L'histoire héroïque du sentier de la Côte-ouest

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Les chutes Tsusiat font partie des paysages majestueux rencontrés par les randonneurs qui s'aventurent dans le sentier de la Côte-Ouest.

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(Vancouver) À quelques mètres du fameux sentier de la Côte-Ouest, à la lisière de la forêt pluviale et de la plage, de grosses pièces de métal rouillé gisent sur le sable, entre les cailloux. Il pourrait s'agir de ce qui reste de l'épave du Dare, un trois-mâts qui a fait naufrage ici, sur la côte ouest de l'île de Vancouver, en décembre 1890.

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Le sentier de la Côte-Ouest passe souvent sur la berge. Certains passages sont infranchissables à marée haute. 

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Des dizaines de navires ont sombré dans ces eaux traîtres, ce qui a incité les marins à qualifier cette côte de cimetière du Pacifique. Cette partie de l'ouest de l'île de Vancouver est très sauvage et peu habitée. Même ceux qui survivaient au naufrage risquaient de laisser leur peau en se perdant dans l'épaisse forêt pluviale.

En 1906, le naufrage du Valencia a entraîné la mort de 133 personnes. Le gouvernement a alors construit un phare et établi un sentier le long de la côte pour que les naufragés puissent rejoindre un village et pour que les sauveteurs puissent leur venir en aide.

Avec l'évolution des technologies de navigation, le nombre de naufrages a fortement diminué. L'étroit chemin des naufragés est devenu le légendaire sentier de la Côte-Ouest, une randonnée très difficile de 74 km réservée aux randonneurs endurcis.

Avant de s'élancer sur le sentier, il faut assister à une séance d'information présentée par le personnel de Parcs Canada. C'est l'occasion d'obtenir les dernières informations sur la présence d'ours ou de cougars, le débit des rivières à traverser et l'état des points d'eau.

Rapidement, les randonneurs comprennent pourquoi la section sud est considérée comme la partie la plus difficile du sentier de la Côte-Ouest. Elle ressemble par endroits à une piste d'hébertisme, avec une série d'obstacles naturels à franchir. Il faut enjamber des troncs d'arbres, se glisser sous d'autres ou encore traverser de petits ravins sur des troncs sommairement équarris, humides et glissants. Des trottoirs de bois ont souffert dans ce climat de forêt pluviale et nécessitent une concentration constante.

Le sentier est accidenté : les descentes et les montées sont abruptes, presque verticales. Heureusement, le parc a installé des dizaines d'échelles pour franchir ces obstacles. Il faut toutefois avoir le pied solide pour monter et descendre sur ces barreaux humides sous le poids du sac à dos.

Le randonneur performant, qui pensait parcourir tout le sentier en cinq jours, refait ses calculs et constate qu'il lui faudra un à deux jours de plus.

Heureusement, la forêt est superbe, avec d'énormes fougères et des arbres gigantesques.

À l'extrémité nord du sentier se trouve le... (PHOTO THINKSTOCK) - image 2.0

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À l'extrémité nord du sentier se trouve le charmant village de Bamfield.

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L'arrivée aux sites de camping est très appréciée. Comme la forêt est dense, tous les sites sont situés sur la plage. Il est terriblement plaisant de terminer la journée autour d'un bon feu de camp sur le sable et d'aller se coucher en écoutant le bruit des vagues.

Deux autres éléments ralentissent le rythme des randonneurs. Pour franchir les plus grosses rivières, il faut utiliser un petit téléphérique qu'on manipule manuellement. Comme seulement deux randonneurs peuvent prendre place à bord de la nacelle, il faut prévoir des délais.

Les marées constituent l'autre l'élément dont il faut tenir compte. Le sentier passe souvent sur la berge et certains passages sont infranchissables à marée haute.

Certaines sections sont également plus plaisantes à marée basse, lorsque le sable est bien ferme sous la bottine de marche. En prime, on peut admirer les crabes et les anémones de mer qui se dissimulent dans les mares d'eau salée qui subsistent à marée basse.

À peu près à mi-chemin, tout près du village autochtone de Nitinat, les randonneurs peuvent se gâter et oublier pour un moment les repas lyophilisés : une gargote offre du saumon frais et d'immenses crabes. À 25 $ pièce, ceux-ci ne sont pas donnés, mais ils comblent l'appétit du plus affamé des randonneurs.

Au nord de Nitinat, le sentier devient plus facile. Il réserve cependant encore des trésors : des colonies d'otaries qui se bousculent sur des bouts de rochers, des paysages marins majestueux et des phares historiques. De quoi regretter la fin du sentier.

Bon à savoir

  • Il est nécessaire d'avoir un permis pour randonner sur le sentier de la Côte-Ouest. On peut le réserver ou se rendre sur place et essayer d'obtenir un des permis accordés quotidiennement.
  • Une navette au départ de Victoria peut laisser les randonneurs à une extrémité et aller les chercher, six à sept jours plus tard, à l'autre. Il est préférable de réserver.
  • À Victoria, c'est l'occasion d'acheter le matériel qu'on ne peut pas transporter à bord d'avion, comme le carburant et le poivre de cayenne contre les ours.
  • À l'extrémité nord, le village de Bamfield est charmant et vaut une petite visite.




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