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Comme des gauchos

  • Dans les champs inondés par les pluies récentes, mieux vaut aller au pas. (Photo Federico Cabrera, collaboration spéciale)

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    Dans les champs inondés par les pluies récentes, mieux vaut aller au pas.

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  • Seller le cheval <em>criollo</em> n'est pas une mince affaire, avec toutes ces épaisseurs! (Photo Federico Cabrera, collaboration spéciale)

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    Seller le cheval criollo n'est pas une mince affaire, avec toutes ces épaisseurs!

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  • Luis, gaucho de métier et fier de nature. (Photo Federico Cabrera, collaboration spéciale)

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    Luis, gaucho de métier et fier de nature.

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  • Au matin, tout le monde se prépare pour une chevauchée dans la pampa. (Photo Federico Cabrera, collaboration spéciale)

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    Au matin, tout le monde se prépare pour une chevauchée dans la pampa.

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  • À la fin du jour, les chevaux peuvent brouter tranquillement en attendant de regagner le corral. (Photo Federico Cabrera, collaboration spéciale)

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    À la fin du jour, les chevaux peuvent brouter tranquillement en attendant de regagner le corral.

    Photo Federico Cabrera, collaboration spéciale

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(Tapalque) Parmi les images qu'on associe à l'Argentine, il y a la mythique pampa peuplée de fiers gauchos, où paissent des chevaux à demi sauvages et des boeufs en liberté. Mais plus qu'un cliché, la culture gaucho est bien vivante, ancrée dans l'histoire de l'Argentine... et accessible.

À trois heures de route de Buenos Aires, l'estancia, longue et basse construction de crépi blanc, est tapie sous de hauts arbres qui se détachent en noir sur le fond indigo du crépuscule. Passé le portail, deux ornières rectilignes mènent jusqu'à la maison aux fenêtres illuminées. Un petit tatou, dérangé par l'arrivée de la voiture, s'enfuit sous la lueur brève des phares.

À l'intérieur, une vaste salle au sol de tommettes, des murs blanchis à la chaux, des plafonds hauts comme trois fois un homme. Un portemanteau où sont pendus des ponchos, un âtre surmonté d'une couronne de suie qui dit qu'il n'est pas qu'une parure. Une longue table à manger et ses chaises à haut dossier, où les hôtes du moment prendront bientôt place. On se croirait dans un roman de García Márquez!

Mais nous sommes bien en Argentine, à La Margarita, un «ranch» (ici, on dit plutôt estancia) dont le propriétaire, David Cummings, a fait l'acquisition il y a huit ans. Depuis, on surnomme ce Britannique el gaucho inglese (le gaucho anglais). Tombé amoureux de la région après avoir vécu en France pendant plusieurs années, cet ex-musicien professionnel partage désormais sa passion avec des hôtes venus du monde entier.

En l'occurrence, il y a là Bernhardt et Renata, des retraités allemands qui parcourent l'Amérique du Sud depuis quelques mois déjà. Pas du tout fous d'équitation, ils sont simplement venus profiter de la paix et de la beauté des lieux. Jennifer et Adrian, un couple américano-argentin, sont venus de Buenos Aires passer le week-end avec leur bébé de 10 mois. Elle ne monte pas, mais lui oui. Il y a encore Martin, qui est tombé dans la marmite gaucho quand il était petit, et sa compagne, Andrea, qui n'a jamais enfourché un cheval de sa vie.

Malgré les compétences fort inégales des invités en matière d'équitation, tout ce beau monde pourra chevaucher à sa guise, en toute sécurité: Louisa Bowran, qui tient les rênes de l'estancia depuis le mois d'août, s'en assure. Cavalière émérite, elle est le bras droit de David. L'air de rien, elle veille à tout, avec une gentillesse et une élégance toutes britanniques.

Ceux qui n'ont que peu d'expérience pourront donc bénéficier des conseils de Louisa ou de ceux de Luis, le gaucho (et bras gauche de David!), avant de partir au pas pour une balade bien tranquille.

