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Marseille: les indémodables

Le savon de Marseille n'a pas besoin d'être... (Photo: Violaine Ballivy, La Presse)

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Le savon de Marseille n'a pas besoin d'être carré pour respecter l'appellation, mais il doit toujours contenir 72% d'huile d'olive.

Photo: Violaine Ballivy, La Presse

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Pour de la bouillabaise, comptez 60 euros pour... (Photo: Violaine Ballivy, La Presse) - image 1.0

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Pour de la bouillabaise, comptez 60 euros pour l'expérience gastronomique au Miramar, en front de mer, qui propose aussi des cours de cuisine, avec virée au marché le matin et repas du midi pour 120 euros.

Photo: Violaine Ballivy, La Presse

Bouillabaisse

La bouillabaisse n'est plus ce qu'elle était. À l'origine un mets populaire consommé en famille par les pêcheurs, elle est aujourd'hui un plat d'exception réservé aux grandes occasions (et aux touristes, il faut le dire), compte tenu de son prix. «À moins de 40 euros, ne la commandez pas, vous serez déçu de la qualité», prévient Marion Fabre, de l'Office du tourisme de Marseille. Et pour cause: même s'il s'agit d'un plat simple (sa recette se résume ainsi: «Quand ça bout, on baisse», d'où son nom), elle requiert une (longue!) liste d'ingrédients d'une qualité irréprochable. La Charte de la bouillabaisse, signée par certains restaurateurs soucieux de préserver la tradition, établit qu'elle doit contenir un minimum de six espèces de poisson (comme la rascasse, le saint-pierre, le congre, le rouget, l'araignée, la lotte ou la langouste). Elle est servie en deux temps: d'abord le bouillon de poisson, accompagné d'une mayonnaise au piment et au safran et de croûtons frottés à l'ail; ensuite les poissons, cuits, qui doivent être présentés aux clients avant d'être découpés, puis dressés dans une assiette creuse avec un peu de soupe et de pommes de terre. Copieux? Plus qu'assez pour tenir au ventre d'un pêcheur pendant une journée de labeur en mer! Pour en profiter, arrivez donc l'estomac bien vide. Comptez 60 euros pour l'expérience gastronomique au Miramar, en front de mer, qui propose aussi des cours de cuisine, avec virée au marché le matin et repas du midi pour 120 euros.

12, quai du Port, lemiramar.fr

La cité radieuse

Mieux concevoir les tours d'habitation en ville pour exploiter le mieux possible les espaces, tout en créant des milieux de vie agréables: c'est ce casse-tête toujours d'actualité que l'architecte Charles-Édouard Jeanneret, mieux connu sous le nom de Le Corbusier, voulait résoudre lorsqu'il a créé la «Cité radieuse» de Marseille, à la fin des années 40. On a alors vu s'ériger un bâtiment de 165 m de longueur, 24 m de largeur et 56 m de hauteur, immense paquebot échoué loin du port, conçu comme un petit village où les appartements ultra-fonctionnels sont aménagés comme de petites maisons sur un ou deux niveaux. On y trouve une «rue» intérieure avec des boutiques, un gymnase et une maternelle au dernier étage et une aire de jeux pour les enfants à l'arrière. À son ouverture, elle a été baptisée la «Maison du fada» (cinglé, en patois local). Elle n'a pas manqué de recevoir des éloges par la suite; Elle a fait école et attire encore aujourd'hui les fans d'architecture. Un hôtel y est désormais installé, de même qu'un restaurant, mais on peut aussi explorer partiellement l'immeuble en s'inscrivant simplement à l'entrée auprès du gardien et prendre un bain de soleil sur la magnifique terrasse. Des visites guidées sont organisées tous les jours par l'Office de tourisme à partir du mois d'avril (trois départs par jour, 10 euros par personne. www.resamarseille.com).

Notre-Dame-de-la-Garde, c'est un peu comme la cathédrale Notre-Dame... (Photo fournie l'Office du tourisme et des congrès de Marseille) - image 3.0

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Notre-Dame-de-la-Garde, c'est un peu comme la cathédrale Notre-Dame de Paris, à la fois emblème de la ville, point de rencontre des citadins et aimant à touristes, qui en font un passage obligé, quelles que soient leurs croyances, pour la simple et excellente raison qu'on y a la plus belle vue sur Marseille et le port.

