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Les stations de ski françaises débutent la saison sur une mauvaise pente

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Les très grandes stations ont limité la casse, grâce à leurs domaines d'altitude mieux enneigés, et n'ont enregistré que 8% de baisse sur un an.

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Antoine AGASSE
Agence France-Presse
GRENOBLE

Les stations de ski françaises ont commencé la saison sur une mauvaise pente, avec une chute de 13% de leur fréquentation sur un an, et espèrent de nouvelles chutes de neige pour se remettre en piste.

«C'est un début de saison difficile», reconnaît Laurent Reynaud, directeur de Domaines skiables de France (DSF), qui fédère plus de 200 opérateurs de remontées mécaniques en France.

Selon les chiffres de DSF arrêtés au 3 janvier, la baisse de fréquentation est ainsi très marquée dans les Vosges (-40%), le massif central (-31%), le Jura (-26%) ou les Pyrénées (-17%).

Elle est plus limitée dans les Alpes, mais reste cependant assez nette: -14% dans les Alpes du Sud, -13% en Savoie, -12% en Isère-Drôme et -10% en Haute-Savoie.

Cette dégringolade s'explique par la «conjonction d'un enneigement faible et de températures très douces», explique M. Reynaud.

Le lancement des vacances de Noël s'est fait dans une situation particulièrement délicate avec des domaines de basse altitude fermés presque partout en France, faute de neige. Seules les Alpes du Sud et les Pyrénées recensaient alors un taux d'ouverture moyen «de l'ordre de 50%», selon DSF.

À La Clusaz, en Haute-Savoie, on a ainsi enregistré une chute de chiffre d'affaires de 70% lors de la première semaine de vacances, durant laquelle seul un tiers du domaine était ouvert, selon Pierre Lestas, directeur des remontées mécaniques.

Il a fallu attendre les chutes de neige de la deuxième semaine de vacances pour voir toutes les stations ouvrir leurs pistes, au moins partiellement.

Les très grandes stations ont limité la casse, grâce à leurs domaines d'altitude mieux enneigés, et n'ont enregistré que 8% de baisse sur un an.

Ainsi, Val Thorens (Savoie), la plus haute station d'Europe, a même profité d'un afflux de skieurs venus d'autres stations et affiche une hausse de 15% de sa fréquentation.

Isola 2000 (Alpes-Maritimes), qui a aussi bénéficié d'un enneigement exceptionnel, a pour sa part battu des records de fréquentation sur les pistes.

«Situation précaire»

A contrario, les petites stations, souvent en basse altitude, ont souffert, affichant des baisses de fréquentation de 27% en moyenne. «Elles sont dans une situation très précaire», confirme Laurent Reynaud.

Le manque de neige a en effet obligé de nombreuses stations à réduire le prix de vente de leurs forfaits qui ne permettaient de skier que sur une partie des pistes seulement. La baisse des recettes est ainsi encore plus marquée que celle de la fréquentation, souligne DSF, sans vouloir donner de chiffre précis.

À La Clusaz, la baisse des recettes atteint -19% depuis le début de la saison, et -25% dans le Val d'Arly (Praz-sur-Arly, Flumet, Notre Dame de Bellecombe, en Haute-Savoie).

«Si le scénario devait se prolonger, nous devrons faire une demande d'activité partielle», indique Dominique Brau-Mouret, directeur du site du Val d'Arly pour le groupe Labellemontagne.

La préfecture de Haute-Savoie a reçu 57 demandes d'aide pour activités partielles, en raison du manque de neige, dont 14 émanant de remontées mécaniques, 16 de cafés-hôtels-restaurants et 27 de commerces et magasins de sport.

«Beaucoup de saisonniers ont vu leur embauche retardée. Quelques-uns ont dû rentrer chez eux. Pour les gens qui ont besoin de ça pour vivre au pays, c'est une catastrophe», commente Antoine Fatiga, secrétaire général de la CGT des transports, des remontées mécaniques et des services des pistes.

D'autant qu'après les précipitations de fin décembre, la neige a fondu et certaines stations ont dû à nouveau fermer leurs pistes. La 37e édition de la Foulée Blanche de ski de fond, qui devait se tenir cette semaine dans le Vercors, a ainsi été annulée en raison d'un faible enneigement.

«On attend la neige avec beaucoup, beaucoup d'impatience», reconnaît Pierre Lestas.

Il est désormais peu probable que la France retrouve sa place de première destination mondiale pour le ski, qu'elle avait laissé échapper l'an dernier, au profit des États-Unis.

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