Mission zéro déchet

Laure Caillot, son conjoint Benoit et leur fille... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

Agrandir

Laure Caillot, son conjoint Benoit et leur fille Eloise ont décidé d'adopter un mode de vie sans déchets.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Il y a la journée sans achats, sans maquillage, sans râler. Pourquoi ne pas essayer une journée sans déchets, pour voir? Une journée sans rien jeter aux poubelles. Mission impossible? La tendance, née aux États-Unis, est pourtant assurément dans l'air écolo du temps. Quatre Québécoises, pionnières de ce mode de vie ici, bloguent depuis plus d'un an sur leurs défis. Pour vous inspirer, les voici.

La famille urbaine

Laure Caillot/Tranches de pimou(s), www.lespimous.com

Parce que oui, c'est possible en ville, pourquoi pas avec un enfant? Il suffit de consommer autrement, de traîner des sacs et des pots avec soi pour les courses, de se donner du lest et, surtout, d'expliquer simplement aux commerçants le pourquoi de sa démarche. Bilan? «Je n'ai jamais eu de refus!», confie la mère de famille et blogueuse Laure Caillot, qui affirme que le mode de vie zéro déchet n'a pas besoin d'être compliqué. Au contraire.

Sa plus grande fierté

«Ma plus grande fierté, ç'a été de me rendre compte que d'autres cherchent aussi des solutions simples. Parce que ça peut être simple. On a tous des rythmes de vie impossibles, des familles, alors on veut des solutions simples. Et quand les gens se tournent vers moi pour des conseils, c'est une fierté!»

Son plus gros défi

«Mon chat!», répond-elle en riant. La litière, la nourriture, «c'est un enjeu!» «Je n'ai pas trouvé de vrac à Montréal», ajoute-t-elle.

Son meilleur truc

En plus d'un sac en tissu et d'une gourde d'eau, Laure Caillot est très fière d'avoir aussi trouvé des brosses à dents en bambou, compostables par-dessus le marché.

Si elle avait su avant de commencer...

«Si j'avais su que c'était si facile, d'aller faire les courses avec un contenant, j'aurais osé plus tôt!»

Un conseil avant de se lancer?

«Choisissez le geste à changer avec lequel vous êtes le plus à l'aise, suggère la jeune femme. Il ne faut pas que ce soit une contrainte, mais quelque chose de simple.» Par exemple: achetez des légumineuses en vrac, ou encore refusez les serviettes en papier. Surtout: «Ne vous mettez pas de pression!»

À ne pas rater sur son blogue

La carte des commerces zéro déchet dans son quartier: La Petite-Patrie. Bien pratique si vous habitez dans le coin.

Cindy Trottier et ses deux enfants, Lycia et... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE) - image 2.0

Agrandir

Cindy Trottier et ses deux enfants, Lycia et Olivier.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

La famille en Montérégie

Cindy Trottier/ Tendance radis, www.tendanceradis.com

Non, ça n'est pas plus facile à l'extérieur de Montréal. Au contraire. C'est le constat auquel est arrivée Cindy Trottier, une mère de deux jeunes enfants, en se lançant dans l'aventure zéro déchet il y a un peu plus d'un an. À Salaberry-de-Valleyfield, où elle vit, oubliez la vente en vrac. Il n'y en a pratiquement pas. Imaginez donc le défi. Car le zéro déchet, c'est ça: réduire, à la source, le plus grand nombre de déchets possible. Dix-huit mois plus tard, elle peut tout de même dire «mission accomplie».

Sa plus grande fierté

«Ma plus grande fierté? D'avoir réduit autant mes déchets!», répond tout de go la blogueuse, qui est passée d'un gros sac-poubelle par semaine à un pot Mason de déchets - tenez-vous bien - par mois! Mieux, elle a même réduit son recyclage, en passant d'un gros bac par semaine à un bac aux deux mois.

Son plus gros défi

On l'a dit: trouver des aliments secs en vrac. À part Bulk Barn, «il n'y en a pas dans [son] coin!» «Les entreprises, ce sont des grosses bannières, et ils interdisent d'apporter des bacs et sacs. Alors je dois téléphoner et faire pression.»

Son meilleur truc

Toujours avoir sur elle une fourchette, un petit linge de vaisselle et une bouteille d'eau. «Cela permet d'éviter beaucoup, beaucoup, beaucoup de déchets.»

Si elle avait su avant de commencer...

«Que les couches lavables, c'était aussi compliqué en voyage, j'aurais peut-être apporté des couches jetables!»

Un conseil avant de se lancer?

«N'essayez pas de tout changer en partant! Allez-y avec un changement à la fois, sinon, vous allez vous écoeurer!»

À ne pas rater sur son blogue

Le «circuit radis», une liste de marchands (alimentation, take-out, vêtements, même des produits pour la maison) dans sa région qui permettent un «mode de vie zéro déchet».