Photo fournie l'Office du tourisme et des congrès de Marseille

Notre-Dame-de-la-Garde

On la voit de partout, cette «Bonne Mère» protectrice des pêcheurs, immense basilique posée sur un piton rocheux dominant Marseille depuis 1867. Notre-Dame-de-la-Garde, c'est un peu comme la cathédrale Notre-Dame de Paris, à la fois emblème de la ville, point de rencontre des citadins et aimant à touristes, qui en font un passage obligé, quelles que soient leurs croyances, pour la simple et excellente raison qu'on y a la plus belle vue sur Marseille et le port. Construite tout en contrastes - calcaire blanc immaculé et golfalina vert émeraude à l'extérieur, mosaïques colorées et dorures à l'intérieur -, elle protège la ville, qui le lui rend bien. Le maire veille à ce qu'aucune construction ne la surpasse. Cela dit, même si elle reçoit près de 1 million de visiteurs par année, la plupart ignorent qu'on peut aussi se restaurer dans la petite cantine de la basilique, tenue par des soeurs missionnaires d'une gentillesse exquise, qui y servent une cuisine familiale bon marché (comptez environ 10 euros le midi). Le décor minimal est amplement compensé par la vue exceptionnelle sur la cité.

Tous les matins, les pêcheurs viennent dans le... (Photo: Violaine Ballivy, La Presse) - image 4.0

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Tous les matins, les pêcheurs viennent dans le Vieux-Port écouler à la criée leurs plus belles prises du jour, comme le faisaient leurs pères et leurs grands-pères.

Photo: Violaine Ballivy, La Presse

Le Vieux-Port

On vient à peine d'y arriver qu'on l'aime déjà, ce Vieux-Port, coeur vibrant d'une ville qui ne manque pas d'énergie. Tous les matins, les pêcheurs viennent écouler à la criée leurs plus belles prises du jour, comme le faisaient leurs pères et leurs grands-pères. On l'aime aussi parce qu'on l'a réaménagé pour faire plus de place aux piétons et aux cyclistes et pour faire en sorte qu'on ne s'y arrête plus coincé dans sa voiture, pris dans un embouteillage, mais pour admirer les plus beaux voiliers amarrés aux quais. Le Vieux-Port accueille désormais la plus grande place publique de la ville, animée du matin au soir. Vous verrez vite que tous les chemins y mènent.

Frioul

L'archipel du Frioul, visité par Jules César avant Jésus Christ et conquis par François 1er en 1516, ne doit pas sa notoriété à un chef d'État ni à ses milliers de visiteurs annuels, mais plutôt à un bagnard. C'est là que l'auteur Alexandre Dumas a enfermé l'un des plus illustres prisonniers de la littérature, Edmond Dantès, dans son roman-fleuve Le comte de Monte-Cristo. Les plus mordus de l'oeuvre devraient faire la visite commentée du fort transformé en prison, dans l'île d'If. Les autres y verront l'occasion de faire une petite sortie en mer (comptez 20 minutes en navette depuis le port, 10 euros pour un aller-retour à l'île d'If, 15 euros incluant les autres îles du Frioul), loin du brouhaha de la métropole, dans un décor comme seule en produit la Méditerranée, archipel aride de calcaire blanc dépourvu de faune et de flore, terrain de jeu des éléments qui s'y déchaînent sans regret: le feu d'un soleil de plomb sans ombre salvatrice, l'air d'un vent - le mistral - qui souffle si fort qu'on dit de lui qu'il rend fou.

***

CARNET D'ADRESSES

Mama Shelter

Succès boeuf à Paris, le Mama Shelter fait maintenant des petits en province, à Marseille, à Lyon et à Bordeaux. Le concept gagnant est le même: une déco ultra jeune et branchée, signée Philip Starck, et des tarifs tout à fait raisonnables. On aime ou on déteste, mais on ne reste certainement pas indifférent devant les tabliers excentriques du personnel de l'hôtel, les masques de plastique de héros de bande dessinée servant d'abat-jour, les murs de béton, le mobilier dépareillé tout à fait kitsch de la salle à manger. Très bonne table le soir pensez à réserver et petit-déjeuner buffet mémorable le matin. Un petit bémol : sa situation légèrement excentrée.

