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Rencontre en altitude: les États-Unis de Sarah et James

Sarah et James Kelly... (Photo Sophie Fouron, collaboration spéciale)

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Sarah et James Kelly

Photo Sophie Fouron, collaboration spéciale

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Sophie Fouron

Collaboration spéciale

La Presse

Malgré les heures passées côte à côte en vol, nos voisins de siège demeurent souvent anonymes. Notre collaboratrice a voulu briser cette bulle invisible, faisant des découvertes aussi étonnantes qu'enrichissantes. Cette semaine, Sarah et James Kelly.

« Je ne serai pas désagréable, n'ayez crainte », me lance Sarah en s'asseyant dans son siège.

J'éclate de rire, lui avouant mon intérêt marqué pour mes voisins dans l'avion. Elle me dicte tout de go : « Belle, charmante, teint impeccable, jeune. Voilà ce que tu écriras sur moi. »

Le ton est donné, et la conversation avec le sympathique couple de Vermontois ne s'arrêtera qu'une fois à destination.

Sarah et James reviennent d'un voyage en Écosse.

« Tu savais que la mère de Trump est Écossaise ? On avait tellement peur qu'ils nous parlent de lui, là-bas. J'ai essayé très fort de me déconnecter de l'actualité américaine. J'avais besoin d'un répit. Je n'ai succombé qu'une seule fois. »

James opine du bonnet, visiblement habitué aux envolées verbales de sa femme. Elle poursuit : 

« Ce qui m'inquiète, c'est qu'on s'habitue à son style. On a réellement envisagé de déménager au Canada. Je te jure.

- Vous et des milliers d'autres.

- Je sais. En plus de tous ceux qui doivent le faire clandestinement. Fuir pour nous n'est évidemment pas la solution. Il faut assumer. Après tout, il a été élu démocratiquement ! »

Je leur demande s'ils connaissent des gens qui ont voté pour Donald Trump.

« Non, mais on habite au Vermont ! s'exclame Sarah. Le pays de Bernie Sanders est l'un des États les plus progressistes des États-Unis, comme tu le sais sûrement. Il est quasi impossible d'être ouvertement bigot au Vermont. Ça ne passe tout simplement pas. »

Elle me raconte qu'au collège où elle travaille, les lettres MAGA (pour Make America Great Again, le slogan électoral de Trump) ont été taguées sur un mur de l'école. Quatre lettres. Un immense tollé. Réunions d'urgence, rencontres avec les étudiants, communication aux parents, etc.

« On a dû non seulement parler de respect des lieux, mais surtout, avant tout, de respect des autres. Une démocratie, c'est aussi accepter les opinions divergentes. La moitié de la population américaine a voté pour lui, donc forcément, le pays, les communautés, les familles sont divisés. Visiblement, notre collège compte également son lot de supporters de Trump, il était donc important pour nous de provoquer ce dialogue. »

UN MESSAGE AUX JEUNES CANADIENS

Je lui demande si les jeunes du Vermont craignent pour l'avenir de leur pays.

« Oh, tu sais, nos étudiants sont comme tous les autres. Ils sont sur leur téléphone, ont hâte de faire de l'argent et pensent tout savoir. »

Ancien professeur de philosophie, James ouvre la bouche pour une rare fois : « Je déteste quand les jeunes de 18 ans ont un plan. Comment est-ce possible ? » Suit une discussion sur l'importance des sciences humaines afin de développer sa pensée critique.

« C'est déjà tellement difficile de les mener jusqu'à l'université, proteste Sarah. Ils sont pressés de travailler. D'ailleurs, on adorerait avoir plus d'étudiants canadiens ! »

J'ai promis de passer le message à mon entourage. Voilà, c'est fait.

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