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48 heures à Saint-Pierre et Miquelon

C'est l'un des rares endroits au monde où l'on ne trouve ni McDo ni Tim... (Photo: Andrée Lebel, La Presse)

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Photo: Andrée Lebel, La Presse

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Andrée Lebel
La Presse

C'est l'un des rares endroits au monde où l'on ne trouve ni McDo ni Tim Hortons. En fait, il n'y a aucun commerce avec bannière dans cette parcelle de la France, située dans l'océan Atlantique, à 25 km des côtes de Terre-Neuve. L'archipel de Saint-Pierre et Miquelon compte huit îles et îlots, mais ses résidants vivent principalement dans les îles Saint-Pierre (5500 habitants) et Miquelon (600 habitants). Au-delà de la diversité des paysages, l'authenticité et l'accueil des insulaires rendent le séjour inoubliable.

JOUR 1

15h

De belles couleurs

En arrivant à Saint-Pierre, on est séduit par la pureté de l'air, les couleurs originales des maisons de bois et les rideaux de dentelle qui ornent les fenêtres. Je suis aussi charmée par l'accueil des Saint-Pierrais. À l'auberge Quatre Temps, le propriétaire m'offre un café et une charlotte à la platte-bière (chicouté) tout en m'indiquant sur une carte les principales attractions de son île. Pas besoin de voiture, tout est à distance de marche.

>>> Voyez nos photos de Saint-Pierre et Miquelon

16h

Le centre-ville

Je pars aussitôt vers le centre-ville. Les rues sont peu achalandées mais non désertes, et tout le monde me salue. Je fais un brin de conversation avec une femme qui travaille dans son potager, avec un menuisier qui a installé sa scie sur le trottoir, avec des femmes qui jouent au cochonnet saint-pierrais dans un petit parc. Un arôme de pain chaud me conduit jusqu'à la boulangerie. Manque de chance, elle vient tout juste de fermer.

J'entre plutôt dans un bâtiment moderne en forme de vague. Le musée l'Arche retrace deux siècles d'histoire de ce territoire français, de la grande époque de la pêche à la morue jusqu'à l'évolution de l'architecture dans l'archipel. J'apprends notamment que les tambours qui empiètent sur le trottoir ont d'abord été conçus pour servir de sas pendant l'hiver. Avec le temps, ils sont devenus des éléments de décoration.

Je fais un arrêt à la cathédrale pour admirer les magnifiques vitraux qui ont été offerts par le général de Gaulle lors de sa visite en 1967. Un peu plus loin, je passe devant le fronton basque érigé en 1906 où quelques Saint-Pierrais jouent à la pelote. Cela me rappelle que plusieurs pêcheurs basques, bretons et normands sont venus s'installer dans l'île au XVIIIe siècle.

20h30

Souper et rencontres

En plus de la langue et de l'euro qui confirment que nous sommes en territoire français, le style de vie de l'archipel est semblable à celui des provinces de France. Ainsi, la plupart des restaurants n'ouvrent pas avant 20h et les commerces ferment à l'heure du midi.

Je me présente seule au restaurant Le feu de braise, mais des Saint-Pierrais m'invitent rapidement à leur table. Ils me parlent de leur vie dans l'archipel, des jeunes qui partent étudier en France et décident de s'y installer (moins du tiers reviennent), des efforts qui sont faits pour attirer les touristes (présentement 12 000 par année, dont 85% arrivent par bateau via Terre-Neuve), et du peu d'intérêt des Français de la métropole pour leur Collectivité territoriale depuis la disparition de l'industrie de la pêche, il y a une quinzaine d'années.

JOUR 2

9h

D'illustres visiteurs

Pour survivre, les pêcheurs ont dû trouver d'autres occupations. Jean-Claude Fouchard a mis sur pied Le Caillou blanc, qui propose des visites touristiques à bord d'un minibus. Il m'amène aux extrémités de l'île, me signale au passage les nombreux sentiers de randonnée, tous balisés, et me pointe le caillou blanc en haut de la montagne qui servait de repère aux goélettes. Cela n'a pas empêché plus de 650 navires de faire naufrage autour de l'archipel et on peut encore apercevoir l'épave du cargo allemand TransPacific, échoué en 1971. Il me parle de Chateaubriand, Louis Pasteur et Al Capone, qui ont visité l'archipel, et des paquebots de croisière qui sont de plus en plus nombreux à y faire escale.

