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Milan à table pour une Exposition universelle dédiée à l'alimentation

Depuis des mois, les ouvriers se relaient sur... (PHOTO GIUSEPPE CACACE, AFP)

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Depuis des mois, les ouvriers se relaient sur le site 20, voire 24 heures par jour pour tenter d'achever les travaux avant le 1er mai. Sur la photo : le pavillon italien.

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Amélie HERENSTEIN
Agence France-Presse
MILAN

L'Exposition universelle de Milan ouvre vendredi ses portes après une gestation difficile et assombrie par des scandales de corruption, mais entend tirer parti à fond d'une thématique taillée sur mesure pour le pays de la dolce vita, l'alimentation.

L'Expo espère attirer pas moins de 20 millions de visiteurs en terre lombarde entre la cérémonie d'ouverture vendredi 1er mai et le 31 octobre. La classe dirigeante espère qu'un succès contribuera à dissiper un peu l'humeur cafardeuse de l'Italie, toujours en panne de croissance et d'emploi.

«L'attente de l'Expo grandit. Cela peut plaire ou non, mais après des années d'immobilisme, l'Italie s'est remise à courir», a écrit mercredi le chef du gouvernement, Matteo Renzi, sur sa page Facebook.

Six mois durant, public et experts exploreront le thème «Nourrir la planète, énergie pour la vie» sur un million de m2. Le site, en périphérie de Milan, accueillera quelque 80 pavillons à l'architecture plus ou moins excentrique: une cinquantaine pour les pays individuels, 9 bâtiments dits «clusters» dédiés à des produits comme le café ou le riz, et d'autres abritant des entreprises ou et des organisations de la société civile.

Sont prévus sur le site de nombreux animations et spectacles, notamment du Cirque du Soleil, ainsi que des aires de jeux afin de séduire un public avant tout familial et en quête de divertissement. Le prix d'un billet individuel s'échelonne entre 27 et 39 euros, réduit pour les groupes et les familles. Neuf millions environ ont déjà été vendus. L'Italie espère des retombées de 10 milliards d'euros, dont 5 pour le tourisme.

Née dans la douleur

Cette Exposition universelle n'aura sans doute pas grand-chose en commun avec la précédente édition accueillie par Milan en 1906. Un siècle et beaucoup de nouvelles technologies plus tard, le concept n'en est pas pour autant obsolète, estime Davide Chiaroni, professeur de stratégie financière à l'université Politecnico de Milan.

«Je crois qu'un des aspects intéressants est le choix d'un thème qui ne passe pas bien sur le net. Pour goûter, trouver l'émotion de la nourriture, il faut être physiquement là. Ce n'est pas encore possible de le faire virtuellement».

La naissance d'Expo se sera cependant faite dans la douleur: ce chantier de 2,5 milliards d'euros, paradoxalement construit sur des terres agricoles, a souffert d'une série de retentissants scandales de corruption qui, de l'avis même du commissaire de l'Expo Giuseppe Sala, lui ont porté «un coup terrible en termes d'image».

Le gouvernement s'est vu contraint de mettre sur pied une «super-autorité» de lutte contre la corruption, placée sous l'autorité d'un magistrat, et a requis l'aide de l'OCDE.

Ces écueils ont à leur tour considérablement retardé le chantier, en particulier le pavillon italien. Depuis des mois, les ouvriers se relaient sur le site 20, voire 24 heures par jour pour tenter d'achever les travaux avant le 1er mai.

«Nous en sommes aux finitions, aux aménagements», a assuré mercredi M. Sala à l'AFP. «Il manquera peut-être un ou deux pavillons, mais la course est lancée, personne ne veut être celui qui n'arrivera pas à ouvrir» à temps.

La logistique elle-même est considérable avec 150 restaurants dans l'enceinte, qui devront préparer un total de 27 millions de plats. Des pics de 250 000 personnes par jour sont attendus. La sécurité sera «de type aéroport» avec un haut grillage de protection et des caméras de surveillance.

Contradictions de fond

Mais l'Expo, dont l'ouverture coïncide avec une vague sans précédent d'arrivées de migrants sur les côtes italiennes dans des conditions souvent dramatiques, est aussi attaquée sur les contradictions de son message de fond, illustrées par la large participation à l'événement de multinationales de l'agroalimentaire (Coca Cola, qui aura son pavillon, ou McDonald's, commanditaire officiel).

Pour Carlo Petrini, fondateur du mouvement écologiste et gastronome Slow Food, l'Expo risque de ressembler davantage à «une belle kermesse» qu'à un lieu de débat sur les difficiles problématiques liées à l'agriculture et à l'alimentation dans le monde.

«Les nouvelles technologies informatiques nous permettent d'avoir tout ce que nous voulons. Ce qui manque est un rapport de relation, de politique, de culture, d'engagement», déplore-t-il. Slow Food a malgré ces réserves décidé de participer à l'Expo où elle défendra la biodiversité dans un petit pavillon.

Le mouvement citoyen No Expo, né en 2007 en même temps que la candidature de la ville, annonce pour sa part quatre journées d'action au moment de l'inauguration dont un grand défilé le 1er mai, pour dénoncer «le travail gratuit, la consommation de sol, la corruption, et la relation toxique construite autour de l'alimentation transformée en marchandise», selon un de ses militants, Luca, 48 ans.

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