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Le tourisme, un an après les attentats

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Naceur Methnani, guide touristique tunisien, ne voit pas les attentats comme un événement typiquement tunisien, mais plutôt la résultante d'un fléau mondial. Pour sa part, ce sont bien plus les changements climatiques qui l'inquiètent qu'autre chose.

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Julie Roy

Collaboration spéciale

La Presse

(Tunis) Deux fois l'année dernière, la Tunisie a été frappée par le terrorisme. Le 18 mars, au musée du Bardo, 22 personnes, majoritairement des touristes, ont trouvé la mort. Une tragédie semblable s'est reproduite le 26 juin au port El-Kantaoui. Bilan : 38 morts, dont 30 touristes britanniques. Ces attentats ont fait fuir les touristes occidentaux. Le temps est-il venu d'y retourner ?

À la suite des attentats, la ville de... (PHOTO JULIE ROY, COLLABORATION SPÉCIALE) - image 1.0

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À la suite des attentats, la ville de Torzeur a vu fermer 14 de ses hôtels, les touristes ayant déserté ses ruelles.

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Les Canadiens n'ont pas été directement touchés par les attentats en Tunisie, mais ils ont aussi boudé le pays dans la foulée de ces événements tragiques. En 2010, 17 000 d'entre eux s'étaient rendus dans ce pays d'Afrique du Nord. En 2015, ils n'étaient plus que 7000.

L'Office national du tourisme tunisien (ONTT) espère inverser cette tendance. Pour ce faire, elle mise entre autres sur la mise en place d'un vol direct Montréal-Tunis deux fois par semaine à compter du 18 juin.

Farida Henni, responsable marketing et communication pour l'ONTT, est consciente de la crainte qu'ont pu susciter les attentats, mais elle souligne que les attaques du genre sont un fléau mondial qui n'est pas propre à la Tunisie.

«La Tunisie est un pays pacifique et tolérant. En 2015, il a même reçu le prix Nobel de la paix.

»

Farida Henni
La baisse de l'achalandage est un moment propice... (PHOTO JULIE ROY, COLLABORATION SPÉCIALE) - image 3.0

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La baisse de l'achalandage est un moment propice pour visiter le désert de sel dans le calme absolu. Ici, des dunes de sable pétrifiées.

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Les autorités gouvernementales du pays souhaitent aussi que les touristes reviennent et elles ont mis en place des mesures pour assurer leur protection. Toutes les zones touristiques sont étroitement surveillées par des policiers et tous les hôtels font le contrôle des visiteurs à l'entrée. Même à Tunis, la capitale du pays, les rares touristes qui s'aventurent dans le marché public sont immédiatement repérés par des policiers en civil qui s'assurent de leur sécurité.

Les courageux

Sur place, il est vrai que les Tunisiens sont accueillants. Le simple mot « Canada » attire une pluie d'éloges, des sourires et suscite les conversations. C'est cette ambiance chaleureuse qui motive encore aujourd'hui Conrad Benoit, 83 ans, et Colette Meloche, 81 ans. Le couple passe ses hivers en Tunisie depuis 13 ans. Il était même sur place lors de la révolution du Printemps arabe. « Mes enfants ne comprennent pas pourquoi nous retournons en Tunisie. On se fait dire que nous sommes courageux, mais sur place, il n'y a pas un seul moment où je me suis sentie en danger », témoigne Mme Meloche.

André Archambault, 82 ans, et Gertrude Valois, 83 ans, sont aussi des habitués de la Tunisie. Au moment de choisir leur destination, ils ont hésité, mais ils ont fait le choix d'y retourner. « Les prix sont plus qu'abordables. Pour deux mois, il en coûte 2300 $ par personne. Logé, nourri. Le taux de change nous avantage, contrairement à la Floride », souligne M. Archambault. Et la peur ? « Les enfants ont plus peur que nous et, de toute façon, mourir ici ou chez nous... Nous aimons ce pays parce qu'il y a la plage, mais aussi de l'histoire. Sans parler de l'accueil des gens. Cette année, encore plus qu'auparavant, on nous a reçus à bras ouverts. »

Thierry Capitan et sa fille Marie n'étaient jamais allés en Tunisie. Ils ont décidé de s'y rendre par solidarité envers ce peuple. « En voyageant dans des pays qui ont été victimes d'attentats, nous les soutenons financièrement et nous montrons à la population que nous sommes solidaires de leurs souffrances. C'est une façon de leur dire que nous ne les oublions pas et que nous les aimons », témoigne Thierry Capitan.

Moins de touristes, c'est bien aussi

La baisse de l'achalandage n'est pas perçue négativement par tout le monde. Certains y voient une occasion de visiter des endroits touristiques en évitant la cohue. La baisse du nombre de touristes a un impact direct sur les gens travaillant dans l'industrie. En manque de clients, certains sont plus enclins à se faire embaucher comme guide privé pour à peine plus qu'un tour en groupe. Une bonne chose pour sortir des sentiers battus et pour ceux qui n'ont pas beaucoup de temps. « Normalement, le circuit du désert prend trois jours, car souvent il y a des gens plus âgés et nous ne voulons bousculer personne. Avec un groupe restreint, cela peut être plus rapide », indique Naceur Methnani, guide touristique tunisien.

Autre avantage, il y a aussi la possibilité d'avoir un circuit à la carte et de voir des attraits qui ne figurent pas dans les circuits traditionnels. « Selon l'intérêt de mes clients, je peux leur faire voir autre chose, comme des villages qui ont été ensevelis par le désert en raison des changements climatiques ou les emmener manger dans des grottes troglodytes avec des habitants de l'endroit. Des options que je ne peux pas proposer quand il y a un fort achalandage et que tous les groupes sont complets », raconte M. Methnani, qui espère malgré tout le retour des visiteurs, car comme nombre de ses compatriotes, il a dû trouver un autre emploi à la suite des attentats.

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