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Tunisie: la saison touristique fortement compromise

Des chameaux traversent une plage de Djerba, une... (Photo Paul Schemm, ARCHIVES AP)

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Des chameaux traversent une plage de Djerba, une île touristique de la Tunisie.

Photo Paul Schemm, ARCHIVES AP

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Katia DOLMADJIAN avec les bureaux de Londres, de Berlin
Agence France-Presse
PARIS

L'attentat contre un hôtel de Sousse vendredi compromet fortement l'espoir pour la Tunisie de renouer cet été avec le tourisme en provenance d'Europe, un poumon de l'économie, trois mois seulement après l'attaque contre le musée du Bardo qui avait tué 21 touristes.

Trente-sept personnes ont été tuées vendredi lorsqu'un homme armé a ouvert le feu dans l'hôtel Marhaba de la station balnéaire de Sousse (sud de Tunis). Parmi elles figurent des touristes, majoritairement Britanniques et d'Europe centrale, selon le groupe propriétaire de l'hôtel.

Cet attentat intervient à quelques jours du lancement de la saison estivale, dans un pays où le tourisme représente environ 7 % du PIB et quelque 400 000 emplois directs et indirects.

«L'attentat contre le musée du Bardo c'était déjà difficile, mais là, les touristes ont été tués sur la plage. C'est ce que les gens vont voir ce soir au 20h, et clairement ils ne vont pas vouloir aller en vacances là-bas», résume à l'AFP un professionnel français du tourisme.

En avril, le tourisme tunisien avait déjà enregistré un fort recul de 25,7 % (sur un an) du nombre de touristes et de 26,3 % des recettes touristiques en devises, selon la Banque centrale du pays.

Si l'attentat contre le musée du Bardo, revendiqué par le groupe djihadiste État islamique (EI), était encore dans les esprits, les tour-opérateurs et les agences de voyage misaient beaucoup sur les réservations de dernière minute et les prix imbattables de la Tunisie pour sauver la saison.

Dans un communiqué, le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) a «condamné cette attaque brutale» qui a «frappé au coeur de l'industrie du tourisme». Il a appelé les acteurs internationaux du tourisme à «continuer d'apporter leur soutien à la Tunisie», et appelé le gouvernement tunisien à «prendre les mesures de sécurité appropriées».

«Nous sommes atterrés par cet acte terroriste très ciblé, qui visait spécifiquement des touristes», a réagi vendredi à l'AFP Jean-Pierre Mas, président du Snav, organisation qui représente les agences de voyage françaises, évoquant une situation «catastrophique» pour le pays, «alors qu'on sentait que la destination repartait».

Déjà mal engagé avant l'attentat

Le Snav et le Seto (tour-opérateurs français) ont recommandé vendredi soir aux professionnels du tourisme de permettre les reports sans frais pour les clients en partance pour la Tunisie qui ne souhaiteraient plus y aller, ou y aller plus tard. Ces reports doivent cependant être signifiés avant le 10 juillet, mais sont valables «pour les 12 prochains mois», vers la Tunisie ou toute autre destination.

Les Français, premier contingent historique de touristes, affichent depuis le début de l'année une nette frilosité pour la destination tunisienne, au point de se faire dépasser pour la toute première fois début 2015 par les Anglais en termes d'arrivées sur le territoire, indiquait mercredi René-Marc Chikli, président du Seto, syndicat des tour-opérateurs français.

Le voyagiste britannique Thomas Cook a annoncé dans l'après-midi qu'il offrait la possibilité à ses clients «de changer sans frais leurs réservations pour la Tunisie pour les départs prévus jusqu'au 24 juillet».

L'association des agents de voyage britanniques a conseillé aux personnes devant partir «aujourd'hui ou demain» pour la Tunisie de contacter leur tour-opérateur, mais a demandé aux autres «d'attendre» pour le faire.

Du côté de l'Allemagne, le voyagiste TUI a indiqué à l'AFP compter quelque 260 personnes dans la zone de l'attentat, mais n'avoir pas d'information sur d'éventuelles victimes parmi ses voyageurs. Il propose aux touristes qui voudraient rentrer de les rapatrier par le prochain vol, et l'annulation sans frais pour ceux qui ont des réservations jusqu'au 15 septembre.

En France, si l'attentat du Bardo a joué, ceux de Paris au mois de janvier ont également freiné les départs vers la Tunisie, mais aussi vers l'ensemble des pays musulmans, notamment le Maroc, la Turquie et l'Indonésie.

Concernant juillet et août, les réservations pour la Tunisie depuis la France affichaient déjà à fin mai un fort retard en termes de réservations pour l'été, à -37,7 % comparé à mai 2014, selon des chiffres du Seto.

Du côté des agences de voyage françaises, les données n'étaient pas plus réjouissantes: la Tunisie enregistrait déjà entre janvier et mai une baisse cumulée de 40 % des réservations en nombre de passagers, et de 42 % en volume d'affaires.

Quant à l'hôtellerie de chaîne dans le pays, elle a vu son revenu par chambre disponible (RevPar, principal indicateur du secteur, NDLR) diminuer de 15,8 % en avril 2015 par rapport à avril 2014, puis de 12,9 % en mai par rapport à mai 2014, selon les derniers chiffres du cabinet MKG.

Le taux d'occupation des hôtels de chaîne tunisiens est passé quant à lui de 39,4 % en avril à 44,9 % en mai. A titre de comparaison, il était 72,6 % en mai 2010.

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