64, rue de la Loubière, www.mamashelter.com/marseille

Chambres à partir de 79 euros. Surveillez les rabais, très fréquents, sur le site internet de l'hôtel.

Le Ryad

C'est en poussant la porte d'endroits comme le Ryad qu'on peut prendre le mieux le pouls de la richesse culturelle de Marseille, fruit d'un métissage entre les peuples de la Méditerranée. On y est à Marseille comme à Marrakech, y retrouvant le même calme et la même fraîcheur propres à ces maisons fermées sur l'extérieur, ouvertes à l'intérieur sur un patio. Les neuf chambres tranquilles sont décorées avec soin, et l'accueil est des plus courtois, jamais en panne d'un bon tuyau. Nespresso dans chaque chambre. Petit-déjeuner aux parfums du Moyen-Orient. À 10 minutes à pied du port au sud, de la gare au nord, une très, très belle affaire.

16, rue Sénac de Meilhan, www.leryad.fr

Chambres pour deux personnes à partir de 95 euros, petit-déjeuner en sus.

La cantine

Une adresse qui tient beaucoup plus du bistro gourmand que de la cantine, fréquentée tant par les gens d'affaires que les copines en séance de lèche-vitrine venues faire le plein d'une assiette de burrata et ses légumes grillés, d'un filet de poisson ou d'un risotto aux saucisses marseillaises relevées d'anis, la carte fait honneur aux saveurs du Sud. À deux pas du port, qui dit mieux ?

27, cours Honoré d'Estienne d'Orves, www.la-cantine-demarseille.com

Les Arcenaulx

Le décor est historique et à couper le souffle: un restaurant niché au coeur de la bibliothèque de livres anciens d'un bâtiment du XVII siècle. Propriété de la maison d'édition Jeanne Laffite, Les Arcenaulx propose une cuisine provençale (22 euros en table d'hôte le midi), des thés Mariage et des desserts gourmands à toute heure de l'après-midi. Il est doublé d'une boutique gourmande et d'une librairie bien garnie en ouvrages sur Marseille.

25, cours Honoré d'Estienne d'Orves, www.les-arcenaulx.com

Le bistrot à vins

La cuisine provençale y est un peu brouillonne, mais le patron tout à fait charmant et la sélection de bouteilles, remarquable. Avec des murs de briques et des poutres apparentes au plafond, de petites tables bien serrées les unes sur les autres, c'est l'exemple type du bistro traditionnel ultra sympa.

17, rue Sainte. Ouvert midi et soir.

Le four des navettes

On raconte que la navette, ce biscuit sec emblématique de Marseille, se conserve une année entière sans rancir. Est-ce le secret de son succès? On pariera plutôt sur son petit goût de fleur d'oranger et sa texture craquante, à peine sucrée, à découvrir au Four des navettes, qui en produit depuis plus de 200 ans.

136, rue Sainte, www.fourdesnavettes.com

La quincaillerie Empereur

La plus vieille quincaillerie de France, inaugurée en 1827, fait toujours rêver. C'est un véritable musée de l'art ménager, où l'on déambule d'une salle à l'autre en découvrant mille merveilles d'hier et d'aujourd'hui pour les cuisiniers et les bricoleurs. Une adresse rare, où l'on vous conseillera aussi bien pour l'achat d'un couteau Laguiole à 200$ que d'un économe à 5$, où vous trouverez une authentique armoire à oeuf et des plumeaux en vraies plumes.

4 et 6, rue des Récolettes. Fermé le dimanche.

Le Sofitel

À défaut d'avoir les moyens de loger au Sofitel de Marseille, on profitera sans vergogne de son espace salon de thé, entièrement vitré, qui offre certainement l'une des plus belles vues sur le port. Le panorama est sublime en fin de journée, quand le soleil teinte d'orangé les falaises de calcaire. L'addition n'est pas si salée, si l'on s'en tient à un café ou à un chocolat chaud.

36, boul. Charles Livon, sofitel.com/Marseille

Marseille n'est qu'à 3 heures de TGV de Paris, mais on ne saurait trop vous recommander de prendre un vol direct, nettement plus reposant. Air Transat offre quatre liaisons directes par semaine depuis Montréal, de mai à octobre. Nice n'est qu'à 2 heures de train.

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