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France: inauguration de la réplique de la Grotte Chauvet

Le projet a représenté un investissement de 55... (Photo Robert Pratta, Reuters)

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Le projet a représenté un investissement de 55 millions d'euros et 350 000 visiteurs sont attendus chaque année.

Photo Robert Pratta, Reuters

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Philomène BOUILLON, Hervé ASQUIN
Agence France-Presse
VALLON-PONT-D'ARC

Une merveille issue de la lointaine préhistoire sera très bientôt accessible au public: réplique au millimètre de la Grotte Chauvet riche de dessins rupestres vieux de 36 000 ans, la Caverne du Pont d'Arc a été inaugurée vendredi dans le sud de la France.

Avant son ouverture dans deux semaines, le président français François Hollande a pu visiter cet espace culturel unique au monde, accompagné par les trois «inventeurs» de la véritable grotte préhistorique qui restera, elle, interdite au public pour la préserver de la destruction.

La Grotte Chauvet, inviolée pendant plus de 20 000 ans grâce à un éboulement de roche, a été découverte le 18 décembre 1994, par un trio de spéléologues amateurs - Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire - et classée le 22 juin au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Sa sauvegarde doit beaucoup à sa découverte tardive. Contrairement à la grotte d'Altamira, en Espagne ou de Lascaux, en Dordogne (sud-ouest de la France), dont les peintures ont été détériorées par le défilé de millions de visiteurs, la grotte Chauvet a été, dès sa découverte, immédiatement fermée au public.

Bien plus grande que Lascaux (dont les oeuvres remonteraient à 17 000 ou 18 000 ans), la cavité compte plusieurs salles et galeries sur 800 mètres de long et jusqu'à 18 mètres de hauteur.

Sa réplique, monumental espace de restitution en forme de patte d'ours vu du ciel, est érigée au-dessus de Vallon-Pont-d'Arc, en Ardèche, à environ un kilomètre à vol d'oiseau de la vraie grotte, qui restera ainsi préservée.

Fidèle au millimètre, elle ne reproduit toutefois pas toute la surface: les 8500 m2 de la vraie grotte Chauvet «ont été compactés sur 3500 m2 au sol et sur 7500 m2 de parois. Jamais dans l'histoire une telle reconstitution n'a été faite, c'est une prouesse! Lascaux faisant 300 m2, vous voyez la différence!», précise Pascal Terrasse, président du Syndicat mixte responsable de la réalisation de l'espace de restitution de la grotte Chauvet-Pont d'Arc (SMERGC).

Des techniques ultramodernes ont été utilisées pour reproduire les dessins, comme la 3D et l'anamorphose, avec le concours d'ingénieurs, sculpteurs, peintres et plasticiens. Une prouesse réalisée à la croisée des sciences et de l'art.

1000 dessins 

Pour y pénétrer, le visiteur descend une longue rampe en béton projeté, entourée de hauts murs, avant d'entrer dans l'obscurité de l'antre paléolithique où la température chute et l'hygrométrie monte, comme dans la vraie caverne.

Commence un parcours sur une passerelle ponctué là d'un crâne de bouquetin et d'ossements au sol.

Les dessins d'animaux augmentent à mesure de la progression: en tout 1000 dessins dont 425 figures animales de 14 espèces différentes (ours des cavernes, rhinocéros laineux, félins, panthère, hibou...) ont été reproduites au charbon de bois, comme le faisait l'Aurignacien, notre ancêtre homo sapiens, lorsqu'il dessinait sur la paroi.

«La grotte originale a été mise en scène avec une sorte de progression qu'on découvre ici, dans le même ordre. Au début, on trouve des dessins rouges avec des signes abstraits, peu à peu on voit des panneaux de plus en plus complexes, jusqu'à par exemple le panneau des chevaux avec des dizaines d'animaux qui interagissent», explique Jean-Michel Geneste, archéologue et préhistorien, qui dirige l'équipe scientifique de la grotte Chauvet. Il a aussi accompagné la maîtrise d'ouvrage de la réplique.

Une équipe de dix personnes a également travaillé pendant près de quatre ans, dans un atelier du XIIIe arrondissement de Paris, à la reproduction minutieuse de «spéléothèmes» de la grotte Chauvet, autrement dit son histoire géologique: stalactites, stalagmites et autres concrétions nées du ruissellement de l'eau sur la roche.

Au total le site monumental de la Caverne comprend cinq bâtiments, dont la réplique, un pôle pédagogique, la galerie de l'Aurignacien, un espace événementiel et un pôle restauration.

«Ce n'est pas un parc de loisirs, la Caverne du Pont d'Arc est un lieu culturel, scientifique et touristique», insiste M. Terrasse.

Le projet a représenté un investissement de 55 millions d'euros et 350 000 visiteurs sont attendus chaque année.

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