Le retour des diaconesses

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Le pape François a officié la messe d'ouverture du synode le 4 octobre, dans la Basilique Saint-Pierre-de-Rome.

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Depuis dix jours, les évêques catholiques du monde entier sont réunis à Rome pour discuter de divorce, d'homosexualité et de diaconesses, entre autres sujets épineux. Le point sur le synode sur la famille, qui s'est ouvert le 5 octobre et se terminera 25 octobre.

Diaconesses

La semaine dernière, Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau, a causé tout un émoi en proposant que des femmes puissent accéder au diaconat, fonction permettant notamment de célébrer des baptêmes, des mariages et des funérailles. « Le diaconat est ministériel et non sacerdotal, alors il n'y a pas le même problème canonique avec les femmes que pour la prêtrise », explique Philippe Vaillancourt, rédacteur en chef de Présence-information religieuse, agence spécialisée en information religieuse pour le Québec. Mgr Durocher, qui était jusqu'à récemment président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, a aussi proposé que des hommes et des femmes mariés puissent prononcer des homélies.

Secret

Cette deuxième partie du synode sur la famille, entamé à l'automne 2014, est beaucoup moins transparente, notent divers vaticanistes. Les interventions des évêques ne sont plus transmises par le service de presse, seuls les discours importants étant divulgués. Selon John Allen, vaticaniste du site américain Crux, le pape veut éviter que ne soient montées en épingle les interventions des évêques progressistes favorables à la reconnaissance de la valeur des unions libres ou homosexuelles ou encore des remariages de divorcés. Cette reconnaissance avait suscité beaucoup d'espoir d'un changement radical de la position de l'Église. Les évêques conservateurs se sont aussi plaints du secret : une lettre au synode attribuée, sans confirmation, à 13 cardinaux (dont celui de Toronto, Thomas Collins) a affirmé que les évêques progressistes avaient manipulé les procédures du synode de 2014 pour gonfler artificiellement l'importance de leur point de vue minoritaire.

Divorce

La communion pour les divorcés remariés constituait le principal champ de bataille de la première partie du synode sur la famille, il y a un an. Devant l'impasse - le synode en 2014 avait semblé ouvrir la porte à cette pratique jusque-là interdite avant de la rejeter lors du vote final -, le pape a contourné le problème le printemps dernier avec de nouvelles règles sur les déclarations en nullité de mariage. Ces nouvelles règles facilitent le processus de déclaration en nullité d'un mariage catholique, ce qui permet de reconnaître comme des mariages en bonne et due forme les nouvelles unions d'ex-époux. Il devient donc possible de communier sans taire ce deuxième mariage. Mais l'assouplissement des règles sur les déclarations en nullité fait l'objet d'une contestation par un membre influent de l'Union internationale des juristes catholiques. En début de synode, l'un des chefs de file des évêques conservateurs, le cardinal hongrois Peter Erdo, a enfoncé le clou en affirmant qu'« entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal, il n'y a pas de gradation ».

Afrique

L'an dernier, pour la première fois, les évêques africains avaient formé un groupe homogène au synode sur la famille. Leurs prises de position, aux antipodes de celles des évêques progressistes occidentaux, ont été réitérées cette semaine par les cardinaux guinéen Robert Sarah et kényan John Njue. « Ce n'est pas une question de criminalisation ou même de condamnation morale, mais nous avons le droit d'aider une personne à comprendre que la manière dont elle vit n'est pas celle qu'elle devrait adopter », a dit le cardinal Njue, en faisant référence à l'homosexualité et au divorce. Le cardinal Sarah, lui, a affirmé que l'équivalent actuel du nazisme était le groupe État islamique et l'« idéologie du genre », terme par lequel le Vatican désigne le féminisme radical. « En général, les évêques africains trouvent que leurs collègues occidentaux passent trop de temps à parler de sexualité, alors qu'eux-mêmes font face aux problèmes de pauvreté, de violence, de prosélytisme islamique et aux difficultés d'une jeune Église », dit Philippe Vaillancourt.

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