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Bordeaux a le goût du Québec

Le décor du restaurant Au Nouveau Monde... (Photo fournie par Étienne Charest)

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Le décor du restaurant Au Nouveau Monde

Photo fournie par Étienne Charest

C'est la dernière chose qu'on se serait attendus  à trouver à Bordeaux. Du bon vin, d'accord. Des huîtres, du foie gras, du magret de canard, un peu de bouffe espagnole. Ou turque, à la rigueur. Mais des restos québécois qui servent de la poutine?

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Le propriétaire du restaurant Au Nouveau Monde, Étienne Charest

Photo fournie par Étienne Charest

C'est pourtant le cas, mesdames et messieurs. Si Paris peut se vanter d'abriter le seul restaurant exclusivement consacré à la poutine de France (la Maison de la poutine, ouverte en décembre), la capitale de l'Aquitaine détient probablement le titre de ville-française-comptant-le-plus-de-places-à-poutine avec non pas un, ni deux, mais bien trois établissements spécialisés en gastronomie québécoise!

On pourrait croire - non sans raison - que l'offre dépasse ici la demande. Et de loin. Mais les principaux intéressés jurent que leurs affaires vont bien, ce qu'on aurait tendance à confirmer après avoir visité les lieux.

Très tendance

Ouverte depuis deux ans, La brasserie Au Nouveau Monde fait salle comble chaque soir. Ce «broue pub», situé en plein quartier hip du centre-ville, joue sur une fourchette de concepts très tendance, en ne servant que du bio et en brassant sa propre bière, en plus de proposer des burgers véganes. Quant aux poutines, elles viennent en une demi-douzaine de variétés (dont la Bordelaise, au vin et aux échalotes!) avec sauce maison et cubes de tomme de vache fraîche.

Son patron, Étienne Charest, 38 ans, pensait devenir prof de sociologie. Mais après avoir vécu quelques années en Allemagne, il a choisi de s'établir à Bordeaux pour ouvrir son commerce. Parfaitement inscrit dans l'air du temps, il n'a jamais douté de ses chances de réussir. Car le Québec, comme la bière artisanale et les produits bios, a plus que jamais la cote dans l'Hexagone.

«À cause du mélange d'ambiances, je ne voyais pas ça comme un risque, dit-il. Beaucoup de Français vont au Québec. Ils veulent retrouver ici l'expérience de la poutine. Pour ce qui est des microbrasseries et du bio, il ne fait aucun doute que la vague monte. Avec Au Nouveau Monde, je pouvais rassembler l'éthique et l'économique.»

Marc Dorion, devant le P'tit Québec Café, ouvert... (PHOTO JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE, LA PRESSE) - image 2.0

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Marc Dorion, devant le P'tit Québec Café, ouvert en 2010 à Bordeaux

PHOTO JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE, LA PRESSE

Merci Notre-Dame de Paris

C'était peut-être plus risqué pour Marc Dorion, qui a ouvert son premier Québec Café il y a 15 ans, à Pessac, en banlieue de Bordeaux, bien avant que le Québec ne soit à la mode.

Après avoir monté une chaîne de restaurants méditerranéens, ce «self-made businessman» de 52 ans, originaire de Gatineau, sentait que le marché français était mûr pour des produits québécois. 

«C'est comme ça depuis le spectacle  Notre-Dame de Paris, croit Marc Dorion. Quand je suis arrivé en France il y a 30 ans, on m'écoutait à peine quand j'ouvrais la bouche. Aujourd'hui, l'accent québécois est associé à un schéma de réussite.»

Son intuition était bonne. Le succès de son premier restaurant lui a permis de se rapprocher du centre-ville. Il exploite depuis 2010 une autre adresse, le P'tit Québec Café, sur une petite place entre un salon de coiffure et une boulangerie. Plus excentré qu'Au Nouveau Monde, mais facilement accessible par tramway, son resto est surtout fréquenté par les «locaux» et des employés de l'hôpital adjacent, qui viennent se gaver dans un décor de bar sportif, où trônent des raquettes, un chandail de hockey et un authentique panneau de la 20. 

Quand on lui demande s'il voit Au Nouveau Monde comme un concurrent direct, sa réponse est nette: «Nous n'avons ni le même territoire ni le même concept. Il est dans le bio, je suis dans le plus commercial.» Ce qui ne l'empêche pas, précise-t-il, de fabriquer sa propre sauce à poutine et d'utiliser du fromage au lait cru de vache de Savoie. 

Avec sa blonde Griselde De la Haye, ancienne championne de volleyball devenue thérapeute, il vient par ailleurs de créer une nouvelle gamme de bières artisanales aux noms «keb» bien appuyés (Ô phok, Ô Cris, Ô Tabarnac) fabriquées pour lui par la microbrasserie Schoune, de Saint-Polycarpe, au Québec. Un pas de plus vers le développement de son concept.

Jusqu'à la Nouvelle-France

Le plus étonnant est que l'intérêt de Bordeaux pour la Belle Province ne s'arrête pas à la cuisine. Outre le fait que la capitale de l'Aquitaine soit officiellement jumelée à la ville de Québec, rappelons que son maire, Alain Juppé, a vécu à Montréal pendant un an - pour se faire oublier des Français, mais cela est une autre histoire... 

Cerise sur le gâteau: une visite «Bordeaux et la Nouvelle-France» est également offerte sur le site de Tourisme Bordeaux, où l'on suit les traces des aventuriers qui sont partis de Bordeaux pour explorer le Québec d'avant la conquête britannique. 

Drôle de retour des choses. C'est aujourd'hui du Québec que l'on vient pour explorer le marché français. L'Histoire est pleine de surprises.




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