Jocelyn Sévigny, effaroucheur d'oies

Jocelyn Sévigny, effaroucheur d'oies... (Photo Martin Flamand (URBANIA))

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Jocelyn Sévigny, effaroucheur d'oies

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Pascale Richard/URBANIA

Vous êtes agriculteur. Chaque printemps, la nervosité vous gagne à l'idée qu'une trâlée d'oies blanches vienne se goinfrer et sans vergogne aucune dans vos champs. Au lieu de stresser inutilement, faites appel à Jocelyn Sévigny, effaroucheur. Du haut de ses 69 ans, il volera à la rescousse de vos semences grâce à son oeil de lynx et à son petit fusil.

C'est rare, ça, le métier d'effaroucheur. Où faut-il postuler?

Nulle part! C'est un ami à moi qui a su que l'Union des producteurs agricoles (UPA) de Saint-Hyacinthe cherchait du monde pour faire ce travail-là. Il m'a dit : Jocelyn, ça te tente-tu? Comme je suis retraité, j'avais du temps. Je fais ça depuis 12 ans maintenant.

«Ça», c'est juste faire peur aux oiseaux?

Surtout, oui. Quand vient le temps des semences, on m'engage pour venir en aide aux cultivateurs sur le territoire de Sorel et des environs. Je peux faire de 200 à 250 km par jour. J'attends qu'on m'appelle. Quand j'arrive sur place, je me rends aux champs pour repérer les oiseaux. Des fois, il peut y avoir jusqu'à 10 000 oies en train de se nourrir dans un champ de maïs. On doit leur faire peur pour qu'elles aillent ailleurs, là où elles ne feront pas de dommages. Parce que si on les laisse faire, ça menace carrément les récoltes et ça cause des pertes énormes pour un cultivateur (NDLR : jusqu'à 1,3 million de dollars par année).

Mais qu'avez-vous de plus qu'un épouvantail pour leur faire peur?

Quand j'ai commencé, on utilisait un gros 12. Ça avait l'air un peu sauvage. Maintenant, on utilise un petit revolver à cartouche. Ça ressemble au fusil qui donne le départ aux Jeux olympiques : on pointe dans les airs et on tire. Ça fait un gros pow!, comme un coup de tonnerre. C'est pas dangereux.

Est-ce que ça fonctionne tout le temps?

Non. Des fois, il faut revenir au même endroit trois ou quatre jours de suite, parce que les oies sont revenues. Elles sont pas dupes! Mais elles finissent toujours par avoir leur leçon et par partir pour de bon.

Pour être un bon effaroucheur, ça prend quoi?

Il faut être patient et avoir un bon sens de l'observation. Il faut être prudent en auto et ne pas avoir peur de la monotonie. Et aimer les oiseaux, aussi.

C'est une belle job de plein air!

Oui, j'aime le fait de me promener toute la journée! C'est une belle façon de profiter du printemps. Aussi, je traîne toujours ma caméra pour photographier les oiseaux. Quand ça lève de terre par milliers, ça devient tout blanc dans le ciel. C'est beau! J'ai au-delà de 1000 photos maintenant. Ce que j'apprécie aussi, c'est que j'en viens à connaître la région par coeur : demande-moi c'est où le rang Picoudi, j'vais te le dire tout de suite!

Ok, c'est où?

Ben c'est là-bas!

En terminant, entre vous et moi, c'est pas un peu plate, parfois? Vous est-il déjà arrivé des mésaventures?

Une fois, à Yamaska, y a une femme qui m'a vu tirer dans les airs. Elle s'est énervée et s'est mise à me crier après, m'accusant de vouloir tuer les oies blanches! Je lui ai expliqué que je les tuais pas, que je voulais juste leur faire peur. Ben elle a fini par se calmer.

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