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Le Manneken Pis au rayon X pour prouver ses origines

Des chercheurs belges ont décidé de passer au rayon X la célèbre statuette du... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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Agence France-Presse
Bruxelles

Des chercheurs belges ont décidé de passer au rayon X la célèbre statuette du Manneken Pis de Bruxelles pour déterminer si l'exemplaire restauré il y a quelques années par le musée de la ville est bien l'original datant de 1619.

«En me penchant sur le Manneken Pis, je me suis rendue compte que l'histoire était très nébuleuse et qu'on ne sait pas en fait si c'est l'original qui est encore conservé ou pas», a expliqué à l'AFP Géraldine Patigny, qui prépare un doctorat à l'Université libre de Bruxelles (ULB).

Plusieurs exemplaires de cette fontaine emblématique de la capitale belge, représentant un bambin haut comme trois pommes en train d'uriner, existent. Ainsi, celle que photographient des centaines de touristes par jour est une copie.

L'original, restauré en 2003, est lui conservé au Musée de la Ville de Bruxelles, installé à deux pas de là, sur la Grand-Place. Mais rien ne prouve qu'il s'agisse de la statue commandée par la ville au sculpteur Jérôme Du Quesnoy le Vieux en 1619.

Déjà endommagée en 1747 par les soldats de Louis XV, le Manneken Pis fera en 1817 l'objet d'un vol retentissant par «un forçat», explique Mme Patigny. Cet homme, prénommé Lycas, sera d'ailleurs condamné en novembre 1817 pour ce vol, précise Jean-Luc Petit, collaborateur scientifique du Musée de la Ville de Bruxelles.

Selon certains, la statue «restaurée» réapparaît l'année suivante, mais selon Mme Patigny, il s'agit là d'une copie. «Après on n'a plus aucune trace de l'original, et apparemment on finit par le retrouver en 1966, en deux morceaux, dans un canal de Bruxelles», souligne-t-elle.

D'autres exemplaires de la statuette seront volés à plusieurs reprises, notamment en 1965, selon M. Petit.

«L'histoire est tellement tourmentée, et il y a des trous. Les sources qu'on a sont des publications dans des revues locales ou des ouvrages consacrés au folklore, mais il n'y a pas vraiment de traces d'archives», observe l'historienne.

L'alliage du bronze pourrait apporter la réponse. Le Manneken Pis - symbole de l'esprit frondeur des Bruxellois qui le déguisent lors de fêtes populaires - a subi un examen de spectrométrie de fluorescence au rayon X au printemps dernier.

«On regarde en particulier s'il y a du nickel», explique Amandine Crabbé, chercheuse du Service d'analyse de surface et d'électrochimie (SURF) de l'Université flamande de Bruxelles (VUB). «S'il est présent, c'est qu'il date plutôt du 19e siècle. S'il est absent, c'est plutôt une pièce d'origine, mais ce n'est jamais sûr à 100%».

Les deux chercheuses estiment d'ores et déjà qu'elles ne pourront se prononcer avec certitude qu'après l'étude de minuscules prélèvements à la surface comme dans le coeur de la statue, qui révéleront des informations précieuses sur l'érosion ou les patines utilisées, et pourront être comparés à d'autres prélèvements sur des oeuvres «de la même époque et du même atelier».

Cette quête, toutefois, ne dira jamais quand et sous quelle forme est né l'impertinent petit pisseur né au Moyen-Âge. Il est mentionné dans un registre des fontaines de la grande ville du nord dès 1451, mais en fait bien plus ancien, rappelle M. Petit. Personne ne sait à quoi il ressemblait alors.

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