La course aux prénoms originaux

Les (Z)imparfaites Nancy Coulombe et Nadine Descheneaux... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Les (Z)imparfaites Nancy Coulombe et Nadine Descheneaux

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Elles s'appellent Nadine et Nancy (« un nom de danseuse ! », selon la principale intéressée), et elles ont créé en 2008 une nouvelle tradition des Fêtes. Grâce à elles, les Québécois savent qu'il faudra désormais demander à toutes les « Victoria » de ce monde comment épeler leur prénom, car elles pourraient bien être des Victoriya ou des Vyktorya. Ou encore des Victhoria.

Nadine Descheneaux et Nancy Coulombe sont les fondatrices du blogue Les [Z]imparfaites. Tous les 31 décembre depuis sept ans, elles publient avec humour leur palmarès des prénoms de l'année. Ici, pas de William ni de Léa - les prénoms les plus populaires de 2013 -, mais bien des Korhyne, des Jay Son et des Clitorine. De quoi générer 252 000 pages vues en une année, sur un blogue où la moyenne est autrement de 50 000 pages vues par mois.

« En 2008, on s'est rendu compte qu'on parlait beaucoup des prénoms dans les forums de mamans. C'était un des sujets les plus controversés », se rappelle Nancy Coulombe. Inspirées, et tentées de faire un « clin d'oeil » à la fin de l'année, les copines ont lancé un palmarès de noms de bébés. Et ça a fonctionné. « Les gens se sont mis à nous en envoyer vraiment beaucoup », souligne la mère de famille. Depuis, environ une cinquantaine de membres du public - des enseignants ou des secrétaires médicales, par exemple - envoient des noms qu'ils ont glanés au cours de l'année.

«On ne vérifie pas tous les noms [auprès de la Régie des rentes du Québec (RRQ), qui compile les prénoms enregistrés dans la province]. Mais Shipisse et Esti, c'est vraiment à la RRQ.»

Nancy Coulombe

Le but du palmarès n'a jamais été de se moquer des parents ou des enfants, insiste celle qui déteste son prénom. Quand les [Z]imparfaites reçoivent des plaintes, elles disent aux parents qu'ils auront à s'y faire. « Ils vont devoir l'expliquer toute leur vie. Aussi bien avoir un peu d'autodérision », propose Nancy Coulombe.

Dans cette course aux prénoms originaux, la blogueuse perçoit un besoin d'exprimer l'unicité de ses rejetons. « Notre génération de parents est pas mal dans la compétition. On a nos enfants plus tard, on les met sur un piédestal : il y a peut-être un peu de ça », avance-t-elle. « Mais c'est aussi la désolation du français », nuance Nancy Coulombe. « On a beau dire qu'il n'y a pas de fautes dans un prénom, Kasandra avec un seul "s", ça se prononce Kazandra. Il y a des limites à ne pas franchir. »

UN LIVRE POUR 2015

Fortes du succès de leur palmarès, les amies publieront en 2015 Le guide des prénoms des [Z]imparfaites aux éditions Goélette. Au menu : des conseils aux futurs parents qui doivent choisir les prénoms de leur progéniture. « Nous offrirons un recensement de 6000 prénoms classés par listes thématiques, par catégories. Il y aura des solutions de rechange à William et Léa et des tops 10 », détaille Nancy Coulombe. « Il en existe beaucoup des prénoms, on n'a pas nécessairement besoin d'en inventer ! »

Fait « avec humour », le guide permettra au public de partager la douce folie et l'expertise des blogueuses, qui ont vu passer tant de prénoms qu'elles en sont venues à être en mesure de dégager des tendances. Ainsi, si le temps des « Rose » est terminé (elles étaient nombreuses en 2012 et 2013, des Shar-Lee-Rose-Megane, Anna-Rose ou Satine Rose), l'époque des « Lou » bat son plein. « Quand un prénom devient super tendance, les parents y vont dans la variation », remarque Nancy Coulombe. Naissent donc les Laure-Loue, Bettylou, Laura-Lou et Anilou.

Autre tendance remarquée par les [Z]imparfaites, les « compromis de couple », ou les prénoms composés de la fusion de deux prénoms, notamment Clémentoine, Léophélix et Vaneloppe. Les traits d'union, si populaires chez les Jean-Philippe et autres Marie-Pier des années 80 (l'auteure de ces lignes le confirme), ont perdu du terrain au profit des apostrophes, telles que remarquées chez les D'ereck, Mikha'el ou Isa'Bell. S'ils sont utilisés, ils servent plutôt à séparer des prénoms qui n'en étaient autrefois qu'un seul : Rock's-Ann, Ju-Lia et Za-Ak le démontrent.

Et pour 2015 ? La nouvelle tendance est de donner des prénoms de garçons aux filles », prévoit Nancy Coulombe. Place aux Felixine, Kevine et Richarde.

Le palmarès des pires prénoms sur le blogue des [Z]imparfaites >>

VARIATIONS SUR LE THÈME DE LUCAS

Pour « illustrer l'originalité des parents », les [Z]imparfaites ont présenté à La Presse 10 versions du prénom « Lucas », telles qu'elles les ont extraites duGuide des prénoms des [Z]imparfaites, qui paraîtra en 2015.

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