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Les risques du tourisme dans le continent blanc

L'Akademik Chokalskiï s'était retrouvé coincé la veille de... (Photo fournie par Andrew Peacock/AFP)

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L'Akademik Chokalskiï s'était retrouvé coincé la veille de Noël à une centaine de kilomètres de la base française Dumont d'Urville.

Photo fournie par Andrew Peacock/AFP

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Neil SANDS
Agence France-Presse
WELLINGTON

L'ampleur et la complexité des secours apportés au navire russe bloqué  par les glaces en Antarctique pendant deux semaines soulignent les risques inhérents aux voyages touristiques dans ce continent aux conditions extrêmes, selon les experts.

L'Antarctique est une des dernières frontières, offrant aux touristes --fortunés-- une immensité virginale de neige, glace et banquises, peuplée de baleines, de phoques et de manchots.

Mais comme l'ont découvert les passagers du bateau russe Akademik Chokalskiï, le blizzard, les icebergs, une météo extrême et des mers dangereuses peuvent aussi faire partie du programme. Et sur ce continent isolé, les secours ont des milliers de kilomètres à parcourir avant d'arriver sur place.

L'affaire de l'Akademik Chokalskiï «doit en effet nous rappeler qu'il s'agit d'un environnement extrême, que ce soit pour les expéditions scientifiques ou les croisières touristiques», déclare à l'AFP Daniela Liggett, spécialiste de la règlementation pour le tourisme en Antarctique à l'université de Canterbury, en Nouvelle-Zélande.

De moins de 5000 en 1990, le nombre de touristes atteint aujourd'hui les quelque 35 000 par an, selon les chiffres de la profession. La plupart arrivent par mer, payant jusqu'à 15 000 euros (environ 22 017$) pour une cabine de luxe en haute saison (novembre à mars).

D'autres admirent le paysage depuis les airs, dans un avion.

Le premier séjour touristique en Antarctique date de 1958: une centaine de passagers avaient payé leur place à bord du navire argentin Les Éclaireurs.

Depuis, beaucoup s'alarment de l'impact de ces visites sur un continent vierge et fragile et des difficultés à venir en aide aux bateaux pouvant se trouver en difficulté.

«L'isolement est une spécificité de l'Antarctique et si quelque chose arrive à un gros bateau, et bien il sera quasiment impossible de venir en aide à tous les passagers rapidement», note Daniela Liggett.

Les équipes de secours traditionnelles se trouvent à des milliers de kilomètres et l'aide retombe souvent sur les navires des expéditions scientifiques, perturbant des missions minutieusement préparées en raison de la brièveté de l'été austral.

Des navires scientifiques réquisitionnés

Yves Frenot, directeur de l'Institut polaire français Paul-Emile Victor, s'était indigné la semaine dernière des perturbations subies par les scientifiques français, chinois ou australiens, pour venir en aide à un bateau de touristes.

«Il n'y a aucune raison de mettre l'Antarctique sous cloche et de le garder uniquement pour les scientifiques, mais il faut que ce tourisme soit contrôlé et encadré, de sorte qu'on soit certain de pouvoir porter secours en cas de souci», avait-il déclaré.

L'Akademik Chokalskiï s'était retrouvé coincé la veille de Noël à une centaine de kilomètres de la base française Dumont d'Urville. Un brise-glaces chinois, venu à sa rescousse, avait alors lui aussi été piégé par les glaces. Les deux bâtiments sont finalement parvenus à s'extirper de la banquise cette semaine.

L'Astrolabe, le navire français qui ravitaille Dumont d'Urville pendant l'été austral, a été réquisitionné plusieurs jours, de même que le navire scientifique des Australiens.

Le bateau russe comptait à son bord des touristes et des scientifiques venus reproduire un siècle plus tard les expériences de l'explorateur australien Douglas Mawson. «Une expédition pseudo-scientifique» selon Yves Frenot.

Les navires de croisière avalisés par l'Organisation internationale des organisations touristiques en Antarctique (IAATO) naviguent souvent par paire, afin de pouvoir se porter secours en cas de pépin, indique Daniela Liggett.

Ces croisières veillent à abimer le moins possible l'environnement, assure-t-elle. «Elles vendent à leurs clients des paysages, la vie sauvage et un environnement intact. C'est dans leur intérêt de préserver tout ça».

Les bateaux de tourisme appliquent des mesures sévères de décontamination afin que les passagers n'apportent pas à terre des espèces exogènes ou des microbes, indique Amanda Lynnes, porte-parole de l'IAATO. Les bateaux transportant plus de 500 passagers ne les font pas descendre à terre.

Les touristes deviennent à leur retour d'ardents défenseurs pour la protection du continent blanc, ajoute la porte-parole. «Les visiteurs (...) deviennent des ambassadeurs de bonne volonté pour la conservation de cette immensité vierge».

L'industrie du tourisme est aujourd'hui bien établie et les autorités doivent donc s'assurer qu'elle agisse de manière responsable, souligne-t-elle.

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