À la Boutique des artisans, je rencontre un autre ex-pêcheur. Daniel Marie a fondé une petite entreprise de liqueurs artisanales, préparées avec des fruits de la région (chicouté, canneberges, bleuets, etc.)

Situé juste à côté, dans le bel édifice des postes, le Musée de philatélie rassemble les timbres de l'archipel. Dessinés par des artistes locaux, ils sont très convoités par les collectionneurs.

12h

Des crêpes

Pendant que je mange une crêpe au Maringouin'fre, la conversation va d'une table à l'autre. C'est ainsi que je fais connaissance avec un couple de Montréalais qui fait du camping, une vieille dame d'Angleterre qui affectionne les destinations peu fréquentées et une étudiante de la Gaspésie qui est venue faire des photos.

14h

Île aux Marins

Je me joins à un groupe de Québécois qui font un circuit Terre-Neuve/Saint-Pierre et Miquelon pour visiter l'île aux Marins, située à 10 minutes en bateau devant Saint-Pierre. Autrefois, près de 700 pêcheurs y vivaient. Les derniers habitants sont partis en 1965. Quelques familles y ont toutefois gardé leur maison comme résidence d'été. D'autres bâtiments, comme l'école, ont été transformés en musée. Nous visitons aussi une saline (maison de pêcheur dont le rez-de-chaussée servait à entreposer bateau et morues tandis que la famille vivait à l'étage), les graves où l'on faisait sécher la morue, l'église où les gens de l'archipel se rassemblent encore une fois par année, le 15 août. Ici et là on peut voir des doris, une sorte embarcation à fond plat utilisée par les petits pêcheurs.

Dans l'île aux Marins, il n'y a ni électricité ni routes. Seulement des sentiers qui vont d'une maison à l'autre. L'endroit semble hors du temps et nous sommes tous ravis de notre après-midi.

17h30

Musée Héritage

Le conservateur Roland Châtel me fait visiter le musée Héritage, une pure merveille d'aménagement et un grand livre ouvert sur l'histoire de l'archipel. Il a acheté le bâtiment historique pour entreposer ses collections, mais petit à petit l'a rénové et a regroupé ses objets par thème: la vie religieuse, l'hôpital et l'école, l'époque de la prohibition, la pêche, lanternes de phares, etc. Tout est bien expliqué et on peut y passer des heures. Sans compter que la passion de Roland Châtel est communicative.

20h

La cuisine française

On mange bien partout à Saint-Pierre et Miquelon. Mais je ne pourrai jamais oublier le pot au feu de la mer qu'on m'a servi à L'Atelier gourmand. Ce restaurant en bordure du port propose une cuisine française avec des produits de la région.

JOUR 3

8h

Miquelon et Langlade

Le bateau Atlantic Jet met une heure pour rejoindre l'île Miquelon (on peut aussi s'y rendre par avion en 10 minutes). Elle est reliée par un isthme à l'île Langlade, qui est le territoire de chasse et pêche des Saint-Pierrais et des Miquelonnais. Le paysage est vert, les lacs et rivières ne se comptent pas et on peut voir apercevoir quantité de phoques dans le barachois. Ici et là, de beaux chevaux vont et viennent en toute liberté.

13h

La grande bouffe

Je reviens à Miquelon pour assister au 20e Festival annuel des produits de la mer. Cette grande bouffe communautaire réunit 450 personnes dans le gymnase et plus de 80 bénévoles ont préparé des dizaines de plats selon leurs meilleures recettes. Morues, encornets, buccins, homards, crevettes, crabes des neige, saint-jacques, etc. sont apprêtés à toutes les sauces. Tout est savoureux et c'est une grande fête. Pendant que les convives dansent au son d'un orchestre local, on regarnit la table de centaines de desserts.

Pour brûler quelques calories, je découvre à pied le charmant village de Miquelon. Personne ne peut m'expliquer la présence d'un vitrail montrant l'oratoire Saint-Joseph et le frère André dans la petite église. Je prends de grandes bouffées d'air salin avant de rembarquer sur l'Atlantic Jet, qui me ramènera à Saint-Pierre pour une dernière nuit.

Les frais de ce voyage ont été payés par la Maison de la France et le Comité régional du tourisme des îles Saint-Pierre et Miquelon.

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