Laura Urtnowski, maman de la bière rousse

Laura Urtnowski, maman de la bière rousse... (Photo Martin Flamand (martinflamand.com)/URBANIA)

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Laura Urtnowski, maman de la bière rousse

Photo Martin Flamand (martinflamand.com)/URBANIA

Philippe Meilleur / URBANIA

Si les Québécois sont les seuls au monde à catégoriser les bières selon leur couleur, c'est en bonne partie en raison de l'apparition de la Boréale «rousse», il y a maintenant 25 ans. Discussion avec Laura Urtnowski, ancienne maître-brasseur et présidente de l'entreprise à l'origine de cette révolution... ou de ce simple coup de marketing?

Comme ça, c'est vous qui avez inventé la bière rousse?

Disons plutôt qu'on a été les premiers à utiliser ce terme pour décrire ce qui est une bière de type ale. On a inventé cette expression et le reste des brasseurs québécois a suivi. Ça n'existe pas ailleurs dans le monde.Pourquoi avoir choisi une couleur de cheveux plutôt que d'utiliser le vrai terme?

Au départ, notre bière rousse s'appelait simplement la Boréale. Quand nous avons voulu lancer deux autres types (une blonde et une stout), on a décidé de garder ce nom et d'y ajouter une couleur. Les Québécois n'avaient pas la même connaissance des bières qu'aujourd'hui. Si on l'avait décrite comme une ale, ça n'aurait rien dit à personne. En choisissant le terme rousse, on a accroché l'imaginaire des gens, qui ont tout de suite compris.

Au milieu des blondes industrielles hyperclaires comme la O'Keefe et la Labatt 50, étiez-vous un extra-terrestre sur les tablettes?

C'est vrai que nous étions une sorte de minorité visible au départ. Mais cette distinction nous a aidés. Nous avons insisté sur le fait que c'est une bière naturelle. Sa couleur rousse, qui tire sur le brun-ambré, faisait penser au pain et aux oeufs bruns, qui sont associés à des produits plus naturels.

Comment les gens ont-ils réagi?

Au départ, plusieurs clients se demandaient s'il y avait un problème dans leur verre. Ils pensaient que la cuve était rouillée! Nous avons fait un peu d'éducation, les gens ont commencé  à apprécier. Et soudainement, tout le monde au Québec s'est mis à parler de bière blonde, rousse, brune, noire... D'autres brasseurs ont embarqué, même les gros joueurs. On se souvient tous de la publicité de Molson avec la Poune et son slogan: « La rousse, est douce! »

On préfèrerait pas trop s'en souvenir... Est-ce que toutes les rousses sont pareilles?

Pas du tout. La rousse n'est pas un type de bière en tant que tel, c'est simplement une référence à la couleur obtenue lorsqu'on utilise du malt caramélisé; c'est vraiment ça qui donne la couleur et le goût typiques de la rousse. Personnellement, j'adore la richesse qu'apporte la touche de caramel... Et il y a des rousses à 2% d'alcool, d'autres à 11%, certaines sont houblonnées, d'autres non. Et comme avec les cheveux, il y a de vraies et de fausses rousses. Il est possible d'en faire tout simplement en ajoutant du colorant, comme une teinture! Ça coûte moins cher... mais ces bières n'ont pas le même caractère qu'une rousse authentique.

Est-ce que les roux boivent plus de bière rousse?

Je ne sais pas, il faudrait faire une étude là-dessus! Je peux cependant te dire que les amateurs de bière rousse sont des gens audacieux, qui ont du cran. Ils cherchent quelque chose de différent. Ce ne sont pas des suiveux!




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