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Le lendemain de la fin

Bruno Blanchet
Collaboration spéciale
Manille

Avant d'entrer au centre commercial, en face de mon hôtel, vous devez vous soumettre à une fouille corporelle. Tous, sans exception! Les petits comme les grands, les barbus comme les glabres. Les bruns comme les blancs.
Hier après-midi, en m'apercevant, un vieil homme, pieds nus, a traversé la rue comme un troublé pour m'offrir du Viagra volé à la pharmacie... À la réception de l'hôtel, il y a, bien en vue, une affiche: SVP, laissez vos armes à feu au comptoir».

Je regarde par-dessus mon épaule, le soir... Les ombres m'effrayent. Ah, je me sens revivre!

Taiwan m'a fait l'effet d'un passage à vide, je ne vous le cacherai pas. Dieu que je trouve ça ennuyant de voyager dans un pays où les trains sont à l'heure, à la seconde près, et où vous pouvez oublier votre sac sur un banc de parc.

(Sur l'air de Le plus beau voyage de Claude Gauthier)

Je suis retard, je suis déraillement de train

Je suis bagage éventré, je suis atterrissage forcé

Je suis pneu crevé, je suis inconfort,

Je suis inconnu, je suis étranger,

Je suis l'appelé, sur haut-parleur d'aéroport

«Passager Bruno Blanchet, veuillez vous présenter...»

Je suis humiliation, je suis perdu,

Je suis mousson et vol raté, je suis badtrip total,

Je ne suis pas le bienvenu, je suis l'ami

Je suis Ouganda, je suis Bangladesh, je suis Birmanie!

(et là, vous applaudissez)

Et maintenant, je suis Philippines.

Je n'ai pas utilisé de guides de voyage depuis trois mois. En fait, depuis le début du tournage de 3600 secondes d'extase. Pour des raisons techniques. Trop lourds, trop chers. Et je n'avais pas le temps de les magasiner, anyway.

Mais je viens d'acheter celui sur les Philippines. Comme j'y passerai plusieurs semaines, ça vaut la peine de savoir un peu plus où est-ce que je m'en vas. Et je voulais seulement vous faire part d'une réflexion que j'ai eue, mardi, en ouvrant le livre: évitez de lire le chapitre «DANGERS AND ANNOYANCES».

Vous ne sortirez jamais de chez vous. Déjà que les médias font des efforts surhumains en ce sens...

Je sentais comme une espèce de «resserrement», au niveau du visage, en ouvrant les yeux, ce matin. Je me suis tâté (le visage), et j'ai bien senti qu'il y avait là, en haut et en bas, des protubérances étrangères... Des bosses non identifiées? Bon... Encore des piqûres d'araignées! C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit. J'ai comme une antenne à arachnéens, je les attire, les haïssables; et, en plus, j'ai une intolérance à leur venin. En Éthiopie, il y a quelques mois, je me suis fait piquer à la lèvre, pendant la nuit, et au réveil, j'étais plutôt joli (comme dans Angelina). J'avais une babine à embrasser un chimpanzé.

Toujours est-il que, ce matin, surprise! Les 13 dernières semaines venaient de me rentrer dedans. D'un coup. J'ai étiré l'élastique, littéralement, comme d'habitude. Faut faire attention aux mots. Faut les prendre au sérieux! Quand quelqu'un vous dit «Je suis mort», vérifiez.

Faque... paf! Le fameux élastique, il m'est revenu dans la face. Pas à moitié. Vous savez, le phénomène de «le lendemain de la fin de quelque chose qui vous a physiquement et/ou mentalement mis à l'épreuve pendant une période prolongée de temps, vous vous réveillez obligatoirement avec une grippe»?

En plein ça.

Sauf que moi, en plus de la grippe, je me suis réveillé avec la crise d'urticaire de la mort. J'en ai dans le dos. Sur les mains. Les fesses itou. Pas de farce, je suis gonflé comme le bonhomme Michelin. Et pour la première fois, j'en ai dans le front et sur le menton.

Ça, c'est comique en maudit. Aujourd'hui, j'ai la tête de Brian Mulroney.

* * *

Je vous ai parlé d'«aller en prison» la semaine dernière, n'est-ce pas? Ne vous inquiétez pas, ça s'en vient. Avant, nous irons faire un tour dans l'île de Mindanao. Il paraît que c'est dangereux, je sais. Mais en ce qui nous nous concerne, c'est un mal nécessaire. Car nous avons rendez-vous avec Big Pete. Oui, LE Big Pete! Vous vous souvenez de lui, à Madagascar? L'ornithologue hooligan! La tête brûlée! Croyez-moi, ça va barder! Le gros tab... d'Anglais, il m'a fait rater un vol pour Istanbul, l'an dernier.

Et je m'en vais lui péter la gueule.

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