Les plus aventureux auront, quant à eux, tout le loisir de galoper à bride abattue dans les champs infinis de la pampa. Christina, excellente cavalière qui, avec Adriana et un autre Luis, travaille à l'estancia comme bénévole, les accompagnera.

C'est d'ailleurs l'une des beautés de La Margarita, cette idée d'accepter des stagiaires qui, contre le logement et la nourriture, se consacrent à diverses tâches, à la cuisine comme à l'écurie, selon les besoins, pour des périodes pouvant aller jusqu'à trois mois.

Seller le cheval 

L'aube s'accompagne d'un choeur de chants d'oiseaux de toutes les tessitures. La rosée s'est à peine déposée sur l'herbe que tout le monde est déjà debout, prêt à seller son cheval sous l'oeil critique (et un peu goguenard) de Luis... ou à le regarder faire. Et c'est toute une affaire!

On met d'abord la sudadera, tapis de selle ordinaire. Puis le mandil, épaisse couverture de laine ou de coton pliée en deux. Ensuite les bastos, deux cylindres de bois recouverts de cuir réunis par des lanières, placés parallèlement à la colonne vertébrale du cheval. Là-dessus, l'encimera, rectangle de cuir brut à laquelle est rattachée la ventrière, qui doit tenir tout ça en place. Enfin, le cojinillo, un «coussin» généralement fait d'une peau de mouton pliée en deux, qui, comme le mandil d'ailleurs, peut servir de couchage au gaucho en bivouac. La ventrière, faite de toile épaisse, s'attache avec des lanières de cuir qu'on glisse dans un anneau de métal d'une certaine façon (et, préférablement, d'une façon certaine!).

Pas de pommeau, pas de troussequin. Conserver son équilibre au grand galop sur cette assise qui élargit encore la monture demande pas mal d'effort, même à un cavalier d'expérience. C'est ce que confirme Christina, qui a pourtant plusieurs années d'équitation anglaise derrière la martingale.

Mais les gauchos, évidemment, vont là-dessus aussi à l'aise que des gamins à vélo. C'est que, justement, la plupart on été posés pour la première fois sur un cheval bien avant un vélo, souvent dès l'âge de 2 ou 3 ans.

Cavalcade

Les chevaux bien sellés, les étriers bien ajustés, les cavaliers se mettent en route. Dans ce plat pays à l'horizon sans fin, rien n'arrête le regard, mais tout l'attire: d'innombrables oiseaux de proie, le «V» inégal d'un chapelet d'oies migratrices, un couple de cigognes qui volent de concert, un jeune cheval dont la robe brille au soleil et qui accourt, tout joyeux de voir des amis. Jorje, l'énorme taureau de l'estancia, regarde placidement passer la petite troupe tandis que, de l'autre côté de la clôture, de tout jeunes veaux tètent leurs mères.

Le sol est piqueté de fleurettes inconnues aux couleurs acidulées et - attention! - parsemé de trous creusés par les armadillos (les tatous), ces drôles d'animaux en armure comme des chevaliers médiévaux.

Immanquablement, Colombo, le chien de la maison, accompagne les randonneurs, qu'il abandonne un moment pour pourchasser un lièvre dans l'herbe haute.  

Les chevaux, eux, n'attendent qu'un signe pour prendre le galop, enivrante course qui pourrait, semble-t-il, mener au bout du monde. Mais une partie des champs est restée inondée par les abondantes pluies de la semaine précédente; mieux vaut être prudent et aller au pas puisque les trous dans le sol sont invisibles. On en profitera pour observer les hérons, aigrettes, canards et mouettes rieuses qui se partagent le territoire, vrai paradis pour les ornithologues.

Le retour à l'estancia se fera en coupant par l'étang, dont l'eau, inhabituellement haute, frôle le ventre des chevaux. Mais ceux-ci n'en ont cure: le cheval criollo, petit et vif, est reconnu pour son endurance, sa force et son agilité. C'est ce que démontrera la journée du lendemain, où Louisa a prévu un peu d'action.

http://www.estancialamargarita.com/

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