Miss Muslimah, une riposte aux concours occidentaux

Les finalistes du concours seront jugées non seulement... (Photo ADEK BERRY, AFP)

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Les finalistes du concours seront jugées non seulement sur leur apparence, mais aussi sur leur capacité à réciter les versets du Coran et leurs vues sur l'islam dans le monde moderne.

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Gianrigo MARLETTA
Agence France-Presse
PRAMBANAN

Dix-huit jeunes femmes aux profils éclectiques sont en lice pour la finale de l'élection de «Miss monde Muslimah» vendredi en Indonésie, un concours qui verra les candidates défiler voilées, présenté comme une riposte aux concours de beauté occidentaux.

Les candidates, parmi lesquelles un médecin et une experte en informatique, doivent défiler en robes scintillantes sur fond de temples anciens labellisés par l'Unesco.

Mais il ne s'agit pas que d'une affaire de beauté. Les 18 finalistes devront porter le voile. Elles seront jugées non seulement sur leur apparence, mais aussi sur leur capacité à réciter les versets du Coran et leurs vues sur l'islam dans le monde moderne.

«Nous voulons nous assurer qu'elles comprennent tout au mode de vie islamique, de ce qu'elles mangent à ce qu'elles portent en passant par la façon dont elles vivent leur vie», a expliqué Jameyah Sheriff, l'une des organisatrices.

En 2013, la troisième édition de ce concours organisé dans le plus grand pays musulman du monde avait attiré l'attention de la presse mondiale, lorsque ses promoteurs l'avaient présenté comme un pied de nez à la finale du concours Miss Monde.

Celle-ci se tenait à peu près au même moment sur l'île de Bali, au grand dam d'une frange dure d'islamistes qui avaient dénoncé un «concours de prostituées». Dans un souci d'apaisement, les organisateurs avaient d'ailleurs passé par pertes et profits le fameux défilé en bikini.

«Pas mariées à des terroristes»

Les concours de Miss dans le monde occidental sont très populaires dans certains pays, mais sont parfois accusés par les associations féministes de présenter une image dégradée et conservatrice de la femme, avec leurs parades de jeunes filles vêtues de maillots de bain ou de robes de princesse.

Dina Torkia, candidate de la Grande-Bretagne, a souhaité que l'édition 2014 de l'élection Miss Muslimah fasse la différence avec ce type de compétition, tout en contribuant à faire table rase des préjugés sur l'islam.

«Je crois que le plus important est de montrer que nous sommes des filles vraiment normales, nous ne sommes pas mariées à des terroristes. Ce foulard sur ma tête ne fait pas peur», a-t-elle dit à l'AFP.

Le concours 2014 ne s'est pas passé sans encombre. Sept finalistes ont lâché l'affaire, pour la plupart parce que leurs familles ne souhaitaient pas qu'elles voyagent seules. D'autres se sont retrouvées engluées dans des formalités administratives compliquées pour obtenir des visas auprès de la bureaucratie indonésienne.

La candidate indienne avait, elle, raté un premier vol parce que les autorités à l'aéroport, méfiantes vis à vis d'une femme voilée voyageant seule, souhaitaient l'interroger, a ajouté Mme Sheriff.

Certaines des 18 candidates, qui doivent être âgées de 18 à 27 ans, ont fait des pieds et des mains pour participer à cette quatrième édition. La Singapourienne Masturah Binte Jamil a ainsi démissionné de son poste d'enseignante, car son employeur n'a pas voulu lui accorder de vacances pour pouvoir se rendre en Indonésie.

Sont également candidates une informaticienne tunisienne et une femme médecin fraîchement diplômée du Bangladesh.

La finale est le point d'orgue d'un processus de longue haleine, qui a vu les candidates être auditionnées en ligne puis participer pendant quinze jours à une série d'événements en Indonésie: visites d'orphelinats, d'établissements de soin ou de lieux culturels.

Dina Torkia est un peu déçue. «J'ai voulu participer dans l'espoir d'approfondir ma foi, mais pour l'instant, il a surtout été question de promotion, de médias et d'avoir l'air jolie», a-t-elle regretté.

Les épreuves finales sont organisées près des temples hindouistes de Prambanan, un site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Construits au IXe et Xe siècles, ces monuments représentent l'apogée de l'art indo-javanais.

C'est délibérément que les organisateurs ont choisi un site hindouiste: il s'agit de montrer la tolérance de l'islam envers les autres religions, ont-ils dit.

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