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San Blas : le secret bien gardé des Caraïbes

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Si une quarantaine d'îles sont occupées par les Amérindiens Gunas, la plupart d'entre elles n'ont que plages de sable blanc et palmiers comme locataires.

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Emmanuel Leroux-Nega

Collaboration spéciale

La Presse

(PANAMÁ) Au large de la côte caribéenne du Panamá, en face de l'infranchissable forêt du Darién, tout près de la frontière colombienne, se cache un des secrets les mieux gardés d'Amérique centrale : les San Blas.

Jalousement préservées par leurs habitants, les Amérindiens Gunas,... (Photo Emmanuel Leroux-Nega, collaboration spéciale) - image 1.0

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Jalousement préservées par leurs habitants, les Amérindiens Gunas, les îles paradisiaques San Blas s’offrent, encore sauvages, aux voyageurs prêts à sortir des sentiers battus.

Photo Emmanuel Leroux-Nega, collaboration spéciale

Jalousement préservé par ses habitants, les Amérindiens Gunas, cet archipel d'îles paradisiaques s'offre, encore sauvage, aux voyageurs prêts à sortir des sentiers battus.

Le chemin qui mène aux San Blas est en effet loin d'être simple. Ici, pas de paquebots de touristes ou de tours luxueux. Après trois heures d'une route souvent tortueuse menant de la capitale au village de Carti, on saute à bord d'une longue chaloupe de bois propulsée par un puissant moteur et on prend la mer.

Rapidement, les premières des 365 îles qui composent les San Blas* apparaissent à l'horizon. Si une quarantaine d'îles sont occupées par les Gunas, la plupart d'entre elles n'ont que plages de sable blanc et palmiers comme locataires.

LE PIED SUR PELICANO

Une heure et demie plus tard, nous amorçons notre exploration de l'archipel en posant le pied sur Pelicano, une microscopique île déserte entourée d'une barrière de corail immaculée, où poissons multicolores, raies, tortues et autres espèces marines foisonnent.

« Ailleurs, les endroits comme ça, c'est les Bahamas, avec des hôtels partout », lance Victoria, notre guide, expliquant que si cet archipel demeure aujourd'hui pratiquement vierge et protégé des promoteurs immobiliers, le mérite en revient entièrement aux Gunas.

Au début du XXe siècle, les Gunas se sont révoltés contre un gouvernement panaméen qui tentait de les hispaniser et ont obtenu un contrôle pratiquement exclusif de la Comarca de Guna Yala, un territoire semi-autonome comprenant l'archipel et une bande côtière de plus de 370 km lui faisant face. Depuis, ils préservent férocement leurs îles et leur culture de l'influence extérieure.

Copieux repas, exploration des coraux et relaxation sur la plage plus tard, nous reprenons la mer. Ici et là, de petites embarcations à rames mouillent l'ancre, attendant nonchalamment leur propriétaire parti pêcher ou chasser la langouste afin d'agrémenter le repas du soir.

CAP SUR SAN IGNACIO DE TUPILE

Sur notre droite, la forêt du Darién, d'une biodiversité pratiquement inégalée, s'étend à perte de vue. Une forêt si dense et impénétrable qu'aucune route, pas même l'impériale Transaméricaine reliant l'Alaska au sud de l'Argentine, n'a pu la conquérir. Entre serpents, jaguars, groupes paramilitaires colombiens et narcotrafiquants, rares sont, en effet, les téméraires à vouloir s'y frotter (ou à y survivre !).

Alors que le soleil s'approche de la ligne d'horizon, nous accostons dans l'île de San Ignacio de Tupile où, seuls touristes de l'endroit, nous passerons la nuit à la manière guna, c'est-à-dire confortablement lovés dans un hamac.

1000
Nombre d'habitants du village qui occupe entièrement l'île de San Ignacio de Tupile.

L'île fourmille d'enfants l'arpentant dans un sens et dans l'autre ou jouant au soccer dans ses minuscules rues de terre avant d'aller se jeter à la mer.

Les femmes, porteuses de la culture et préservatrices de la langue, défilent fièrement en mola, tenue traditionnelle chamarrée, des parures de perles multicolores ceignant leurs jambes et leurs avant-bras.

Au coeur du village trône le Congreso, grande salle de conseil accueillant pratiquement quotidiennement la communauté. Réuni autour des sailas, sages du village, on y récite en coeur des chants traditionnels, porteurs de la mémoire commune, règle les disputes et aborde les enjeux importants du moment, comme la montée des eaux due au réchauffement climatique.

Résignés, les Gunas « se préparent à retourner vivre sur la côte », se désole Victoria, ajoutant que déjà, « en janvier, saison des grosses vagues, les rues de Tupile sont envahies d'eau de mer ».

Mais pour l'instant, ces soucis semblent encore bien loin. Le soleil se lève sur la mer des Caraïbes, le village s'éveille aux cris joyeux des enfants alors que les pêcheurs endormis mettent leurs embarcations à l'eau. Quant à nous, l'aventure se poursuit alors que bien d'autres îles paradisiaques nous attendent sur le chemin de la Colombie.

*Le décompte des îles de l'archipel des San Blas change au fur et à mesure qu'elles disparaissent sous les eaux.

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