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Un tour-opérateur offre à voir le «vrai» Jakarta

Sébastien Blanc
Agence France-Presse

(Jakarta) Un train bondé frôle des taudis surpeuplés et des monceaux d'ordures qui brûlent le long des rails: cette scène typique de la capitale de l'Indonésie fait désormais partie d'un circuit touristique qui promet de dévoiler la «vraie» Jakarta.

Pas de musée ni de restaurant climatisé au programme des visites organisées par la fondation Interkultur. Cette association récemment créée veut montrer la vie de l'écrasante majorité des habitants, ceux qui se débattent dans la pauvreté et la promiscuité.

L'initiateur du projet, Ronny Poluan, vadrouille depuis 40 ans dans Jakarta, une mégapole étouffante et polluée qui repousse les visiteurs internationaux.

Cet intellectuel au long catogan de cheveux blancs conduit ce jour-là un petit groupe d'étrangers en direction de la vieille ville de Jakarta, un quartier décrépit et sale nommé Kota, traversé par des canaux pestilentiels.

Pas question de prendre un taxi, jugé trop élitiste. Ronny saute dans un bus rouillé, suivi de ses touristes. Le véhicule qui lâche un nuage de fumée noire à chaque accélération est vite encalminé dans le chaos urbain.

Le chauffeur, fumant kretek (cigarette au clou de girofle) sur kretek, est enchanté de la présence de Blancs parmi ses passagers. Les touristes sont rares à Jakarta, bien plus rares que dans d'autres capitales d'Asie comme Bangkok, Hanoi ou Kuala Lumpur.

«Les touristes étrangers ne voient jamais la vraie Jakarta. La plupart ne restent pas et partent directement vers (l'île de) Bali», confirme Robert Finlayson, un volontaire australien travaillant avec Interkultur.

La visite se poursuit dans une gare où un grand panneau interdit aux voyageurs de s'installer sur les toits des rames et sur les locomotives. Le train pour Kota est en retard, cela fait partie des imprévus de la «vraie» Jakarta.

Ronny parle indonésien et anglais, a été acteur et réalisateur, et la rencontre des cultures le passionne, d'où son ONG Interkultur.

À Jakarta, l'ancienne Batavia, il est servi, avec les arrivées successives des marchands indiens, des navigateurs portugais, des colons néerlandais et la mosaïque d'émigrés venus de Sumatra, de Sulawesi ou de Java, regroupés dans des quartiers denses nommés «kampungs».

La traversée d'un kampung à Kota, où les enfants jouent pieds nus au milieu des cafards et des chats faméliques, est le point d'orgue de la journée. Les résidents, à coups d'«hello Mister», réservent un accueil chaleureux aux étrangers.

Les groupes sont volontairement limités à quatre touristes, afin de rester discrets.

«Il ne serait pas souhaitable de voir beaucoup de monde car cela changerait la réaction des enfants», estime Anna Paice, une Australienne ravie de la promenade.

La fondation propose quatre autres circuits, dont un nocturne, détaillés sur le site http://jakartahiddentour.wordpress.com/. Les prix s'étalent de 200 000 à 500 000 roupies (22 à 55 dollars) par personne.

Est notamment proposée la découverte du quartier de Ciliwung, serré dans les méandres d'une rivière. Les habitations ici sont régulièrement inondées, parfois jusqu'au toit.

Le cours d'eau sert à la fois de baignoire, de lavoir, de toilettes et de poubelle. Selon une ONG, 78 % des résidents y jettent leurs déchets. C'est là aussi qu'ils viennent boire.

Interkultur compte aider les communautés rencontrées, tout en éveillant la conscience des étrangers sur les difficultés économiques des Indonésiens, a expliqué à l'AFP Parlin Tampubolon, un cadre de l'association.

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