L'art du cigare: la tradition des gentlemans

Le bar Stogies sur Crescent.... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Le bar Stogies sur Crescent.

Photo Martin Chamberland, La Presse

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Les aficionados vous le diront, on ne fume pas le cigare pour l'image. Tout comme on déguste un bon vin, fumer le cigare est un art qu'apprend et apprécie quiconque sait prendre le temps de bien faire les choses.

Même s'il évoque un certain prestige, le cigare n'est pas un objet de luxe. Le véritable luxe, s'il en est, est celui de prendre le temps de s'arrêter, seul ou entre amis, pour réfléchir, refaire le monde ou se détendre tout en tirant une bouffée d'un bon habano.

«Je ne fume jamais un cigare quand je suis stressé», dit Alain Creton, propriétaire du restaurant Chez Alexandre, qui possède aussi un salon de cigare à l'étage.

«On prend un cigare pour le plaisir, pour la détente. Les gens qui fument le cigare sont de bonne compagnie.»

Alain Creton

Pour apprécier un cigare, le secret est simple: il faut prendre son temps. «Fumer un cigare, c'est 40 minutes de plaisir, le temps s'arrête et on ne parle pas affaires», poursuit Alexandre Wolosiansky, propriétaire du Whisky Café, qui propose aussi son salon.

La détente et le confort sont intimement liés au plaisir du cigare. Il est aussi l'accessoire par excellence des festivités et des grandes occasions.

«Quand un enfant naît, le père n'offre-t-il pas des cigares?», illustre M. Creton. D'ailleurs, les salons de cigare sont depuis quelques années un passage obligé des enterrements de vie de garçon.

Cuba, sí 

Le cigare évoque aussi, bien évidemment, la chaleur, la mer et les rues colorées de Cuba. Aucune étude n'en a encore apporté la preuve, mais la rumeur veut que le goût d'un cigare soit magnifié au son du Buena Vista Social Club.

Ce qui n'a rien d'un racontar, en revanche, est la réputation des cigares cubains (les habanos), décrits par tous les amateurs comme étant les meilleurs.

«Ils sont faits à la main et il n'y a aucun produit chimique», explique Antonio Marsillo, gérant de La Casa del Habano à Montréal, rencontré quelques jours avant qu'il ne s'envole pour le grand Festival du cigare à La Havane.

Le Honduras, le Nicaragua, le Brésil et le Mexique produisent également des cigares, tout comme la République dominicaine, qui est d'ailleurs le premier exportateur au monde.

Mais rien ne peut se comparer aux cigares de la région de Vuelta Abajo, à Cuba, qui offre des conditions uniques pour les plants des tabacs. «C'est une question de terroir, c'est comme le vin. Vous pouvez prendre un cépage et le faire pousser ailleurs, mais ce ne sera pas un bordeaux. À Cuba, il y a le microclimat, l'ensoleillement, l'hydrométrie, les minéraux», explique Albert Cohen, un grand amateur de cigares.

Les passionnés espèrent maintenant que l'assouplissement de l'embargo américain qui pèse sur Cuba et une hausse de la demande n'entraîneront pas une baisse de la qualité du habano.

Choisir son cigare

Sur la carte des salons montréalais et dans les boutiques, on trouve des cigares de 4$ à 200$. Pour le palais autant que pour le portefeuille, l'art de fumer le cigare, c'est d'abord l'art de choisir. «Il y a tout un cérémoniel. On les touche, on les sent et on en choisit un. C'est un véritable plaisir», explique l'amateur de cigares Paul Teboul.

La taille ne compte pas 

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les cigares les plus gros et les plus longs ne sont pas les plus forts. Pour un premier cigare, rien ne sert donc de privilégier le petit format. L'important, c'est choisir un cigare léger. En ce sens, Hoyo de Monterrey est un bon choix. Un Roméo y Julieta, la marque préférée de Winston Churchill, offre aussi un très bon rapport qualité/prix, indique Alexandre Wolosiansky, du Whisky Café. Petit rappel aux néophytes: on ne respire pas la fumée.

Choisir le bon accord 

Si vous demandez à Steve Siozios, propriétaire du Stogies, quel est son cigare préféré, il vous répondra qu'il n'y a pas une seule bonne réponse. «Tout dépend de ce que vous buvez», dit-il. Les cigares sucrés se marient bien avec les scotchs, alors que les cigares plus épicés, comme le Monte Cristo, accompagnent très bien les boissons plus sucrées comme les portos, explique-t-il.

Le goût d'un bon cigare 

Certains connaisseurs peuvent déceler des notes d'épices, de miel, de champignons, de cannelle. «Un bon cigare a un goût crémeux avec des notes de café, de chocolat, de noix ou de cuir», indique Antonio Marcillo, de la Casa del Habano. On parle bien ici de notes, et non du goût prononcé et artificiel du cigare aromatisé (qui n'est pas bien perçu dans les salons).

Pas le même goût? Pas de panique 

Chaque cigare a un goût différent, même ceux qui proviennent d'une même boîte. Le goût dépendra du choix des feuilles, de l'assemblage et même de l'endroit où il est fumé. «Un cigare est quelque chose de vivant comme un vin, son goût évolue, le premier tiers du cigare est bon, le coeur est incroyable et la fin est souvent moins bonne», explique M. Wolosiansky.

Les préférés des connaisseurs qui veulent y mettre le prix 

Le Cohiba Behike, Cohiba Siglo VI, Ramon Allones, Partagas Gran Reserva, Partagas Serie D.

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