Monsieur X, inspecteur de la loi 101

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Pascale Richard / URBANIA

Ils sillonnent les routes de la Belle Province pour tenter de faire respecter, 35 ans plus tard, ce qu'il reste du bébé de Camille Laurin. L'un d'entre eux nous livre les aléas du métier, sous le couvert de l'anonymat.

En tant qu'inspecteur de la loi 101, est-ce que vous vous considérez un peu comme un guerrier de la langue française?

Le terme guerrier est inapproprié selon moi. Je dirais plutôt qu'on est des défenseurs de la langue française. Et qu'avant d'en être des défenseurs, on en est des amoureux. On n'a vraiment pas un mandat facile. Il faut y croire. Croire à la survie de notre langue et à la nécessité de la protéger.

Justement, qu'est-ce qui est le plus difficile dans votre travail?

Le fait d'être constamment sur la route - vous savez de quoi a l'air le réseau routier. Sinon, on se le cachera pas, quand on arrive quelque part, les gens sont rarement contents de nous voir. Faut vivre avec et expliquer pourquoi on est là. Certaines entreprises n'apprécient clairement pas notre présence, mais c'est quand même rare que ça dégénère.

Quels sont les dossiers qui vous occupent le plus au quotidien?

On travaille beaucoup sur la question de l'affichage, public ou commercial. C'est le motif de plainte le plus important. L'an passé, ça représentait 46 % de nos dossiers.

Comment ça se passe quand vous visitez une entreprise?

Il faut d'abord qu'un citoyen porte plainte par écrit. Une fois la plainte reçue, on se rend sur place pour vérifier si c'est fondé.

Arrivez-vous toujours par surprise?

Oui. Mais on ne fait pas ça pour les prendre la main dans le sac. C'est parce qu'avec la quantité de dossiers qu'on a à gérer, on n'a pas le temps de se mettre à prendre des rendez-vous.

Est-ce que c'est vrai que vous traînez une règle avec vous, au cas où vous ayez à prendre des mesures?

Non. On ne fait pas ça. L'image de la règle, c'est vraiment une caricature. On n'en a pas besoin, parce qu'en termes d'affichage, la loi dit que le français doit être nettement prédominant sur l'anglais, dans une proportion de 2/3 - 1/3. C'est quelque chose qui se voit à l'oeil nu, donc pas besoin de règle pour ça.

Que se passe-t-il lorsqu'une entreprise est en infraction? Émettez-vous des contraventions?

C'est un mythe, les contraventions. Ça n'existe pas. On va plutôt demander à l'entreprise de nous fournir un plan d'action pour corriger la situation, dans un délai raisonnable. Si elle ne le fait pas, on va lui faire parvenir une mise en demeure et transférer son dossier au directeur des poursuites criminelles et pénales. Mais c'est très rare que ça arrive : c'est seulement 2 % des cas.

Finalement, pourquoi avez-vous décidé de ne pas vous identifier?

La langue est un sujet sensible. Les gens qui s'y intéressent sont souvent des passionnés. Et la passion peut générer certains débordements. Il y en a déjà eu par le passé, on tente de les éviter aujourd'hui.

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