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Un mur pare-balles pour la dame de fer

Des clôtures de métal ceinturent depuis deux ans le... (photo Pascal Rossignol, reuters)

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Des clôtures de métal ceinturent depuis deux ans le monument le plus emblématique de Paris, en raison de la menace terroriste. Elles devraient être remplacées par une paroi de verre de 3 mètres de haut d'ici mai 2018.

photo Pascal Rossignol, reuters

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(PARIS) « Un mur pare-balles ? Ah bon ? »

Steve Kohr, Américain du New Jersey, nous regarde interloqué, alors qu'il s'apprête à monter dans la tour Eiffel.

D'ici un an, à l'endroit exact où il se trouve, s'élèvera une paroi de verre de 3 mètres de haut destinée à protéger les touristes des attentats à l'AK-47 et à la voiture-bélier. Les travaux, commencés la semaine dernière, doivent durer jusqu'en mai 2018.

« C'est dommage qu'on en soit rendu là, ajoute Steve, une fois informé. Mais si c'est pour nous protéger, on ne va quand même pas se plaindre. »

Alors que la menace terroriste est toujours très élevée en France, comme en témoignent les attaques récentes au Louvre et sur les Champs-Élysées, il était temps de trouver une solution permanente aux clôtures de métal temporaires - affreuses et peu résistantes - qui ceinturent depuis deux ans le monument le plus emblématique de Paris.

Ce mur pare-balles, transparent, sera donc érigé le long de la Seine et du Champ-de-Mars, histoire de prévenir les attaques venant de la rue. Le point d'entrée actuel sera condamné. Les visiteurs accéderont désormais à la « dame de fer » par les entrées latérales.

« Ce sera plus sécuritaire, mais aussi plus esthétique », se réjouit une policière à vélo, abordée à l'ombre de la tour, en pointant la clôture actuelle d'un air horrifié.

Que des bienfaits ? Pas certain.

Les Parisiens, eux, ne voient pas tous d'un bon oeil ce nouveau dispositif demandé par la préfecture de police. Sous le hashtag #parisnestplusunefete, certains ont exprimé leur mécontentement sur Twitter, déplorant notamment la « victoire de l'obscurantisme » et la tristesse de voir un « musée en état de siège ».

D'autres se sont aussi inquiétés des possibles dégradations, affirmant que si le mur protégera des balles, il ne pourra résister aux « rayures, graffitis, chewing-gums » et autres « affiches déchirées ».

Restent enfin tous ces vendeurs à la sauvette, d'origine africaine, qui proposent des tours Eiffel en plastique aux touristes. Celui que nous avons abordé ne semblait pas du tout rassuré.

« On ne sait pas à quoi ça ressemblera, mais on a peur qu'après, on n'aura plus d'espace pour travailler. »

- Hadi Bongo, qui vend sa marchandise aux abords de la tour Eiffel

À noter que le site restera ouvert pendant toute la durée du chantier. Cette « opération protection » sera suivie d'une campagne de rénovation (peinture et ascenseurs) qui devrait, pour sa part, durer cinq ans. Le tout à un coût de 20 à 30 millions d'euros, selon les sources.

Beaucoup de sous pour rien ? C'est ce que croit Mark, touriste néo-zélandais, qui préfère taire son nom de famille, rencontré lui aussi devant la tour Eiffel.

« Je ne connais pas la réalité sur le terrain, dit-il. Mais il me semble que ce n'est pas un mur qui arrêtera les terroristes.

« S'ils ne peuvent venir ici, ils iront ailleurs, c'est tout. »

ET LA TOUR MONTPARNASSE

Une autre tour parisienne fait aussi parler d'elle. Point de repère pour les uns, furoncle urbain pour les autres, la tour Montparnasse subira bientôt une cure de jeunesse.

Le projet, dévoilé cette semaine, prévoit que l'édifice de 210 mètres et 58 étages passera du noir au transparent, abritera un hôtel, des jardins intérieurs et gagnera 18 mètres de hauteur pour accueillir un étage d'agriculture biologique.

Construite en 1973, la tour Montparnasse n'a jamais su conquérir le coeur des Français. Cette métamorphose lui permettra peut-être de trouver sa place dans le paysage parisien.

Les travaux, d'une valeur de 300 millions d'euros, devraient être terminés pour les Jeux olympiques de Paris, en 2024.

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