aux subsides d'une maison de production de films américaine.

Dans les souterrains du plus grand amphithéâtre jamais construit sous l'Empire romain (188 mètres sur 156 pour une hauteur de 48,5 mètres), le monte-charge en bois fait figure de machine à remonter le temps.

«L'origine de ce projet unique au monde est venue d'une rencontre avec le réalisateur Gary Glassman» en 2013, explique à l'AFP la directrice du site, Rossella Rea.

Avec la société de production américaine Providence Pictures, il veut réaliser un documentaire sur l'amphithéâtre Flavien, intitulé Colosseum-Roman death trap.

Mais contrairement à tous les autres films sur le monument, celui-ci comporte un projet «très intéressant»: celui de montrer comment fonctionnait la «machine scénique» de l'amphithéâtre, en reconstruisant les sortes d'ascenseurs à bras qui faisaient monter les fauves des souterrains à la lumière du jour.

Au lieu d'aider le réalisateur à construire une machinerie qui serait «détruite après le tournage», Mme Rea lui propose d'en créer une pérenne qui servirait ensuite d'attraction touristique, ce qui est accepté.

Au Colisée, explique le surintendant des Biens culturels de Rome Francesco Prosperetti, les citoyens venaient admirer un «spectacle total», avec fauves et gladiateurs, jusqu'aux naumachies, ces batailles navales reconstituées grâce à un ingénieux système transformant l'arène en lac artificiel.

«Émerveiller pour le bien de l'empire»

«Et il fallait les émerveiller, pour le bien de l'empire», qui organisait jusqu'à 120 jours de festivités par an, d'où la construction de 28 monte-charges, invisibles du public et situés dans les sous-sols du Colisée.

Chacun était manipulé par huit esclaves, poussant par groupe de quatre deux roues actionnant un treuil, dont le mouvement par le biais de cordes faisait élever le monte-charge jusqu'à un plan incliné s'ouvrant directement sur le sable de l'arène.

Ce qui sortait alors du monte-charge, explique à l'AFP l'ingénieur Heinz Beste, de l'Institut archéologique allemand, pouvait être une danseuse, comme vendredi lors de la présentation à la presse, un lion ou... une poule, «l'idée étant d'offrir au public toujours plus de nouveauté, de surprise».

Lions, ours, loups, mais aussi sangliers et antilopes, étaient conduits ainsi à la surface où ils servaient de proies aux gladiateurs ou dévoraient les condamnés à mort.

La cage, mesurant 180 cm sur 140, s'élevait sur près de 7 mètres. Les esclaves actionnant le système pouvaient soulever une charge d'environ 300 kg, s'ajoutant au poids de la cage elle-même de l'ordre de 500 kg.

Ces monte-charges ont servi de l'époque de Domitien (81-96 apr. J.-C.) jusqu'au grand incendie de 217, précise Mme Rea.

La construction du monte-charge selon des plans antiques, un modèle «d'archéologie expérimentale» selon Francesco Prosperetti, a duré environ quinze mois et a coûté à Providence Pictures quelque 200 000 euros (plus de 275 000 dollars).

«Le projet était incroyable: il nous fallait montrer en images comment le génie romain a pu mettre en scène des spectacles aussi sanglants, aussi violents», a confié M. Glassman, dont le film est sorti en février aux États-Unis.

Ce monte-charge sera désormais inclus dans les circuits touristiques de l'amphithéâtre.

Le nombre de visiteurs du Colisée, dont la construction s'est achevée en 80 apr. J.-C. sous Titus, est passé en une dizaine d'années d'un million à environ six millions par an, entre autres grâce au succès du film Gladiator de Ridley Scott (2000).

Il est en cours de restauration depuis septembre 2013 grâce à un financement de 25 millions d'euros offert par Diego della Valle, le patron des chaussures de luxe Tod's.

Ces travaux devraient s'achever au printemps 2016.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Voyage

Tous les plus populaires de la section Voyage
sur Lapresse.ca
»

publicité

Destinations

Asie Europe Afrique Amérique latine Océanie États-unis Canada Québec

publicité

Autres contenus populaires

image title
Fermer