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Zoo: la nuit chez l'ours polaire Taïko fait fureur

«La seule chose qu'on ne peut pas garantir, c'est qu'il va venir vous voir...»... (PHOTO JEAN-FRANCOIS MONIER, AFP)

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Patrick BAERT
Agence France-Presse
LA FLÈCHE

«La seule chose qu'on ne peut pas garantir, c'est qu'il va venir vous voir...» Il, c'est Taïko, un ours polaire qui partage chaque nuit son vaste enclos avec des visiteurs du zoo français de La Flèche, installés bien au chaud jusqu'à l'aube pour guetter ses apparitions.

Lancée en octobre, la «nuit chez l'ours» -- plus exactement dans un chalet trois étoiles dont les immenses baies vitrées donnent directement sur l'enclos du plantigrade -- fait fureur: le chalet pour six personnes affiche complet jusqu'à fin 2015, y compris en semaine, malgré son prix (200 euros minimum par adulte).

La recette illustre la nouvelle stratégie des parcs animaliers français, qui multiplient les hébergements au milieu des bêtes afin de fidéliser les visiteurs et assurer leur avenir.

Le Zoo de La Flèche joue, lui, résolument, la carte du haut de gamme, avec un «lodge» tout en bois à l'ameublement très soigné, un feu dans la cheminée et un jacuzzi sur la terrasse.

En contrebas, la «suite parentale» s'ouvre sous le bassin de Taïko et de sa congénère Katinka, que l'on peut voir nager derrière une vitre sans quitter son lit. Champagne et dîner gastronomique sont en option.

«L'idée, c'est que les visiteurs se sentent dans un cocon hors du temps, en immersion totale au milieu des animaux», explique le propriétaire du zoo, Stéphane Da Cunha. La nuit est ponctuée par les hurlements des loups arctiques et divers rugissements.

Le zoo de La Flèche, qui date de 1946, était en perte de vitesse lorsqu'un premier lodge a été ouvert en 2013, relançant la fréquentation. Le parc en compte désormais huit, répartis entre les loups, les tigres et autres lémuriens, avec à chaque fois un décor qui correspond à l'environnement des animaux en question.

Six autres chalets doivent ouvrir d'ici 2016, avant «un grand projet de savane africaine», avec un complexe hôtelier permettant d'accueillir également la clientèle d'affaires. L'investissement dans les lodges (plus de 300 000 euros pour celui de l'ours, le plus luxueux) devrait être rentabilisé «en quelques années» grâce à un taux de remplissage de 100%, prévoit M. Da Cunha.

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Photo Jean-François Monier, AFP

Public zappeur

Outre La Flèche, d'autres zoos multiplient les hébergements, comme le Cerza (Ouest) ou Sainte-Croix (Nord-Est), un parc axé sur la faune européenne, qui comptera l'an prochain 50 lits. Il faut près d'un an et demi d'attente pour séjourner dans son chalet le plus cher, à côté des loups, précise son porte-parole, Clément Leroux. Dans l'Allier (sud), Le Pal doit passer de 24 à 31 lodges début 2015. «La demande est extrêmement forte», confie son PDG, Arnaud Bennet.

Face à un «public zappeur» en quête constante de nouveauté, les parcs zoologiques n'ont pas d'autre choix que de se renouveler en permanence, observe Sophie Huberson, déléguée générale du Syndicat national des espaces de loisirs, d'attractions et culturels (Snelac).

Tous les zoos qui ont créé des hébergements insolites ont vu leur fréquentation augmenter, observe Mme Huberson, qui prédit que «tous vont se mettre à ce modèle qui permet de dégager de la capacité d'investissement». «Ceux qui n'évoluent pas vont voir leur fréquentation s'éroder», prévoit-elle.

L'investissement dans de nouveaux environnements plus beaux et plus naturels autour des animaux permet à son tour d'attirer le public, explique-t-elle.

L'objectif des zoos est d'allonger la durée de visite, afin d'amener les visiteurs à se nourrir sur place et acheter des produits dérivés, et aussi de leur donner envie de revenir. À terme, le modèle économique va s'apparenter à celui des parcs de loisirs, selon Mme Huberson.

La recette est un peu différente au Zoo de Beauval, le numéro un français avec plus d'un million de visiteurs par an et 6000 animaux. Le zoo a ouvert en 2008 un premier hôtel, mais à l'extérieur du parc, et s'apprête à en ouvrir un troisième l'an prochain sur le thème de la Chine, d'où sont originaires ses célèbres pandas. Au total, le complexe de Beauval comptera 900 chambres, selon son directeur général, Rodolphe Delord.

«On nous avait dit que ça ne pourrait pas marcher», se souvient-il. «Aujourd'hui, les gens viennent en vacances chez nous».

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