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Le musée de Berne accepte la collection Gurlitt: les oeuvres volées aux juifs seront restituées

La valeur de cet héritage acquis par le Musée... (PHOTO FABRICE COFFRINI, AFP)

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La valeur de cet héritage acquis par le Musée des Beaux-Arts de Berne se chiffre en dizaines de millions d'euros, selon les médias allemands.

PHOTO FABRICE COFFRINI, AFP

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Yannick PASQUET
Agence France-Presse
BERLIN

Le Musée des Beaux-Arts de Berne a annoncé lundi qu'il acceptait l'héritage du collectionneur d'art allemand Cornelius Gurlitt, un trésor de plus de 1500 oeuvres dont certaines, volées à des juifs par les nazis, seront restituées aux ayants droit.

Environ 500 oeuvres dont l'origine est litigieuse seront conservées dans un premier temps en Allemagne en attendant que la lumière soit faite sur leur provenance.

Le responsable du musée, Christoph Schäublin, a précisé lors d'une conférence de presse à Berlin que son institution allait coopérer avec l'Allemagne pour identifier les oeuvres volées ou extorquées sous le nazisme afin de les restituer aux propriétaires légitimes.

«Le conseil de la Fondation du Musée de Berne a décidé à l'occasion d'une réunion le 22 novembre d'accepter l'héritage» de Cornelius Gurlitt tel qu'il l'a souhaité dans son testament, a annoncé M. Schäublin.

La valeur de cet héritage se chiffre en dizaines de millions d'euros, selon les médias allemands.

Toutefois, a souligné M. Schäublin, cette décision «n'a en aucun cas suscité de sentiments de triomphe», notamment car cet héritage contient des oeuvres d'art volées à des collectionneurs ou marchands d'art juifs, dont beaucoup sont morts dans des camps d'extermination.

Le président du Congrès juif mondial Ronald Lauder avait mis en garde début novembre le musée de Berne contre «une avalanche de procès» en perspective.

La collection de M. Gurlitt, mort en mai à 81 ans, comprend des Picasso, Monet ou Chagall, sortis de l'oubli en 2012 lors de leur découverte dans l'appartement du vieillard à Munich (sud), ainsi que d'autres dessins ou peintures retrouvés plus tard dans sa maison de Salzbourg, en Autriche.

Le musée «ne touchera pas» aux oeuvres issues des spoliations nazies ou soupçonnées de l'être, et celles-ci «ne viendront donc pas sur le sol suisse», a insisté M. Schäublin. Elles resteront en Bavière en attendant qu'un groupe d'étude (taskforce), mis en place par l'État allemand et la Bavière, rende ses conclusions.

S'il est avéré qu'un tableau ou un dessin provient de spoliations, il sera remis à un éventuel ayant droit. Un site internet lostart.de présente toutes les oeuvres dont l'origine est controversée.

«Responsabilité historique»

Si le groupe d'experts ne peut déterminer avec certitude qu'une oeuvre a été volée, le Musée de Berne devra décider lui-même s'il veut prendre le risque de la récupérer ou pas.

Les oeuvres dont l'origine ne pose pas de questions «seront remises» à l'institution culturelle suisse.

Les biens de la succession Gurlitt comprennent également des centaines d'oeuvres qualifiées d'«art dégénéré» par les nazis et décrochées des musées allemands. L'accord présenté lundi prévoit qu'elles seront reprises par le musée suisse qui gérera leur restauration et leur prêt, en donnant la priorité aux institutions d'où elles proviennent.

Une cousine de Cornelius Gurlitt, Uta Werner, 86 ans, réclame toutefois cet héritage devant la justice. Elle estime -- rapport d'expert à l'appui -- que le collectionneur souffrait «d'obsessions paranoïaques» de nature à invalider son testament.

L'accord trouvé entre l'État fédéral allemand, le Musée de Berne et la Bavière est «une bonne solution» et «une étape importante» dans le travail que l'Allemagne fait sur son passé nazi, a affirmé la ministre allemande de la Culture, Monika Grütters.

L'Allemagne assume «sa responsabilité historique pour la souffrance et le tort causés sous la terreur nazie», a-t-elle insisté.

Elle a également indiqué que l'Allemagne était «prête à la restitution immédiate» de trois oeuvres d'art dérobées à des juifs. Parmi elles, figure un tableau de Matisse, «Femme assise», volé au marchand d'art Paul Rosenberg, grand-père de la journaliste française Anne Sinclair. L'avocat de la famille, Christopher Marinello, a dit à l'AFP s'attendre à ce que le tableau soit restitué d'ici la fin de l'année

La Suisse a également salué cet accord, tout comme l'ancien avocat de M. Gurlitt et l'antenne allemande de la Jewish Claim Conference pour qui le débat autour de cet encombrant héritage a montré que la question des spoliations nazies occupera l'espace public «encore longtemps».

M. Gurlitt est mort le 6 mai, peu après avoir passé un accord avec l'État allemand prévoyant la restitution des oeuvres d'art retrouvées chez lui dont il serait démontré qu'elles proviennent de spoliations.

Cornelius Gurlitt tenait son trésor de son père, Hildebrand Gurlitt, marchand d'art et juif, selon les critères nazis, que le troisième Reich avait notamment chargé de vendre à l'étranger l'«art dégénéré».

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