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L'Office du tourisme égyptien veut regagner la confiance des touristes canadiens

Les touristes sont obligés de rester à l'intérieur... (Photo Lefteris Pitarakis, AP)

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Les touristes sont obligés de rester à l'intérieur des limites des stations balnéaires. Il est aussi impossible d'aller visiter les pyramides, le sphinx ou d'autres célèbres musées égyptiens, qui sont fermés au public dès que des violences éclatent dans le pays.

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L'Égypte sous tension
L'Égypte sous tension

Notre dossier sur le soulèvement populaire qui secoue l'Égypte. »

La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Malgré les violences qui ont déchiré l'Égypte au cours des derniers jours, l'Office du tourisme égyptien au Canada continue de vanter le pays comme destination vacances et prépare une campagne publicitaire pour l'automne. Le ministère des Affaires étrangères pendant ce temps invite toujours les Canadiens à éviter tout voyage non essentiel en Égypte.

«Nous vivons une crise politique, alors que le peuple est à la recherche de démocratie. Mais nous recevons encore des touristes, qui apprécient les plages et l'atmosphère paisible des stations balnéaires. Nous avons besoin des touristes canadiens, surtout maintenant. Il n'y a pas de dangers pour les touristes», affirme Mostafa Sallam, directeur de l'Office du tourisme égyptien au Canada basé à Montréal.

Après l'explosion de violence des dernières semaines, les cinq millions de personnes qui vivent du tourisme en Égypte traversent des jours sombres, souligne M.Sallam. «C'est très difficile ces temps-ci de faire la promotion du tourisme en Égypte», ajoute-t-il avec réalisme.

En 2010, près de 100 000 Canadiens ont visité l'Égypte. Jamais autant de voyageurs canadiens n'avaient mis les pieds sur le sol égyptien. Tout s'est effondré en 2011 avec le printemps arabe.

Mostafa Sallam révèle que son bureau planifie actuellement une importante campagne de promotion pour ramener les touristes canadiens en Égypte. «Dans quelques jours, nous prévoyons que la situation sera de retour à la normale. Nous planifions une série de publicité à l'automne, en plus d'avoir une importance présence au Salon du tourisme de Montréal et d'inviter les journalistes en Égypte en octobre. Nous devons faire beaucoup pour changer notre image», dit-il.

Ses efforts ne visent pas seulement les citoyens canadiens, mais aussi le gouvernement. De pair avec l'ambassade égyptienne, il dit travailler d'arrache-pied pour convaincre le gouvernement canadien de modifier son avertissement aux voyageurs.

Si le ministère des Affaires étrangères recommande toujours d'éviter tout voyage non essentiel dans le pays, il exclut cependant de cet avis les stations balnéaires d'Égypte, notamment celles de la mer Rouge.

Un touriste d'ici qui visiterait Charm el-Cheikh serait cependant loin de vivre une expérience de voyage normale. Dans plusieurs cas, les touristes sont obligés de rester à l'intérieur des limites des stations balnéaires. Il est aussi impossible d'aller visiter les pyramides, le sphinx ou d'autres célèbres musées égyptiens, qui sont fermés au public dès que des violences éclatent dans le pays.

Paul Arseneault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, n'est pas convaincu que c'est une bonne idée de visiter l'Égypte actuellement, stations balnéaires ou pas.

«L'avis des Affaires étrangères va dans le sens que ce sont des vols nolisés qui se rendent dans les stations balnéaires, qui sont en théorie éloignées du Caire. L'état d'urgence a été déclaré dans tout le pays, rappelons-le. Je me demande pourquoi le Canada n'interdit pas simplement d'y aller», dit-il.

Interpellé par La Presse Canadienne sur la question, le ministère des Affaires étrangères explique que les stations balnéaires sont sécuritaires, malgré les troubles sur le territoire égyptien.

«Aucune attaque de militants n'est survenue à Charm el-Cheikh ou à Hurghada même depuis plusieurs années. Une présence accrue du personnel de sécurité égyptien est observée à Charm el-Cheikh et à Hurghada, et dans les environs, afin de protéger les voyageurs et l'infrastructure touristique», affirme Béatrice Fenelon, porte-parole du ministère. Elle ajoute néanmoins que tout voyageur canadien qui déciderait de mettre les pieds en Égypte doit «faire preuve d'une grande prudence.»

Si le tourisme en Égypte connaît des jours sombres, les Québécois attendent avec impatience de pouvoir retourner dans le pays, affirme Jacques Rodier, président de l'agence de voyages Traditours. «Depuis quatre ans, nous n'allons plus en Égypte. Nous devions y retourner en septembre, mais nous avons dû annuler le voyage. C'est tellement un pays de rêve, les gens ont hâte de pouvoir y aller, mais nous voulons que ce soit sécuritaire», insiste-t-il.

Le titulaire de la Chaire de tourisme de l'UQAM estime que l'Égypte n'aura pas de difficulté à regagner le coeur des touristes canadiens lorsque la paix sera de retour. M. Arsenault explique que les touristes sont «allergiques» à l'instabilité politique, mais qu'ils sont prêts à redonner leur confiance à une destination rapidement.

«Les gens vont retourner en Égypte, lorsqu'il y aura un gouvernement stable. Six mois après le retour à la stabilité, les gens vont oublier ce qu'il s'est passé», croit Paul Arseneault.

(Par Étienne Fortin-Gauthier, La Presse Canadienne)

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