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Rencontre en altitude: l'esprit scientifique d'Ashneel

Ashneel Chandra... (Photo Sophie Fouron, collaboration spéciale)

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Ashneel Chandra

Photo Sophie Fouron, collaboration spéciale

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Sophie Fouron

Collaboration spéciale

La Presse

Malgré des heures passées à leurs côtés lors d'un vol, nos voisins de siège demeurent souvent anonymes. Notre collaboratrice a voulu briser cette bulle invisible, faisant des découvertes aussi étonnantes qu'enrichissantes.

Rangée 14, rangée 14... J'arrive finalement à ma place, non sans déranger mon voisin déjà bien installé dans son siège allée.

« Vous avez remarqué ? Il n'y a pas de rangée 13. »

Je lève la tête et constate avec étonnement que les rangées passent effectivement de 12 à 14. J'ai affaire à un fin observateur.

« J'ai un esprit scientifique avec cette tendance à observer les mécanismes et les détails plutôt que les gens. »

J'éclate de rire en lui disant que chez moi, c'est exactement le contraire. On a de quoi jaser d'ici l'atterrissage.

J'apprends qu'Ashneel Chandra est chargé de cours au département de physique de l'Université du Pacifique Sud (établie à Fidji, mais regroupant 12 îles de la région). Il achève sa maîtrise sur la fréquence de la foudre comme indicateur de la puissance des cyclones et espère poursuivre des études doctorales en météorologie.

Avec les changements climatiques, et ce, particulièrement dans son coin du monde, force est d'admettre qu'il est au bon moment et au bon endroit pour s'intéresser aux phénomènes météo.

« Tu ne manqueras jamais de boulot !

- Vous avez malheureusement raison. En revanche, j'entretiens un rapport amour-haine avec les cyclones. Celui de 2016, Winston, a complètement dévasté nos îles. Ce fut une véritable tragédie et moi, j'étais sur place pour l'étudier. Les cyclones deviennent de plus en plus violents, fréquents et fascinants. Et, bien que la recherche avance, c'est un domaine complètement imprévisible. En fin de compte, on peut accumuler beaucoup de données, mais la nature nous dominera toujours. »

Il fait une pause, songeur, et me demande le plus sérieusement du monde si, en Amérique, les bons élèves se font réellement intimider ou si le phénomène est simplement exagéré dans les films hollywoodiens.

Je lui rappelle que Les tronches (Revenge of the Nerds) n'est pas un documentaire, mais bel et bien une oeuvre de fiction.

« J'ai toujours trouvé ça bizarre parce qu'ici, à Fidji, c'est très bien vu d'avoir de bonnes notes. Les autres élèves te respectent, et les professeurs te citent en exemple. Tu sais, quand tu viens d'une minuscule île, que ta mère n'a pas terminé son secondaire et ton père, sa 6e année, tu valorises énormément l'éducation. C'est la clé pour assurer ton avenir.

- Fidji, c'est peut-être petit, mais ça demeure un endroit idyllique. Es-tu conscient de ce que ton île évoque pour le reste du monde ?

- Oui, mais il y a beaucoup de méconnaissances sur Fidji et les îles du Pacifique. Les gens souhaitent venir ici, mais ne savent même pas nous situer sur la carte ! »

Amusée, je lui demande où il aimerait partir en vacances, lui, Fidjien d'origine.

« Mon voyage de rêve serait d'aller en Norvège pour observer les aurores boréales. Je peux expliquer le phénomène de long en large et vous dire, par exemple, qu'elles se produisent abondamment près des pôles. Mais au diable la théorie ! Maintenant, je veux les voir !

« Et surtout, ajoute-t-il, sourire en coin, c'est sûrement plus agréable à observer qu'un cyclone ! »

Profil

Ashneel Chandra, 25 ans, chargé de cours

Habite à Suva, aux îles Fidji

Lors d'un vol Fidji-Samoa




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