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Rhum et café dans les jardins créoles en Guadeloupe

Ancien monastère, le domaine de l'Habitation de la... (Photo David Boily, La Presse)

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Ancien monastère, le domaine de l'Habitation de la Grivelière est constitué d'une douzaine de bâtiments, dont certains sont en voie d'être aménagés pour offrir hébergement et restauration.

Photo David Boily, La Presse

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Terre fertile, la Guadeloupe s'est développée autour d'habitations agricoles coloniales où l'on récoltait bananes, melons, avocats, ananas, caramboles et corossols, notamment. Il est possible aujourd'hui d'aller découvrir ces riches jardins créoles, particulièrement pour certains produits d'exception, comme le café et le rhum.

Domaine de l'Habitation la Grivelière

Situé sur les flancs escarpés de la magnifique vallée de la Grande Rivière de Vieux-Habitants, le lieu est au coeur du jardin créole, l'un des ensembles agricoles les mieux préservés des Petites Antilles. Établi à la fin du XVIIe siècle, le domaine est classé monument historique, mais l'endroit n'est absolument pas figé dans le temps, on le constate quand on en fait la visite guidée.

Yannick Gumbauld, notre guide, nous apprend notamment qu'en Guadeloupe, le café arabica pousse à l'abri des cacaoyers et des bananiers, étant donné qu'il ne bénéficie pas de la fraîcheur habituelle des plantations poussant en altitude. 

Il ne reste toutefois que cinq producteurs de café en Guadeloupe, bien que son terroir constitué de terre volcanique contribue à en faire l'un des meilleurs au monde.

«La Guadeloupe a perdu la plupart de ses caféiers parce que le gouvernement a financé le remplacement de la majorité des cultures par le bananier.»

«On donnait à l'époque 10 000 francs à chaque producteur qui faisait la transition», explique Mme Gumbauld.

Abandonné pendant près de 10 ans après le passage de l'ouragan Hugo, en 1989, le domaine de l'Habitation la Grivelière a été repris par l'Association Vallée-Verte. «Au début, la production se limitait à seulement 200 kg de café par année, souligne notre guide en nous servant un expresso impeccablement velouté. Maintenant, on en produit 800 kg, de façon entièrement artisanale.»

L'objectif est d'augmenter la production en profitant de l'écotourisme - les anciennes cases d'esclaves sont en voie d'être rénovées pour héberger les visiteurs alors qu'un restaurant sera aussi aménagé sur place, le tout fonctionnant autant que possible en autarcie. «On compte actuellement sur 24 cueilleurs pour 25 hectares, nous dit Yannick Gumbauld. On espère que les clients vont mettre la main à la pâte en retour de leur hébergement pendant la saison des récoltes, de juillet à décembre.»

La distillerie Longueteau a été fondée en 1895... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE) - image 2.0

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La distillerie Longueteau a été fondée en 1895 à Capesterre-Belle-Eau.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Distillerie Longueteau

Le rhum agricole est aux Antilles ce que le vin est à la France. On trouve ainsi neuf distilleries «fumantes» dans l'archipel guadeloupéen. La plus ancienne est celle établie en 1895 par Henri Longueteau à Capesterre-Belle-Eau. C'est aussi la seule qui est complètement autonome, c'est-à-dire qu'elle s'approvisionne entièrement dans les champs du domaine.

Si la méthode de production est plutôt traditionnelle, la variété de produits affiche un réel dynamisme. «Il y a encore beaucoup à faire dans le milieu du rhum», affirme le représentant Yvon Ticout, qui fait découvrir aux visiteurs les plus beaux produits de la maison. 

Le visiteur pourra notamment déguster Le Longueteau 62, étonnamment doux et parfumé malgré son taux d'alcool impressionnant - il s'agissait du rhum le plus puissant de Guadeloupe jusqu'à ce que la distillerie lance le Genesis en mai dernier, un «brut de colonne» tirant à 73,51 % et produit à seulement 5000 exemplaires. Goûter au rhum vieux Grande Réserve 2004 est aussi un incontournable: produit d'une seule récolte, d'un seul type de canne, c'est un produit millésimé vieilli plus de 10 ans en fûts de cognac.

Les cuvées parcellaires sont aussi une façon pour Longueteau de se distinguer; elles proviennent de cannes récoltées dans un seul et même secteur du domaine cultivable de 70 hectares.

«Comme le vin, la canne qui pousse en différents endroits peut développer des goûts distincts en fonction du terroir, des conditions d'ensoleillement, de l'humidité et de l'influence des embruns marins», indique Yvon Ticout, représentant de la distillerie Longueteau.

Il est aussi possible de visiter les lieux, avant la dégustation. Le responsable de la maintenance générale, Loïc Lemoine, nous a ainsi expliqué en détail les étapes de production du rhum agricole - produit à partir de jus de canne pur, contrairement au rhum traditionnel, qui est distillé à partir de la mélasse extraite de la production de sucre. Cependant, l'accueil et l'encadrement des touristes mériteraient davantage d'attention pour être à la hauteur de la qualité des produits.

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