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Musée de l'homme: hommage à la diversité humaine

Il faudra dorénavant inscrire le Musée de l'homme dans la liste des... (PHOTO REUTERS)

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(Paris) Il faudra dorénavant inscrire le Musée de l'homme dans la liste des incontournables musées à visiter à Paris. Inauguré officiellement par le président François Hollande le 15 octobre, après plus de six ans de travaux, le Musée de l'homme tente de répondre à trois questions fondamentales: qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous? Aussi instructif qu'émouvant.

Pendant le week-end du 17 octobre, les Parisiens ont pris d'assaut leur «nouveau» Musée de l'homme, complètement rénové et réinventé. Trois jours d'entrée gratuite pour souligner cette réouverture, après plus de six ans de travaux qui ont coûté environ 95 millions d'euros. La file d'attente, d'une durée d'une heure environ, s'allongeait devant le palais de Chaillot, sur la place du Trocadéro, où est situé le musée, affilié au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Plus de 6500 personnes ont profité de cette gratuité pour la seule journée de samedi. Fondé en 1938, le musée recevait environ 150 000 personnes par année avant sa rénovation. On espère en accueillir 400 000 par année dans sa nouvelle version.

Ce qui frappe d'abord dès l'entrée, c'est l'architecture épurée, avec d'immenses fenêtres qui offrent une vue spectaculaire sur Paris et la tour Eiffel. Ensuite, dans les trois salles d'exposition, c'est l'aventure humaine dans toute sa splendeur et aussi ses misères. Plus de 700 000 objets pour la préhistoire seulement sont présentés - crânes, fossiles, silex, sculptures, notamment la dodue Vénus de Lespugue, en ivoire de mammouth!

Mais aussi, des objets qui témoignent de la curiosité scientifique de l'être humain pour lui-même et de l'évolution de la recherche. Une impressionnante installation montre 90 bustes en bronze ou en plâtre, des moulages qui ont été faits par des chercheurs du XIXe siècle sur des populations autochtones de trois continents. Plus de 30 000 ensembles d'anthropologie, spécimens et représentations du corps humain, ainsi que 6000 objets «illustrant l'appropriation de la nature par les sociétés humaines» complètent les collections. Fait à noter, le musée conserve sa vocation de laboratoire puisque 150 chercheurs y sont en résidence.

Tourné vers l'avenir

Le Musée de l'homme, s'il s'intéresse à notre passé, est résolument tourné vers l'avenir, non seulement dans ses thèmes, mais aussi dans sa scénographie. Beaucoup d'installations sont interactives et remportent un immense succès, surtout auprès des enfants. On peut serrer la main d'un chimpanzé, d'un homme de Néandertal ou d'un Homo sapiens. Entendre les langues du monde... en tirant sur des langues artificielles! Voir son visage se transformer en néandertalien sur écran. Monter dans un car de Dakar et visiter la ville. Les sens sont mis en éveil, puisqu'on peut toucher des objets, sentir des odeurs (celui d'un feu de la préhistoire, par exemple), entendre, voir...

Ce qui émeut au Musée de l'homme est cette impression, malgré toute la diversité humaine révélée dans son évolution, son histoire et ses cultures, d'un destin commun, celui d'une seule espèce, très fragile. Un grand écran montre une animation des grandes migrations humaines et des rencontres (pour ne pas dire les chocs) de civilisations, tandis que d'autres installations dévoilent notre influence sur l'agriculture ou l'impact de nos modes de vie sur une planète aux ressources limitées. Où allons-nous? La question de la dernière partie de l'exposition est pertinente, surtout à la veille de la Conférence sur le climat à Paris. Les visiteurs sont invités à enregistrer une réponse à cette angoissante interrogation dans une cabine, et un mur d'écrans, inspiré des vidéos du projet «7 milliards d'hommes» du documentariste Yann Arthus Bertrand, réunira les réflexions des humains qui seront passés au Musée de l'homme, les transformant, en quelque sorte, en objet d'étude eux aussi.

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Le Musée de l'homme 17, place du Trocadéro, 16e arrondissement.

Cinq curiosités à voir au Musée de l'homme

Le crâne de René Descartes

Ce crâne, qui a connu une vie rocambolesque (il a été volé et est passé entre plusieurs mains avant d'être récemment authentifié), est bien celui du philosophe René Descartes, auteur de la célèbre sentence «Je pense, donc je suis».

La Vénus de Lespugue

Petite statuette en ivoire de mammouth, découverte en 1922 à la grotte des Rideaux, à Lespugue, en Haute-Garonne. C'est l'une des plus célèbres représentations féminines de la préhistoire, qui date de 20 000 ans.

Moulages de bustes et de crânes

Il y en a quelques centaines, qui illustrent la diversité des êtres humains, mais aussi une discipline aujourd'hui disparue: la phrénologie, à l'époque où l'on croyait percer les secrets de l'âme humaine en analysant les bosses du crâne!

Les animaux du Paléolithique

Où l'on vous présente l'environnement du Paléolithique avec des animaux naturalisés.

Vitrine de prothèses

Nous voyons en quelque sorte l'évolution de la médecine et de la technologie dans cette vitrine où sont rassemblées toutes sortes de prothèses, d'hier à aujourd'hui, pour aider les humains dans leurs handicaps.

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