Julie Gagné... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE) - image 3.0

Agrandir

Julie Gagné

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

La pionnière célibataire

Julie Gagné/Le blog de Jule, www.leblogdejule.wordpress.com

Elle n'a que 23 ans, et pourtant, une sacrée longueur d'avance dans le monde du zéro déchet au Québec. Depuis bientôt deux ans, la jeune étudiante n'achète plus de produits emballés et favorise les achats durables. Résultat? En juin, sa poubelle se limitait à l'équivalent d'un quart de pot Mason. Qui dit mieux?

Sa plus grande fierté

«Sentir que j'ai eu un impact pour faire connaître le mode de vie zéro déchet au Québec, dit-elle. C'est gros pour moi, parce que je suis quand même réservée, mais avec mon blogue, j'ai plus de facilité à communiquer mes opinions.»

Son plus gros défi

«En ce moment, c'est pas mal la soie dentaire!», dit-elle. Sans oublier les étiquettes collées sur les fruits et légumes. Cela lui aura pris deux ans à réduire au maximum ses déchets. «Oui, deux ans, pour trouver toutes les opportunités, parce que j'ai un budget limité.»

Son meilleur truc

Comme les autres, elle rappelle l'importance de se donner un seul défi à relever à la fois. «Les gens veulent aller trop vite: devenir végétaliens, manger local et consommer zéro déchet. C'est trop de défis à la fois! Juste trouver de l'alimentation bio non emballée, c'est un gros défi!»

Si elle avait su avant de commencer...

«Que c'était si facile, j'aurais commencé pas mal plus tôt! dit-elle. Mais quand tu prends conscience de tous les déchets autour de toi, tu badtripes: "Mon Dieu il y en a partout !" L'idée, c'est de se concentrer sur ce que toi, tu fais...»

Un conseil avant de se lancer?

«Ça prend du temps, répète-t-elle. Moi, ça m'a pris deux ans, à temps plein.» Pourquoi? Pour trouver des solutions à certains problèmes précis (la nourriture pour le chat, les produits ménagers, etc.).

À ne pas rater sur son blogue

Sa liste interactive de points à améliorer en 2016: le savon à main en vrac, faire son lait d'amandes et composter enfin pour vrai (pas évident en appartement).

Charlotte Bourget-Rousseau et son conjoint... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE) - image 4.0

Agrandir

Charlotte Bourget-Rousseau et son conjoint

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Le couple urbain, engagé et occupé

Charlotte Rousseau/Sortir les poubelles, http://www.sortirlespoubelles.com/

C'est en lisant le livre Zéro déchet de Bea Johnson que Charlotte Rousseau, étudiante en agronomie, a eu envie de se lancer. «Ça me travaillait depuis longtemps, dit-elle. Ça me semblait facile: il me semble qu'une personne normale - normale et occupée! - peut faire ça ? Et j'ai eu envie de le partager.» D'où son blogue, sorte de récit de son «aventure vers un mode de vie zéro déchet».

Sa plus grande fierté

«Je suis fière d'être capable de vivre une vie plus simple! Globalement, je vis mieux, ma vie est plus simple, je passe beaucoup moins de temps dans les magasins. Oui, je suis organisée, mais je passe surtout moins de temps éparpillée partout!»

Son plus gros défi

«Je suis une fille très occupée. J'ai beaucoup d'amis, d'activités, mon plus grand défi, ç'a été de concilier ce genre de vie organisée avec le fait d'être occupée!» Un exemple? «Oui, je fais des choix écolos, mais des fois, tu rentres à l'épicerie et tu as faim! Alors je m'organise, mais je me laisse aussi des chances...»

Son meilleur truc

«Repenser ses habitudes de consommation», répond-elle. Par exemple: elle a réévalué chaque produit dans sa salle de bains, pour revenir «à l'essentiel». Résultat: il reste une brosse à dents (en bambou), du dentifrice, un savon, de la crème pour le corps, une brosse à cheveux et des élastiques, un rasoir électrique et c'est à peu près tout! «Oui je fais ma crème, j'ai une bonne recette!»

Si elle avait su avant de commencer...

«Que c'était aussi le fun, je l'aurais fait beaucoup plus tôt! dit-elle. Apprendre à faire ses produits de beauté, c'est le fun, découvrir des recettes, des blogues, communiquer avec des gens qui pensent comme toi sur l'internet, c'est le fun!»

Un conseil avant de se lancer?

«La première année est une année de transition. Alors il faut être patient, dit-elle. Oui, on est habitué d'aller vite, mais c'est une chose de faire ses produits de beauté, c'en est une autre de les intégrer à sa vie.»

À ne pas rater sur son blogue

Sa recette de beurre corporel fait maison.

http://www.sortirlespoubelles.com/?p=402

Quatre règles de base

1. Une habitude à changer à la fois

2. Deux ans pour faire le virage

3. On se permet quelques écarts (non, on ne peut pas tout contrôler, oui, on a le droit de lâcher prise)

4. Dans le plaisir: tester des recettes de mascara, ce n'est pas une tâche, mais un plaisir. De la même manière, le zéro déchet ne doit pas être un fardeau, mais un bonheur. Optez donc pour les solutions de simplicité, suggèrent les blogueuses interviewées.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer